QUOI?
Les
musées servent à conserver dans de bonnes conditions les oeuvres
d'art, curiosités, spécimens, objets rares, anciens ou précieux,
et à les présenter au public de façon attrayante. Toute la difficulté
consiste à en faire des lieux vivants plutôt que des cimetières
QUI?
Tout
le monde peut aller au musée. Peu de villes, grandes ou petites,
en sont totalement dépourvues. On peut aussi en visiter certains
de façon virtuelle, grâce à Internet ou aux CD-Roms. C'est le
cas du Louvre, par exemple.
QUAND?
Au
sens actuel du mot, les musées
sont un concept de création récente. Ils n'ont plus grand chose
à voir avec le fameux Mouséion d'Alexandrie, fondé par
le roi Ptolémée 1er (323-283 av. J.-C.) pour permettre aux savants
et aux gens de lettre de se retrouver.
OÙ?
Paris,
New York, Le Caire, Rome ou Athènes : toutes les grandes villes
du monde possèdent leurs musées. Outre les curiosités qu'ils
abritent, ces lieux prestigieux sont souvent remarquables pour
leur architecture et leur aménagement intérieur.
COMMENT?
Grâce
à un ensemble de techniques (muséographie, muséologie), les professionnels
s'efforcent de capter l'attention du public et de
rendre les musées instructifs et agréables à visiter. Tout le
monde n'est pourtant pas forcément très attentif en les
parcourant.
POURQUOI?
Pendant
très longtemps, l'idée même d'exposer des oeuvres
d'art dans un lieu public uniquement réservé à cette activité
n'a pas effleuré grand monde. Aujourd'hui, la conservation
du patrimoine est considérée comme un devoir pour l'humanité.
Les
trésors de l'humanité
Imagine-t-on
la Joconde exposée au fond d'une caverne ? Pourtant, à l'origine,
le mot musée vient du grec mouseion, qui signifie la grotte.
Non pas un gouffre lugubre et inquiétant, repaire de bêtes sauvages
ou abri de fortune, mais un lieu consacré aux muses, déesses de
l'inspiration et de la connaissance. D'abord cavité naturelle,
le mouseion est ensuite devenu un édifice en bonne et due
forme.
Le plus illustre des musées se trouvait à Alexandrie. Il est l'oeuvre
de Ptolémée 1er, devenu roi d'Egypte après trente ans au service
d'Alexandre le Grand comme général. Le pharaon l'a créé à l'intérieur
même de son palais. Il s'agissait d'une sorte de vaste centre
culturel où les hommes de lettres et les savants venaient échanger
des idées. Aux frais de l'Etat, ils pouvaient s'adonner à leur
passion. Tout était fait pour que leur confort soit total : salles
de travail spécialement aménagées, jardins bien entretenus pour
déambuler tout en discutant, observatoire, bibliothèque et même
un petit parc zoologique.
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Musée gréco-romain d'Alexandrie
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Un musée en plein air
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Avec le Mouseion d'Alexandrie,
on est bien loin de l'acception moderne du mot musée. Jusqu'au
milieu du XVIIIème siècle, le mot a continué de désigner les sociétés
savantes antiques. C'est d'abord sous sa forme latine, museum,
qu'il a servi à nommer un lieu d'exposition. En 1759, par exemple,
les collections scientifiques et artistiques léguées au parlement
par un célèbre médecin, Sir Hans Sloane, sont exposées à Londres.
C'est la naissance du British Museum. En France, étudiants et
artistes sont admis à visiter une partie des collections royales
du Palais du Louvre à partir de 1750. C'est en 1793, pendant la
Révolution, que l'édifice est rebaptisé Muséum central des Arts.
Comment beaucoup d'oeuvres d'art et d'objets précieux ont-ils
pu être conservés pendant si longtemps sans qu'il existe de musées
? Les sépultures ont longtemps constitué un endroit privilégié
pour le stockage... à très long terme. Les riches Egyptiens, par
exemple, ne concevaient pas de partir pour l'au-delà sans emporter
de quoi remplir quelques étagères. Les Grecs et les Romains exposaient
volontiers des sculptures et des objets religieux à proximité
de leurs temples. Les trésors pris à l'ennemi étaient étalés aux
yeux des passants pour les impressionner. Les Romains avaient
également un petit faible pour la copie de ce qui leur plaisait
chez les Grecs.
Pendant la Renaissance italienne, à partir de la fin du XVe siècle,
les princes et les papes ont constitué d'immenses collections
privées. Elles étaient rarement organisées de façon méthodique
et seules les personnes autorisées pouvaient en admirer les trésors.
C'est seulement lorsque ces collections ont été nationalisées
qu'elles ont pu entrer dans le patrimoine public. Depuis le début
du XXe siècle, la création de fondations a malgré tout permis
à de nombreuses collections particulières d'être présentées dans
des musées eux aussi privés, en particulier aux Etats-Unis. Quant
aux objets de la vie quotidienne, ils ont désormais droit de cité
depuis quelques décennies grâce à la création de musées des arts
et traditions populaires.
Les musées sont-il la solution idéale pour faire connaître les
richesses de l'humanité ? La question mérite d'être posée. D'abord
parce que l'art est, par définition, une chose vivante qui supporte
assez mal d'être enfermé dans une boite, aussi belle soit-elle.
Ensuite parce que l'affluence qui submerge souvent certains musées
très en vue a de quoi dissuader les amateurs de flâneries solitaires.
Enfin parce que la constitution de certaines collections s'est
parfois accompagnée de véritables pillages dans les patrimoines
nationaux d'autres pays. Des polémiques
apparaissent ainsi à intervalles régulier. C'est le cas, par exemple,
des fameuses frises du Parthénon exposées à Londres et revendiquées
par la Grèce qui considère en être le seul propriétaire historique
légitime.