TÉMOIGNAGE

 

 

 

REFERENCES

LECLERC Henri et THEOLLEYRE Jean-Marc.
Les médias et la justice
, Paris: CFPJ, 1996.

QUOI?

Le fait de raconter quelque chose que l'on vu, entendu, vécu.

QUAND?

Dans une enquête que mène un journaliste, un policier, un juge en posant des questions au "témoin".

POURQUOI?

Pour découvrir ce qui s'est réellement passé.


Le journaliste et les témoins

Un journaliste doit toujours essayer de découvrir comment se sont passés exactement les faits dont il doit rendre compte. Il prépare souvent ses enquêtes grâce à de la documentation, puis son travail consiste presque systématiquement à aller voir des personnes et à les interroger. La plupart des interviews (des entretiens) ne sont pas publiées sous forme de question-réponse, mais servent simplement à recueillir des informations. Lors de ces entretiens préparatoires, le journaliste recueille les différents témoignages des personnes qui peuvent avoir des choses à dire sur le sujet qu'il traite.

Un peu à la façon d'un policier, le journaliste doit faire parler plusieurs témoins et confronter leurs témoignages, les comparer et y déceler les éventuels points de divergence. En croisant le plus grand nombre possible de témoignages le journaliste peut s'approcher au plus près de la réalité des faits. Car un témoignage ne dépend jamais que de la personne dont il émane. Si l'on demande à plusieurs personnes de raconter un même fait auxquelles elles ont toutes assister, pas un témoignage ne sera exactement semblable à un autre. Le témoignage dépend à la fois de ce que quelqu'un perçoit d'un événement, de ce dont il se souvient après-coup, et de ce qu'il veut bien en dire.

En confrontant les témoignages, on recherche la vérité. Déjà, chez les romains, le mot "testimonium" avait un rapport très fort avec la notion de vérité: id testimonio est veut dire cela prouve que . Le mot témoignage garde ce sens fort en français contemporain lorsqu'il est synonyme de déposition, devant un tribunal par exemple. Une personne interrogée par la police a obligation de dire la vérité, sous peine d'être accusée de faux témoignage. Le journaliste peut également être confronté à de faux témoignages, c'est à dire à des personnes qui cachent sciemment la vérité pour préserver leurs intérêts. Il doit séparer le bon grain et l'ivraie, trier les bonnes informations et les mauvaises afin de s'approcher de la vérité et de pouvoir la relater dans son article ou dans son reportage audiovisuel.

La personne qui peut produire un témoignage est un témoin. Le mot témoin est parfois simplement synonyme de spectateur, mais il garde également une acception juridique: c'est la personne prête à attester de la véracité d'un fait, d'un mariage ou d'une vente par exemple. En science, c'est également l'élément qui sert de repère, de point de comparaison, dans une expérience. Les médias utilisent de plus en plus des "grands témoins", des spécialistes qui sont présentés comme détenant la vérité dans un domaine et qui la dévoilent dans un journal, dans une émission télévisée ou sur une radio.

Néanmoins, un journaliste doit toujours garder en tête qu'il existe peu de vérités absolues. La multiplicité des points de vue demeure le meilleur garant d'une information fiable qui, faute de pouvoir être totalement objective, se doit d'être la plus complète possible. C'est ce que l'on appelle l'honnêteté journalistique.

Sébastien LANGEVIN