PEPLUM

 


REFERENCE

Dictionnaire du cinéma, Larousse, 1986

« Le péplum », article in CinémAction 68, mars 1993

SUR LE NET

QUOI?

Un genre cinématographique qui doit son nom à la tunique de laine d'une pièce portée par les femmes de l'époque latine, drapée et agrafée sur l'épaule par deux fibules.

QUI?

Il met en scène des personnages antiques.

QUAND?

Le péplum a existé dès les débuts du cinéma, mais son heure de gloire date des années 50.

OÙ?

Son succès est mondial, mais ses deux scènes privilégiées sont italienne et américaine.

COMMENT?

Les péplums demandent d'énormes budgets.

Gloire de l'histoire antique au cinémascope

L'expression anglaise "sword and sandals film" décrit bien ce qu'est le péplum : un film de 'glaive et de sandales', un film d'action qui met en scène l'Antiquité ou du moins, la représentation que le XXe siècle s'en est faite. La vocation d'un péplum est de faire revivre la gloire et le prestige que l'on associe aux fondements historiques de la civilisation occidentale. Les scénarii sont inspirés de la mythologie grecque et latine ou de la Bible.

La fin justifiant les moyens, ces films deviennent dès 1914 de superproductions coûteuses avec décors extravagants, mouvements de foule spectaculaires (et donc de très nombreux figurants), véritables stars et faux costumes somptueux. Ainsi, dans Cléopâtre (1963), Elisabeth Taylor dispose de soixante-cinq costumes différents. Pour Quo Vadis (1951) de Mervyn Leroy, avec Peter Ustinov dans le rôle de Néron, on commande 32 000 costumes !

Paradoxalement, le succès populaire du péplum signe sa perte. Le premier péplum, Néron de Promio (1897), est un film plutôt académique destiné à un public éduqué et aisé qui apprécie de regarder l'histoire de cet empereur romain essayant différents poisons sur ses esclaves. Le Cabiria de Pastrone (1914) donne au péplum sa dimension avec sa technique du travelling et de la perspective et annonce Griffith (Naissance d'une nation, 1915, Intolérance, 1916) et Eisenstein (Le cuirassé Potemkine, 1925, ¡Que viva Mexico! 1932, Ivan le terrible, 1946). Enfin, l'Italien Fellini donne une adaptation somptueuse du roman de Petrone avec son Satyricon (1969).

Mais le péplum se noie peu à peu dans son sujet, l'Antiquité. L'intrigue devient prétexte à une débauche d'effets (catastrophe naturelle, combats à répétitions) et les personnages, des caricatures (héros musclé, héroïne ingénue). L'Italie des années 50 fournira pléthore de ces productions destinées à un public populaire mais le péplum est désormais méprisé par la critique.

Florence CARRIQUE-ALLAIRE