SAAD
ZAGHLUL (ou ZAGHLUL PACHA)
|
|
|
REFERENCES:
J. Berque
, L'Egypte : impérialisme et révolution, Paris, 1967
O. Carre, Le nationalisme arabe, Fayard, 1993
- Atlas : Chronique du Proche-orient, Paris, 1995
M. Deeb, Party Politics in Egypt : the Wafd and its
rivals, 1919-1939, Londres, 1979
A. Hourani, Histoire des peuples arabes, Seuil,
1993
N. Tomiche, L'Egypte moderne, coll. Que Sais-Je
?, P.U.F., 1966
A
voir dans l'encyclopédie:
Al Azhar
|
 |
QUI?
Homme
politique égyptien né en 1860 et mort en 1927. Il fut le fondateur
du parti Wafd en 1919.
QUAND?
Suite
à la victoire de son parti aux élections de 1924, il devient Premier
ministre. Mais il doit démissionner. Il est élu président de la
Chambre en 1926, un an avant sa mort.
OÙ?
En
Egypte
COMMENT?
Saad
Zaghlul obligera les Britanniques à reconnaître l'indépendance
de l'Egypte en 1922.
Saad
Zaghlul, chef incontesté du nationalsme arabe
Saad Zaghlul est né en 1860
à Ibyanah en Basse Egypte. Issu d'une famille de fellahs,
il réussi quand même des études universitaires, à l'université
musulmane traditionnelle d'al Azhar. Fonctionnaire, avocat (1884)
et magistrat (1893), il devient ministre de l'Instruction publique
en 1906, puis de la Justice en 1910. Saad Zaghlul réforme la justice
et l'enseignement pour lequel il encourage l'usage de la langue
arabe. Chef de file des nationalistes, doué d'un réel talent d'orateur,
il réclame dès novembre 1918 l'indépendance égyptienne, sur la
base des principes définis par le président américain Georges
Wilson (pour libération des peuples colonisés).
Placé à la tête d'une délégation ou wafd, il plaide la
cause de son pays à la Conférence de la paix de Paris en 1919.
Les Anglais décident d'arrêter et d'exiler la délégation à Malte.
Ce coup de force déclenche immédiatement une vague d'agitation
sans précédent en Egypte. C'est l'émeute d'Alexandrie à Assouan.
Les étudiants manifestent au Caire aux côtés des femmes placées
sous la houlette de Mme Zaghlul qui suscite une grande admiration
auprès des femmes d'Orient et du Maghreb pour ses interventions
publiques dans la lutte pour l'indépendance. La répression anglaise
fait cinq morts dans la capitale. Les sabotages se multiplient
: trente Anglais sont tués mais un millier d'Egyptiens meurent
sous les balles.
Cédant à la pression populaire, les Anglais autorisent Zaghlul
et ses compagnons à se rendre à la Conférence de la paix à Paris.
Mais le protectorat anglais sur l'Egypte est finalement maintenu.
En juin 1920, Zaghlul se rend à Londres. Les Anglais acceptent
de négocier. La rencontre se solde par un échec. Plus d'une centaine
de manifestants sont tués par les Anglais à Alexandrie. Les nationalistes
gagnent du terrain à la faveur des troubles.
En 1921, Zaghlul est à nouveau arrêté et déporté à Aden, puis
aux Seychelles. Mais en Egypte la tension est à son comble. Le
gouvernement britannique finit par céder. Le 28 février 1922,
l'Egypte devient un état indépendant et souverain. Mais certains
"points de réserve" limitent encore cette indépendance
quand il s'agit de la sécurité des communications de l'Empire
britannique, de la défense de l'Egypte, de la protection des intérêts
des étrangers et des minorités, et enfin du condominium sur le
Soudan.
Zaghlul dénonce ces restrictions et appelle à la poursuite de
la lutte. Les attentats reprennent, dont un contre le QG britannique
du Caire. En 1923, Zaghlul est à nouveau déporté (à Gibraltar)
puis... libéré sous la pression populaire. Il reçoit un accueil
triomphal et son wafd gagne les élections organisées en
janvier 1924.
Nommé Premier ministre grâce à son immense popularité, Zaghlul
ne peut toutefois s'imposer face au roi Fouad qui reste très puissant.
L'homme politique démissionne en novembre 1924 et devient président
de la Chambre deux ans plus tard, mais jusqu'à sa mort, en 1927,
il reste le chef incontesté du nationalisme égyptien.
|
|
|