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L'appel
du joint
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Les jeunes commencent à fumer du cannabis parce qu'ils sont influencés par les plus grands. C'est pour faire comme tout le monde et après ils s'y habituent et souvent ne peuvent plus s'en passer. Karim, 18 ans, a arrêté de fumer après la mort d'un de ses amis qui a eu un accident alors qu'il était sous l'effet du cannabis. "J'ai commencé à fumer à 13 ans. Je fumais souvent, très souvent. Je voulais faire partie des grands de la cité mais quand mon copain est mort, j'ai été choqué et j'ai arrêté du jour au lendemain." Les effets du cannabis accentuent l'état dans lequel le fumeur se trouve. Par exemple, quand une personne est triste et malheureuse et veut mettre fin à ses jours, elle peut déprimer encore plus sous l'effet de la drogue. Une personne qui est joyeuse le sera encore plus. Elle aura envie de rigoler et de faire la fête. Un nouveau fumeur peut être pris d'un sentiment de peur panique ou se vexer facilement pour une réflexion banale. Selon un médecin de Cannabis Ecoute*, le numéro d'information et d'aide psychologique sur le cannabis, "la perception du temps et de l'espace change quand on fume cette drogue. La fréquence cardiaque augmente et ne diminue qu'après trois heures." Dans le pire des cas, il y a le bad trip, ce "mauvais voyage" (en anglais) où l'on tremble, devient pâle et pendant lequel "on a l'impression qu'on est en train de mourir et que personne ne sera là pour vous aider" selon Betty. Le cannabis est extrait de la partie euphorisante, appelée THC, de la feuille du chanvre. Les revendeurs le mélangent toujours à différentes substances dont certaines peu avouables voire dangereuses. On a trouvé du henné, du cirage, de la paraffine, de la cire, du curry, de la colle ou encore des excréments d'animaux, en général de chameau ! Sodi, comme la plupart des jeunes, sait très bien que le cannabis n'est jamais vendu pur. "Même si j'imagine tout ce qu'il y a dedans, quand je fume mon joint, je ne pense plus à rien". Contrairement à la cigarette, la dépendance physique au cannabis est faible. On parle plutôt d'une dépendance psychologique. Un consommateur régulier peut se sentir mal ou angoisser lorsqu'il n'a pas fumé son joint. La consommation de cannabis reste illégale en France. Lorsqu'on se fait arrêter avec cette drogue sur soi, on risque entre deux mois et un an de prison, en plus d'une amende. Tout dépend de la quantité que l'on transporte. "En général, avec un ou deux joints, on vous amène au poste, expliquait un policier au salon de l'éducation de Paris cet automne. Pour les mineurs, on appelle les parents ou les tuteurs légaux pour qu'ils viennent vous chercher. On garde les plus agités quelques heures en garde à vue." Les procès sont donc réservés aux vendeurs et aux gros consommateurs. La consommation de cannabis n'est pas interdite partout en Europe. En Hollande, par exemple, l'Etat prélève une taxe sur la vente qu'il contrôle. "Le fait que ce soit interdit me donne envie de fumer. J'ai l'impression d'embêter la police", déclare Mamadou, 17 ans. Les militants de la légalisation affirment que l'interdiction renforce l'envie des jeunes d'essayer le cannabis. Si l'Etat contrôlait la vente, il contrôlerait aussi la qualité de cette drogue douce qui, mélangée avec d'autres produits, peut devenir dangereuse. Souad
Benahmed, 16 ans * Drogue infos 0800-23-13-13 (gratuit) et Cannabis écoute 0811-91-20-20 (local) |
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