TAND'M n° 6 Vitry-sur-seine, mars 2007

SOMMAIRE

EDITO

PARCOURS
> Du Maroc à la Bretagne
> De la Martinique à Vitry
> Le logement, mémoire de l'immigration à la cité Balzac

PORTRAITS
> Mme Précart, des Antilles à la métropole
> Jérémy Menez :
de Vitry à Monaco

> La classe de non francophones


VIE ASSOCIATIVE

> Ensemble pour l'avenir
> Le lycée Jean Macé se mobilise pour ses élèves sans papiers

CULTURE
> Kazem Shahryani : l'exil d'un metteur en scène
> Le groupe 113 : du hip-hop métissé

> Visite à la Cité nationale de l'Histoire de l'immigration
> "L'Algérie", un tableau donné à l'Algérie

 

 

Qui sommes-nous?

Omar Le-Chéri

www.omarlecheri.net

Collège Gutave Monod
www.histoire-memoire.fr


Balzac, un lieu de mémoire
de l'immigration

Le quartier Balzac à Vitry-sur-seine a attiré depuis plusieurs décennies beaucoup de migrants. Plusieurs barres sont progressivement détruites dans le cadre de la rénovation urbaine. La première démolition a concerné la tour ABC en février dernier. Il est devenu un lieu de mémoire de l'immigration. Quatre habitantes nous racontent leur histoire.


La Cité Balzac en 1979.
(Photo : Pierre Jacot/ - Maison des projets de Vitry-sur-Seine)

Khadidja : mémoire d'une habitante de la tour ABC
Khadidja, élève de 3°1 au collège Monod a 16 ans. Elle est la grande soeur d'un petit frère et de deux petites soeurs. A Vitry-sur-Seine, elle a d'abord habité à la cité Lucien Français, puis en 2003 au quartier Balzac. Elle est repartie en août 2006 dans la cité Lucien Français. Ses parents sont tous deux d'origine algérienne (le père est né avant l'indépendance et la mère après) son père est déménageur et sa mère est au foyer. A la séparation de ses parents, elle va habiter à la cité Lucien Français chez sa grand-mère. Tous les étés, ils retournent en Algérie voir leur famille.
Des voisins sont d'origine malienne, algérienne, marocaine...
Les jeunes de Balzac (les 15-25 ans) aident quotidiennement les familles (par exemple : quand Khadidja et sa famille portent des choses lourdes, ils se proposent de les porter à leur place). Quand elle est arrivée, en 2003, elle a passé trois ans sans aucun problème. Les habitants se succèdent de génération en génération. C'est pour ça que l'ambiance est très sympathique car, par exemple, vers huit heures du soir, tout le monde est aux fenêtres, pour discuter agréablement ; mais le matin, tout est très calme. Certaines personnes ont peur de Balzac car ils sont persuadés que c'est un lieu où les « délinquants » vivent. En réalité, il y a certes des problèmes sociaux et des enfants en difficulté scolaire, mais il n'y a pas plus de délinquants qu'ailleurs.

Khouka : " il y a des personnes qui ont petit à petit construit le quartier"
 
La « mémoire de Balzac » est une association qui mène un atelier d'écriture et de photographie. Ces ateliers servent à ce que Balzac reste dans les mémoires de tous. Ils laissent les adultes et les jeunes s'exprimer et transmettre leurs sentiments, et leurs émotions.
Le foyer se situe à côté de Balzac. Au départ ces ateliers n'intéressaient que les adultes, puis peu à peu les enfants. Il y a environ dix femmes et dix enfants. L'atelier est très demandé et il y a une seule intervenante, Sandrine Charlemagne. Elle va aussi chez les personnes âgées pour les ateliers.
«  A Balzac, il y a des personnes qui ont petit à petit construit le quartier, et y habitent encore. Il y a un immeuble peuplé presque intégralement d'Algériens venus d'Oran » dit Khouka.


Fatma (à gauche) et Nadia (à droite) devant le chantier de la tour ABC. Photo : Nessim.

Fatma  : "Comme un changement de climat"
Fatma est d'origine algérienne. Fatma est arrivée en France en 1988, elle était d'abord venue en tant que touriste. Puis elle a habité chez sa soeur à Melun (en Seine-et- Marne). Ensuite elle a vécu dans un studio mais, parce qu'elle a eu quatre enfants, elle a demandé un appartement plus grand (quatre ans d'attente avant de l'obtenir). C'est en 1991 qu'elle a habité à Balzac. Pour trouver cet appartement, elle a dû avoir l'aide d'une assistante sociale : «  En arrivant à Balzac , j'ai eu comme un changement de climat, mais grâce à mes voisins, je me suis habituée. Maintenant ça va mieux ». Au départ, «C'était dur, comme la jungle » reconnaît-elle. Fatma fait partie de l'atelier écriture.

Nadia : "Aujourd'hui, il n' y a pas de différence"
Nadia est d'origine algérienne, elle est arrivée en France en 1977. Elle était venue pour les vacances, mais, à cause des visas, (car elle en avait assez de tout le temps les payer) elle a dû rester. Elle a d'abord habité chez sa soeur, puis elle a pris entre temps des cours de français. Après, elle s'est marié et a eu un enfant. Elle a demandé un appartement plus grand. «  Chaque mois à 9h du matin pendant huit ans, je téléphonais à un agent immobilier  » dit-elle. Elle a du solliciter l'aide du directeur de son mari. Puis quand elle est arrivée à Balzac, elle n' a eu aucun problème que ce soit judiciaire, social ou autres, pendant huit ans. «  Aujourd'hui, il n' y a pas de différence par rapport au moment où je suis arrivée  » dit Nadia.

Nessim Capderou
Classe de 4°4

Ce journal a été réalisé entre le 19 et le 24 mars 2007 par: Baringa, Flore-anne, Linda, Manon, Marie, Marvin, Mohamed, Nawell, Nessim, Sarra.