REFERENCES:
Dictionnaire étymologique de la langue française,
O. Bloch et V. Wartburg, PUF, Paris, 1973
Dictionnaire de la langue française, Emile Littré, Hachette,
1873
Dictionnaire historique de la langue française, Alain REY, Le
Robert, 1997
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QUOI?
Il est
ici utilisé dans une expression musulmane "As-salâm 'aleïkoum".
QUI?
"Salam"
est un mot arabe communément traduit par "paix".
QUAND?
Elle est
prononcée par le locuteur qui amorce la conversation
OÙ?
Dans le
monde arabo-musulman où l'expression est très courante et ancestrale.
COMMENT?
Elle a
valeur de salut, et sa réponse symétrique est "'aleïkom
as- salâm".
Salam
Le mot "salam" et son sens ont
une résonance dans les trois religions monothéistes, et pour cause
: il est d'origine sémitique. C'est le cousin du "shalom" hébreu
et l'expression musulmane "As-salâm 'aleïkoum" est littéralement
traduisible par "que la paix soit avec vous"... que l'on retrouve
aussi dans la liturgie chrétienne.
Cette parenté souligne la correspondance géographique de ces trois
pans de culture, avec les particularités des conditions de vie et
de survie qu'implique une région aride. Indépendament du
sens théologique
spécifiques que
les religions confèrent au mot,
"salam" permait à chacun de souhaiter à son interlocuteur
de rester sain et sauf dans ses activités et ses déplacements. C'est
le "salut", dans les deux sens du terme.
De là, l'usage privilégié de l'expression par des populations qui
gardent un sens plus aigu de la précarité de la vie et le souci
de la mettre dans les mains de Dieu.
L'expression "As-salâm 'aleïkoum" pénètre la langue française dès
le 16ème siècle dans un ouvrage sur la Turquie. Elle est alors sous
sa forme singulier, devient un nom orthographié "salamalec" et prend
le sens de "salut à la turque ; grande révérence" (et en ancien
provençal, "salut arabe").
Scarron et Molière l'ont immortalisée en immisçant une nuance de
bizarrerie culturelle. En effet, les règles de la politesse musulmane
veulent que suite au salut l'on s'enquiert aussi des nouvelles des
proches de l'interlocuteur... et le temps des salutations s'allonge
sensiblement ! Aussi, , depuis le 17ème siècle, le mot n'a conservé
que le sens familier de "révérences, politesses exagérées".
Florence
CARRIQUE-ALLAIRE
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