Former des formateurs et des enseignants à Agadir

Une fois n'est pas coutume,
Omar-le-Chéri, représenté par Sébastien Langevin, s'est consacré à des adultes dans le cadre de l'Université d'été de l'Institut français d'Agadir (IFA).


Je me suis rendu à l'Institut français d'Agadir (IFA) au Maroc, du 3 au 6 septembre 2001. L'IFA organisait pour la quatrième fois son Université d'été à l'attention des enseignants marocains de français de l'association AMEF. J'y ai animé l'un des cinq ateliers, le cyber-journal.

Les 70 participants (dont certains venaient d'une ville située à 600 km) avaient " pris sur leur temps de loisir pour se ressourcer" comme aime à le répéter Hugues Haemmerlé, l'attaché de coopération qui a organisé la manifestation.

Il y avait une majorité d'enseignants de français, du premier et du deuxième cycle (équivalents respectivement au primaire et secondaire français). Participaient également des inspecteurs de l'éducation nationale pour le français et des conseillers d'orientation.


Carnet de bord

>>Lundi
Dès le début de l'atelier, j'essaie de bien préciser les objectifs de la semaine : c'est une formation pratique qui a pour but de produire des articles selon des normes journalistiques. J'explique la chaîne éditoriale, les règles du recueil de l'information, de sa mise en forme, les notions de sujet et d'angles…

Une fois les différentes idées d'article au tableau, nous définissons quatre sujets et les neuf participants s'organisent en trois groupes de deux personnes et un de trois. Les différents groupes prennent contact avec les personnes qu'ils doivent interviewer, et c'est déjà la fin de la matinée.

>>Mardi
J'accompagne certains groupes lors de leurs interviews. Vient ensuite le délicat moment de la formulation du plan de l'article, une fois les informations obtenues extraites des notes. L'élaboration des plans d'article prendra une bonne partie du reste de la matinée. Certains avaient néanmoins déjà entamé la rédaction de leur article après ce deuxième jour.

>>Mercredi
Matinée d'écriture pour tout le monde. Le reportage est plutôt bon, bien construit et correctement écrit. Ce sera le premier article terminé. Les trois autres articles (un portrait, une interview et une enquête) mettront plus de temps à prendre forme. Je passe une bonne partie de l'après-midi avec Abdelatiz, le technicien informaticien chargé de la mise en ligne et particulièrement compétent.

A 17H, le premier article est donc en ligne, urbi (sur les bornes informatiques présentes dans le hall de l'Institut) et orbi (sur le web). Par la suite, les enseignants eux-mêmes viendront assister à la mise en ligne.

>>Jeudi

Nous finissons d'écrire tous les articles sauf un ce jeudi. Nous voyons les techniques de secrétariat de rédaction, qu'ils appliquent en relisant les textes des autres. Je passe en général pas mal de temps avec un binôme lorsqu'il finalise son article : nous soignons l'attaque, la chute et la titraille des articles.

Dès ce jeudi après-midi, trois articles sont en ligne, tous accompagné d'au moins une photo. Abdelatiz se charge de prendre des photos avec un appareil numérique lors des interviews et des reportages. L'Institut bénéficie d'un équipement informatique exceptionnel : le bâtiment est neuf, et équipé de plusieurs dizaines de postes informatiques tous reliés à l'internet.


J'interviens cet après-midi là lors du "forum". La demi douzaine de professeurs présents me posent des questions sur les journaux scolaires, sur la relation entre la presse écrite et l'internet, sur le manque de respect de la presse française envers ses hommes politiques. Les enseignants de mon atelier avaient également parus un peu choqués lorsque je leur avait dit de ne pas mettre "Monsieur " ou " Madame " devant chaque nom de personne citée.

>>Vendredi
Le dernier article, l'enquête, pose pas mal de problèmes à ses rédacteurs qui n'ont pas fait un bon recueil d'informations. Nous en arrivons finalement à bout.

En guise de conclusion
Cette première expérience en tant que formateur de formateur me semble tout à fait probante pour Omar Le-Chéri. Les enseignants ont été particulièrement intéressés par le fait de suivre un atelier animé par un professionnel.

L'une des enseignantes semble ainsi très motivée pour poursuivre " l'expérience Omar Le-Chéri " tout au long de l'année. Et le président de l'Association marocaine des enseignants de français (AMEF), qui a suivi l'atelier cyber-journal, semble avoir été convaincu par cette semaine de formation. Il envisage des collaborations à venir entre nos deux associations. Voici une copie d'un mail qu'il m'a envoyé à mon retour à Paris :

" Bonjour Sébastien,
Cela a été franchement un plaisir de travailler avec toi. Les articles produits grâce à tes conseils ont été, en effet, très appréciés ici aussi. J'espère que nous (l'Amef) arriverons à organiser avec vous (Omar Le-Chéri) d'autres rencontres dans le cadre des échanges entre nos deux associations.
Amitiés
Lahcen Nachef "

Vous pouvez voir le résultat de cette semaine de travail sur le site de l'Institut français :
http://www.ifagadir.org/
cyber_journal.htm

Sébastien Langevin