QUOI?
Un
genre cinématographique qui doit son nom à la tunique de laine
d'une pièce portée par les femmes de l'époque latine, drapée et
agrafée sur l'épaule par deux fibules.
QUI?
Il met
en scène des personnages antiques.
QUAND?
Le
péplum a existé dès les débuts du cinéma, mais son heure de gloire
date des années 50.
OÙ?
Son
succès est mondial, mais ses deux scènes privilégiées sont italienne
et américaine.
COMMENT?
Les
péplums demandent d'énormes budgets.
Gloire
de l'histoire antique au cinémascope
L'expression anglaise "sword
and sandals film" décrit bien ce qu'est le péplum : un film
de 'glaive et de sandales', un film d'action qui met en scène
l'Antiquité ou du moins, la représentation que le XXe siècle s'en
est faite. La vocation d'un péplum est de faire revivre la gloire
et le prestige que l'on associe aux fondements historiques de
la civilisation occidentale. Les scénarii sont inspirés de la
mythologie grecque et latine ou de la Bible.
La fin justifiant les moyens, ces films deviennent dès 1914 de
superproductions coûteuses avec décors extravagants, mouvements
de foule spectaculaires (et donc de très nombreux figurants),
véritables stars et faux costumes somptueux. Ainsi, dans Cléopâtre
(1963), Elisabeth Taylor dispose de soixante-cinq costumes différents.
Pour Quo Vadis (1951) de Mervyn Leroy, avec Peter Ustinov
dans le rôle de Néron, on commande 32 000 costumes !
Paradoxalement, le succès populaire du péplum signe sa perte.
Le premier péplum, Néron de Promio (1897), est un film
plutôt académique destiné à un public éduqué et aisé qui apprécie
de regarder l'histoire de cet empereur romain essayant différents
poisons sur ses esclaves. Le Cabiria de Pastrone (1914)
donne au péplum sa dimension avec sa technique du travelling et
de la perspective et annonce Griffith (Naissance d'une nation,
1915, Intolérance, 1916) et Eisenstein (Le cuirassé
Potemkine, 1925, ¡Que viva Mexico! 1932, Ivan le
terrible, 1946). Enfin, l'Italien Fellini donne une adaptation
somptueuse du roman de Petrone avec son Satyricon (1969).
Mais le péplum se noie peu à peu dans son sujet, l'Antiquité.
L'intrigue devient prétexte à une débauche d'effets (catastrophe
naturelle, combats à répétitions) et les personnages, des caricatures
(héros musclé, héroïne ingénue). L'Italie des années 50 fournira
pléthore de ces productions destinées à un public populaire mais
le péplum est désormais méprisé par la critique.
Florence
CARRIQUE-ALLAIRE