Projet d'une comédie musicale
sur "les enfants perdus" au Relais

 
Les chanteurs et comédiens du Relais en répétition


Le centre social du Relais Ménilmontant lance un projet ambitieux de comédie musicale. Tous les jeunes sont impliqués. Les plus âgés composent la musique ou s'occupent des répétitions. Rendez-vous en février 2005.

Serge, coordinateur du Relais, est un fan de Peter Pan, le personnage de James Matthews Barrie. "Ses compagnons sont des enfants perdus. Ils n'ont pas de parents mais aimeraient en avoir. J'ai identifié les jeunes qui viennent au Relais à des enfants perdus. Non pas qu'ils soient orphelins mais ils manquent souvent de repères et veulent simplement faire comme les autres". Serge et l'équipe du Relais se sont appuyés sur l'expérience des plus âgés pour créer la comédie musicale qu'ils ont appelée "Les enfants perdus".

Amira, 20 ans, crée la chorégraphie hip hop. Abdel, du même âge, compose la musique et, avec Stéphane et Paul, il encadre l'écriture du chant par les jeunes. Jennifer, 18 ans, s'occupe des cours de théâtre. Les jeunes ont été sélectionnés en fonction de leur motivation pour participer aux ateliers chant, danse ou théâtre, mais ils toucheront à tout. Sadio, 14 ans, chante du rap depuis un an et demi. Il a écrit lui-même les paroles de sa chanson pour la comédie musicale : "Trop d'incarcérés / dans ce milieu trop peu élevé / Je dédicace cette instru à tous les mecs perdus/ dépourvus de la rue / Je viens déclarer la guerre/ à tous les jeunes dans la misère". Pour lui, "un enfant perdu, c'est un enfant qui vit de l'argent illicite et qui manque de repères". En groupe, les rappeurs s'entraînent en improvisant. Ils font ce qu'on appelle du hot-shok, des joutes de rap. Sadio estime qu'il reste du travail avant la représentation prévue pour l'instant en février 2005, mais "la scène est en préparation"...

On trouve souvent Abdel dit le "Kainri" (pour américain) en train de composer la musique des "enfants perdus" dans la salle informatique du centre. Il maîtrise la MAO (musique assistée par ordinateur) et avance par tâtonnement, instrument par instrument. Il a appris l'année dernière avec un animateur mais estime que "ce n'est pas évident de composer avec du son virtuel". Le rap, il connaît bien et il en écoute beaucoup. "Je chante depuis l'âge de 11 ans. Dans cette comédie musicale, je veux rendre hommage aux enfants perdus. Ca me fait plaisir de composer pour mes amis. J'en connais certains depuis longtemps." Abdel vient trois fois par semaine au centre pour avancer dans sa composition. Une fois composées, il propose aux jeunes d'écouter ses musiques, rapides, douces ou rythmées pour qu'ils écrivent des paroles. Chacun écrit ce qu'il chantera. Abdel trouve que ses camarades "évoluent rapidement". Amira la danseuse fait répéter les filles sur une chorégraphie personnelle. Elle les réunit le soir pour répéter. Elle danse le hip hop depuis longtemps et s'inspire des musiques composées par Abdel pour imaginer les mouvements que feront les filles. Les garçons aussi vont danser parce que, comme le dit Bakou, 16 ans, "il faut savoir tout faire et c'est un travail collectif ". Il faut effectivement se motiver les uns les autres pour créer une comédie musicale d'environ trois quarts d'heure. Comme le disent plusieurs jeunes, "cela demande beaucoup plus de travail que nous avions imaginé !"

Stéphane Boulet, 18 ans et Rachid Aït Lamara, 16 ans

 
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