Chiens dangereux au marché noir
 


Malgré l'interdiction de posséder et de reproduire les chiens d'attaque comme les pit-bull, le marché - parallèle - du chien dangereux est florissant dans certains quartiers.

Sabrina, 17ans, est propriétaire d'une chienne d'attaque, un pit-bull de deux ans qu'elle s'est procurée "pour faire comme tout le monde". Elle l'a dressée "pour qu'elle fasse peur aux personnes du quartier". Son pit-bull, une femelle, fait des combats contre d'autres chiens d'attaque. Sabrina aime qu'on parle de sa chienne et sait que ces combats la rendent de plus en plus forte.

En France, les chiens sont classés en trois catégories selon la réglementation qui encadre leur commerce et leur possession. Le pit-bull de Sabrina appartient à la première catégorie. C'est un chien d'attaque dont l'acquisition est totalement illégale et qui n'a pas de certificat de naissance délivré par la Société Centrale Canine. Le même chien (de race Staffordshire bull terrier ou Stafford terrier américain), nanti d'un certificat de naissance ou "pedigree", appartient à la deuxième catégorie. Ce sont des chiens de garde et de défense inscrits au Livre des Origines Françaises (LOF). Le Mastiff aussi peut appartenir aux deux catégories selon qu'il a un pedigree ou non (s'il est de race pure ou non). La propriété et le commerce de ces chiens sont réglementés. Depuis avril 1999, l'acquisition, la cession, l'importation et l'élevage des chiens d'attaque sont interdits. Il est possible de posséder un chien né avant cette date, sauf pour les mineurs ou une personne ayant un casier judiciaire. En cas de contravention, les peines vont jusqu'à trois mois de prison et 4000 Euros d'amende. Pour les propriétaires de Pit-bull nés avant la loi, il est impératif de contracter une assurance de responsabilité civile et interdit de les reproduire. Les chiens comme ceux de Sabrina sont déclarés "danger à l'ordre public". Sabrina dit qu'elle contrôle son chien. Un jeune du quartier s'est pourtant fait manger une partie de la jambe par un pit-bull. Un propriétaire affirme qu'il ne fait jamais monter son chien chez lui. Il le laisse dans la cave. Cela permet aussi de le rendre plus agressif et il est parfois laissé dans le noir sans manger pour le rendre enragé. La police intervient peu dans les quartiers. Le marché du pit-bull est lucratif. "Un chiot qui se vend a 200 Euros, ce n'est pas cher", explique Ali qui connaît de nombreux propriétaires. Le pit-bull ne semble pas prêt de s'éteindre en France comme le prévoyait pourtant la loi de 1999.

Texte et photo Ayoub Bouzoumita, 18 ans

 
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