PAPYRUS

 

QUI?

Le terme papyrus signifie en égyptien 'de la grand maison'. Le terme 'papier' est dérivé de 'papyrus'.

QUAND?

Les premières traces d'utilisation du papyrus en Egypte remonte à 4000 av. J.-C. L'invention du papier en Chine au Ier siècle marque sa fin. Aujourd'hui le papyrus est une attraction pour les touristes en Egypte.

OÙ?

Le papyrus est inventé en Egypte vers 4000 av. J.-C. et sera exporté dans les pays voisins à partir du XXe siècle av. J.-C.

COMMENT?

Le papyrus est un roseau qui pousse dans l'eau douce. C'est la peau de ce roseau qui est traitée et transformée pour devenir 'papier'.


La clef des civilisations anciennes

Le papyrus d'Egypte a été pendant près de quatre millénaires ce que le papier est pour nous aujourd'hui. Il a permis à la bureaucratie de la machine impériale égyptienne de tourner. Avant le papyrus, l'homme avait utilisé toutes sortes de matériaux pour éterniser ses pensées, une oeuvre d'art ou un simple calcul. Les plus anciennes traces d'écriture connues se trouvent dans des grottes. Les tablettes en pierre ou en terre, puis les écorces et les feuilles sont aussi utilisées. Le papyrus les détrônera tous. Ses grands avantages sont son faible poids et sa flexibilité Les Egyptiens uniformisent la taille des rouleaux : une 'feuille' fait entre 29 à 33 centimètres de longueur et 22 cm de large. Les rouleaux peuvent atteindre vingt pages, soit 4,5 mètres de longueur.

La fabrication du papyrus n'a pratiquement pas changé. On utilise la 'peau' du roseau de papyrus qui pousse sur les bords du Nil. Les 'feuilles' ainsi obtenues sont placées l'une à coté de l'autre, sur une planche. Une deuxième couche est apposée en angle droit. Puis on presse et on bat cet enchevêtrement de 'feuilles' jusqu'à la rupture des tissus. La sève exsudant colle les deux couches ensemble. Enfin, La feuille est séchée au soleil. Pour qu'elle puisse servir à écrire, un dernier processus est nécessaire. Avec une pierre plate et polie, une seule face du papyrus est frottée. Sa surface devient ainsi lisse et utilisable.

Les scribes égyptiens utilisaient un calame, un roseau de 15 centimètres de longueur, pour écrire. Ils mordillaient une extrémité jusqu'à l'obtention d'une forme comparable à celle d'un pinceau d'aujourd'hui.
Au XXe siècle av. J.-C., l'Egypte commence le commerce du papyrus. Elle a un quasi-monopole car ce roseau ne pousse que sur les rives du Nil et en Syrie. Un vaste marché noir se met en place jusqu'à ce qu'au VIIe siècle, l'Egypte impose un embargo sur son papyrus. On met alors un nouveau matériau à jour : à partir d'une peau d'animal séchée, on tire le parchemin. Huit siècles plus tard, le papier remplacera définitivement le papyrus et le parchemin. Cai Lun, employé à la cour de Chine, invente le papier en 105 apr. J.-C.

Les papyrus enterrés et oubliés devront attendre le XVIIIe siècle pour se montrer à nouveau d'une richesse incomparable. Aux voleurs de tombeaux qui ne voyaient pas la valeur du papyrus, succèdent les archéologues, avides de comprendre l'ancienne Egypte. La plupart des papyrus sont découverts en Egypte et, grâce au climat sec, les rouleaux sont bien conservés, contrairement à ceux trouvés en Europe et en Asie. En 1778, un visiteur européen, dont le nom reste inconnu, achète le premier papyrus, daté de 191 apr. J-C. Mais il demande à ses serviteurs de brûler une cinquantaine de papyrus car il est friand de leur odeur. De 1820 à 1840, une grande quantité de papyrus en provenance de tout l'Egypte est acheté par les musées européens.

A la fin du XIXe siècle, les premières traductions éclairèrent enfin les égyptologues. Les papyrus contribuent énormément à la compréhension d'un monde fascinant. La 'papyrologie' est née. Les premiers égyptologues y cherchent des informations très générales mais découvrent petit à petit que ces documents donnent des informations sur la société égyptienne elle-même. Ils évoquent la maladie, les remèdes et donnent une vue approfondie de la langue et de l'écriture hiéroglyphe. Le papyrus aura aussi permis de mettre en place la bureaucratique et tout ce que ce nous n'aimons pas dans cette grosse et lourde machine !

Markus SCHILDER

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



REFERENCES

Sophie Kambitsis, Le Papyrus Thmouis I, Colonie 68-160, Publications de la Sorbonne, 1985


O. Weulersse, Le secret du papyrus, éd. Hachette Jeunesse, 1998


T. Bardinet, Les papyrus médicaux de l'Egypte pharaonique, éd. Fayard, 1995


Claude Orrieux, Les papyrus de Zénon : l'horizon d'un grec en Egypte au IIIe siècle av. J.-C., éd. Macula, 1983


Geneviève Husson, Oikia, le vocabulaire de la maison privée en Egypte, d'après les papyrus grecs, Publications de la Sorbonne, 1983


Hélène Cuvigny, Papyrus Graux II, éd. Droz