PACHA

 


Bichara Takla pacha fonda avec son frère le grand quotidien Al-Ahram
(Les pyramides), en 1875.
Il reçut le titre de pacha

"Heureux comme un pacha"...

Tout le monde connaît cette expression. Mais d'où vient-elle?

Pacha est un mot turc qui apparaît pour la première fois au XIIIe siècle. A l'origine, il désignait des personnalités religieuses jouant un rôle militaire chez les Seldjoukides, une dynastie turque qui régna du XIe au XIIIe siècle sur d'immenses territoires d'Asie centrale et d'Asie mineure. Un peu plus tard, sous l'Empire ottoman, il était réservé aux très hauts fonctionnaires, comme les gouverneurs de province ou les vizirs (ministres) du gouvernement du Sultan. Le territoire placé sous l'autorité d'un pacha était un pachalik.

Les pachas avaient droit, comme insigne de leur rang, à une lance ornée de trois queues de cheval. Un peu plus tard, d'autres fonctionnaires reçurent à leur tour le titre de pacha mais ils n'avaient droit, selon leur rang, qu'à une ou deux queues de cheval. Après la chute de l'Empire ottoman et la proclamation de la République turque (1923), le titre ne fut conservé que pour les officiers supérieurs de l'armée avant d'être définitivement supprimé en 1934.

L'Egypte ayant été très longtemps dominée par les Turcs ottomans, le mot pacha est entré dans le dialecte arabe égyptien. Mais même après le départ des Turcs en 1914 et la disparition des pachas, les Egyptiens ont continué à utiliser le mot pour s'adresser à des personnes ayant de l'autorité ou du pouvoir, comme les officiers de police par exemple.

De nos jours en Egypte, le mot pacha -on prononce "bacha" en arabe- est employé avec ironie, un peu comme "monseigneur" en français, ou encore pour héler quelqu'un dont on ne connaît pas le nom, comme on dirait "hé, vous là-bas!". Par ailleurs, dans l'argot de la marine, on appelle "pacha" le commandant d'un bateau de guerre.

Safia ALLAG