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Le
quartier Balzac à Vitry-sur-seine a attiré depuis plusieurs
décennies beaucoup de migrants. Plusieurs barres sont progressivement
détruites dans le cadre de la rénovation urbaine. La première
démolition a concerné la tour ABC en février dernier.
Il est devenu un lieu de mémoire de l'immigration. Quatre habitantes
nous racontent leur histoire.

La
Cité Balzac en 1979.
(Photo : Pierre Jacot/ - Maison des projets de Vitry-sur-Seine)
Khadidja :
mémoire d'une habitante de la tour ABC
Khadidja,
élève de 3°1 au collège Monod a 16 ans. Elle
est la grande soeur d'un petit frère et de deux petites soeurs.
A Vitry-sur-Seine, elle a d'abord habité à la cité
Lucien Français, puis en 2003 au quartier Balzac. Elle est repartie
en août 2006 dans la cité Lucien Français. Ses parents
sont tous deux d'origine algérienne (le père est né
avant l'indépendance et la mère après) son père
est déménageur et sa mère est au foyer. A la séparation
de ses parents, elle va habiter à la cité Lucien Français
chez sa grand-mère. Tous les étés, ils retournent
en Algérie voir leur famille.
Des voisins sont d'origine malienne, algérienne, marocaine...
Les jeunes de Balzac (les 15-25 ans) aident quotidiennement les familles
(par exemple : quand Khadidja et sa famille portent des choses
lourdes, ils se proposent de les porter à leur place). Quand
elle est arrivée, en 2003, elle a passé trois ans sans
aucun problème. Les habitants se succèdent de génération
en génération. C'est pour ça que l'ambiance est
très sympathique car, par exemple, vers huit heures du soir,
tout le monde est aux fenêtres, pour discuter agréablement ;
mais le matin, tout est très calme. Certaines personnes ont peur
de Balzac car ils sont persuadés que c'est un lieu où
les « délinquants » vivent. En réalité,
il y a certes des problèmes sociaux et des enfants en difficulté
scolaire, mais il n'y a pas plus de délinquants qu'ailleurs.
Khouka :
" il y a des personnes qui ont petit à petit construit
le quartier"
La « mémoire de Balzac »
est une association qui mène un atelier d'écriture et
de photographie. Ces ateliers servent à ce que Balzac reste dans
les mémoires de tous. Ils laissent les adultes et les jeunes
s'exprimer et transmettre leurs sentiments, et leurs émotions.
Le foyer se situe à côté de Balzac. Au départ
ces ateliers n'intéressaient que les adultes, puis peu à
peu les enfants. Il y a environ dix femmes et dix enfants. L'atelier
est très demandé et il y a une seule intervenante, Sandrine
Charlemagne. Elle va aussi chez les personnes âgées pour
les ateliers.
« A Balzac, il y a des personnes qui ont petit à
petit construit le quartier, et y habitent encore. Il y a un immeuble
peuplé presque intégralement d'Algériens venus
d'Oran » dit Khouka.

Fatma (à gauche) et Nadia (à
droite) devant le chantier de la tour ABC. Photo : Nessim.
Fatma : "Comme un changement
de climat"
Fatma est d'origine algérienne. Fatma est arrivée
en France en 1988, elle était d'abord venue en tant que touriste.
Puis elle a habité chez sa soeur à Melun (en Seine-et-
Marne). Ensuite elle a vécu dans un studio mais, parce qu'elle
a eu quatre enfants, elle a demandé un appartement plus grand
(quatre ans d'attente avant de l'obtenir). C'est en 1991 qu'elle a habité
à Balzac. Pour trouver cet appartement, elle a dû avoir
l'aide d'une assistante sociale : « En arrivant
à Balzac , j'ai eu comme un changement de climat, mais
grâce à mes voisins, je me suis habituée. Maintenant
ça va mieux ». Au départ, «C'était
dur, comme la jungle » reconnaît-elle. Fatma fait partie
de l'atelier écriture.
Nadia : "Aujourd'hui, il n'
y a pas de différence"
Nadia est d'origine algérienne, elle est arrivée
en France en 1977. Elle était venue pour les vacances, mais,
à cause des visas, (car elle en avait assez de tout le temps
les payer) elle a dû rester. Elle a d'abord habité chez
sa soeur, puis elle a pris entre temps des cours de français.
Après, elle s'est marié et a eu un enfant. Elle a demandé
un appartement plus grand. « Chaque mois à 9h
du matin pendant huit ans, je téléphonais à un
agent immobilier » dit-elle. Elle a du solliciter l'aide
du directeur de son mari. Puis quand elle est arrivée à
Balzac, elle n' a eu aucun problème que ce soit judiciaire, social
ou autres, pendant huit ans. « Aujourd'hui, il n' y
a pas de différence par rapport au moment où je suis arrivée
» dit Nadia.
Nessim Capderou
Classe de 4°4
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Ce journal a été réalisé
entre le 19 et le 24 mars 2007 par: Baringa, Flore-anne, Linda, Manon,
Marie, Marvin, Mohamed, Nawell, Nessim, Sarra.
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