Boxer pour devenir un gentleman
 


La boxe française, ou savate, été développée au 19ème siècle pour éviter les duels à l'épée et au pistolet. C'est une boxe très élégante pour laquelle on utilise ses jambes autant que ses poings.

Au 18ème siècle, en France, on boxait avec les pieds. On appelait ça la "savate", du nom d'une chaussure. Charles Lecour, champion de savate du 19ème siècle, a l'idée de marier cette boxe à la boxe anglaise qui se pratique, elle, avec les poings. Les duels font encore beaucoup de victimes en France. Alors, on apprend aux hommes à se battre avec leur corps au lieu de régler leurs comptes au fleuret ou au pistolet. La boxe française reste très différente des autres formes de boxe. L'Anglaise se pratique juste avec les poings et la Thaïlandaise est plus aggressive, plus libre, c'est-à-dire respectant moins de règles.

La boxe française est très technique. "Les déplacements se font à base de petits sauts", explique Ali, entraîneur dans un club du quartier de Ménilmontant, à Paris. On ne peut pas attaquer son adversaire aux poings puis sortir du combat. Il faut "sortir avec les pieds", c'est-à-dire s'éloigner de l'adversaire en l'affrontant avec des coups de pieds. Alors que pour la boxe thaïlandaise, le combattant évolue sans se protéger, la boxe française impose de mettre ses deux poings devant son visage. Il y a deux manières de se battre. On peut soit donner l'assaut, soit mener un combat. Seul le combat permet de frapper fort, jusqu'au KO. Les débutants et les mineurs ne font jamais de combat. Ils marquent des points en touchant leur adversaire. Le but dans l'assaut est de ne pas se faire toucher. Les boxeurs sont classés en catégories pour éviter les grosses différences (gros, petit, mince, grand) et pour que les combats soient équilibrés.

L'équipement est conseillé pour pratiquer la boxe française. Il faut avoir des gants, des chaussures spéciales, une coquille pour les garçons et pour les filles, un protège-seins. Pour Amadou, 15 ans, "c'est une boxe où les gestes sont élégants car on tend souvent la jambe. Comme des danseurs, nous devons nous tenir bien droit". Sylvester, 16 ans, est champion de France des cadets. C'est la deuxième fois qu'il est champion depuis qu'il a commencé à boxer à l'âge de 9 ans. Le club était à côté de chez lui et il cherchait un sport de combat. "C'est une boxe moins violente que les autres. Elle sert à être en forme et à être plus souple". Sylvester aimerait "que la boxe française soit plus connue et qu'elle soit représentée aux Jeux Olympiques".

Bakou Gary, 16 ans

Photo C.Jubien

 
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