PHARE D’ALEXANDRIE

 

 

 

REFERENCES

Le Phare d'Alexandrie,
la Merveille retrouvée,
Découvertes Gallimard, 1998.


"Jean-Yves Empereur et le phare d'Alexandrie : le récit du sauvetage", Revue Historia, juin 1997.


Les sept Merveilles du monde, A. Clayton et J. Price, Le Promeneur, Gallimard, Paris, 1993. (voir notamment le récit d'al-Andalusî)


Vies parallèles, Vie d'Alexandre, Plutarque, Garnier-Flammarion, 1995.


Voyage en Egypte, Strabon, Nil Editions, 1997.


Voyages, t.1, Ibn Battûta, éditions La Découverte, 1990.

QUOI?

Le Phare d'Alexandrie, listé par Grégoire-de-Tours (6ème siècle) parmi les sept Merveilles du monde (avec la statue de Zeus à Olympe, le colosse de Rhodes, les jardins suspendus de Babylone, la pyramide de Khéops, le temple d'Artémis à Ephèse et le mausolée d'Halicarnasse de la Carie).

QUI?

Les travaux furent entrepris sous Ptolémée Ier et terminés sous Ptolémée II. Son architecte, Sostratos de Cnide, est le donateur de la statue qui le surplombait.

QUAND?

Sa construction s'échelonne de 297 avt J.-C. à 283 av. J.-C. Mais soumis à de nombreux tremblements de terre et raz-de-marée (sept sont recensés entre 796 et 1341), il survit, vaillamment, jusqu'au début du 14ème siècle.

OÙ?

Il était vraisemblablement situé à la pointe orientale de l'île de Pharos reliée au port par une jetée, l'Heptastade. Depuis le 15ème siècle, se trouve à ce même emplacement le fort du sultan mamelouk Qaitbay.

POURQUOI?

Les Anciens sont unanimes : l'arrivée au port d'Alexandrie était périlleuse, n'offrant qu'un goulet jalonné de nombreux récifs et lames de fond et perturbée par les vents violents. De plus, la côte basse (nous sommes dans la région du Delta) n'offre aucun amer, aucun repère au navigateur.

 

 

Le phare d'Alexandrie

Si Alexandre-le-Grand et son architecte Dinocrate sont à l'origine de la fondation de la ville, il revient à Ptolémée Ier de l'enrichir de monuments dignes du projet de l'Empereur. Le phare, outre sa dimension pratique essentielle, devait impressionner le voyageur et l'informer de la grandeur architecturale, culturelle et politique de la ville. Des fouilles sous-marines amorcées en 1968 sous le patronage de l'Unesco et reprises par Jean-Yves Empereur de 1992 à 1998, ont permis de retrouver deux colosses représentant un Ptolémée en pharaon et Isis : le monument jouissait d'un tel prestige que les souverains avaient désiré associer leur image au monument symbolique de la ville.

Le phare d'Alexandrie n'est pourtant pas le prototype du genre - on a identifié les vestiges d'un phare grec datant du 6ème siècle avant J.-C. , mais aucun n'égala son aura. Ainsi, le toponyme de l'île de Pharos, devenu Pharus en latin, donna le nom commun de phare à toutes les langues latines. Et les témoignages de son impact sont nombreux, qu'ils soient antiques ou médiévaux, littéraires ou picturaux, occidentaux ou arabes. Le plus précieux d'entre eux revient à Abû al-Haggâg Yûsuf Ibn Muhammad al-Balawi al-Andalusî : sa description du 12ème siècle, précise et chiffrée, servit de base à la reconstitution contemporaine virtuelle de la tour prestigieuse.

   

A quoi ressemblait-il ? Originellement haut de 135 mètres, son feu éclairait à 100 milles marins. Il était constitué de trois parties: carré et légèrement pyramidal à sa base (71m de hauteur), octogonal en son milieu (34 m), et cylindrique à son extrémité (9m). Celle-ci, suivant les époques, fut d'abord coiffée d'une statue de Zeus-Ammon (ou d'Hélios, les témoignages diffèrent et les fouilles n'ont à ce jour pu trancher), puis, sous le sultan Ahmed Ibn Touloun qui entreprit sa réparation suite à un violent séisme, par une mosquée.
L'ensemble de l'édifice était de calcaire blanc et l'encadrement des fenêtres distribuées irrégulièrement, en granit d'Assouan (à titre indicatif, les éléments d'encadrement récemment retrouvés pèsent chacun jusqu'à 50 ou 75 tonnes). Les blocs de pierres étaient scellés avec du plomb fondu. Les pièces, très nombreuses (Al-Andalusî en dénombre 67) étaient destinées au personnel nécessaire à son entretien. L'accès au premier étage perché sur une plate-forme d'une dizaine de mètres de hauteur s'effectuait par une rampe, reposant elle-même sur seize arches. A l'intérieur de la tour, la rampe devenue en colimaçon, était suffisamment large pour permettre à deux bêtes de somme chargées de combustible de se croiser. La rampe aboutissait à une terrasse dont la rambarde (2,30m de haut) était fichée, aux quatre angles de Tritons soufflant dans les cornes. Un escalier intérieur menait du deuxième au troisième étage. Quant au dispositif du foyer, il reste inconnu (miroir, lentille ..?), de même que son architecture.

Le Moyen-Age lui confère une dimension merveilleuse: ainsi la légende selon laquelle la tour se dressait sur quatre crabes de verre reposant dans l'eau, qu'elle mesurait 1000 brasses (2 km), qu'une statue effrayait d'une voix terrible les bateaux ennemis à plus de 3 kilomètres, qu'une autre levait le bras vers le soleil et suivait sa course, qu'une troisième, "le compteur de la nuit", égrenait les heures de sa voix forte et harmonieuse. L'intérieur de la tour suscita les mêmes affabulations, et l'on raconte que des cavaliers s'y seraient perdus...

Aujourd’hui, plusieurs projets ont été échafaudés pour reconstruire une tour similaire, en béton ou en verre, afin d'y accueillir des hôtels, des salles de conférence ou des galeries marchandes. Autant d’affabulations peut-être.

Florence CARRIQUE-ALLAIRE