OLC
à Charleville-Mézières
Omar Le-Chéri s'est
rendu à Charleville-Mézières
pour une semaine de
formation auprès des jeunes du Centre
social de la Ronde Couture. Une
mission réalisée avec lassistance
de l'Espace Culture et Média (ECM)
quOLC connaît bien.
Une expérience difficile, riche et
encourageante
à la fois.
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Près
d'un an après Catherine Guilyardi, je me rends à
Charleville-Mézières pour une semaine de formation.
Les conditions sont très différentes de celles
connues par Catherine. Je travaille cette fois-ci avec le
centre social de la Ronde Couture, une cité de Charleville-Mézières.
J'aurai un local au centre social, mais j'utiliserai
les ordinateurs de l'ECM (Espace Culture Multimédia)
en centre ville.
Noëlle Armand est notre contact au centre social
et Thierry Carmaux, mon principal interlocuteur à
l'ECM.
Un animateur m'a efficacement secondé toute
la semaine : Yahia a une bonne pratique des jeunes et m'a
aidé à faire régner le calme, ce qui
n'était pas chose aisée
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Carnet de bord
>> Lundi 26 février
Présentation des jeunes l'après-midi.
Ils sont 9, entre 12 et 14 ans. La présentation des
différents métiers du journalisme, des familles
de la presse, journaux et magazines à l'appui, n'est
pas sans difficulté: les jeunes ne connaissent pas
la presse. La distribution de magazines et journaux pour définir
où se trouvent l'éditorial, les brèves,
les articles principaux engendre des remarques amusées
sur les contenus de ces publication.
Explication des règles d'écriture, et
ce qu 'est l'angle d'un article. J'essaie de les faire participer
en progressant par questions-réponses pour qu'ils trouvent
de l'intérêt à cette partie un peu statique.
Aucun n'a de feuille ou de cahier, pas plus que de stylo.
Les remarques fusent : " On est pas à l'école!".
Noëlle m'avait prévenu que beaucoup de
jeunes avaient des difficultés scolaires.
Lorsque nous commençons à aborder les
thèmes des sujets à traiter pour le journal
que nous allons faire ensemble, les jeunes n'ont pas beaucoup
d'idées, sinon d'interviewer le maire de Charleville-Mézières
ou Pascal Obispo. Mais ils n'ont pas de question à
poser au maire: nous abandonnons ces deux sujets pour une
nouvelle liste que nous élaborons avec l'animateur.
Le choix sera pour le lendemain.
>> Mardi 27 février
Nous composons quatre groupes de 2 ou 3 jeunes, en
fonction des affinités de chacun. Nous choisissons
donc des sujets, non sans peine : tous veulent faire un article
sur le club de football de Sedan!
Nous commençons par travailler sur le choix
des interlocuteurs à contacter et les premières
questions à leur poser.
L'animation dans la salle monte d'un cran. Je vais
voir chaque groupe en leur demandant de rédiger des
questions. Nous passerons toute la matinée à
cet exercice. Pendant que je suis avec un groupe, les autres
ont beaucoup de mal à réfléchir. Yahia
envoie parfois un jeune se calmer en dehors de la salle.
Deux groupes réussissent à prendre des
rendez-vous par téléphone. Une nouvelle phase
difficile.
>> Mercredi 28 février
Avec deux groupes, nous sortons en centre-ville où
quelques-uns ont des rendez-vous. L'entretien se passe bien,
mais ils ne respectent que la moitié des consignes
que je leur ai données.
L'après-midi, début de la rédaction
pour ces groupes-là et interviews pour d'autres. Je
n'ai malheureusement pas pu me dédoubler pour assister
à toutes les interviews.
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Une
fois qu'ils ont écrit toutes les réponses des
questions qu'ils ont posées, ils croient avoir déjà
écrit leur article. Je travaille donc la rédaction
avec eux.
>> Jeudi 1er mars
Journée consacrée à l'écriture,
à la réécriture et dernières interviews.
L'un des groupes avec lequel je suis allé en entretien
est très décontenancé devant son interviewé:
il ne voit pas toujours quel parti tirer des propos recueillis
ou n'a pas le temps de noter le début d'une phrase.
>> Vendredi
2 mars
Matinée à l'Espace Culture multimédia.
La plupart des jeunes sont familiarisés avec l'usage
de l'internet Je leur demande donc d'effectuer la recherche
d'infos précises et de m'écrire des brèves,
ce qui leur demande un véritable effort de concentration,
la première tentation étant de participer à
des chats.
Nous continuons d'avancer . Ils travaillent le logo du
journal, et regardent comment on scanne les photos.
L'après-midi, il faut relire, réécrire
et faire la mise en page tout en les occupant. Très impatients
de la sortie du journal, ils ont beaucoup de mal à se
concentrer. Une partie des jeunes attendra sa sortie jusqu'à
18H30 et repartira contente.
En guise de conclusion
Bonne surprise: certains jeunes ont demandé
à Noëlle de continuer l'atelier journal, les mercredi
après-midis par exemple.
D'autres lui ont dit avoir apprécié la semaine.
Noëlle quand à elle est agréablement surprise
par le résultat du journal.
Autant de gratifications encourageantes au vu des difficultés
rencontrées. Cette mission apporte sans conteste de
quoi alimenter nos comités pédagogiques sur
la question de l'écriture abordée d'une manière
plus ludique que ne peut le faire l'institution scolaire pour
un public fragile.
Reste que le fil à tirer est ténu et
que la coopération avec les animateurs sociaux s'est
révélée très concluante.
Néanmoins, l'abord des pratiques du métier
journalistique comme jeu de rôle reste fructueux. Il
démontre aux jeunes en délicatesse avec l'école
qu'ils peuvent se surprendre eux-même.
Une expériences intéressante pour les jeunes
et sans conteste, pour nous, formateurs-journalistes.
Sébastien
Langevin
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