QUOI
?
Il fait
partie de la structure architecturale de la mosquée. De l'arabe
manara, " phare ", par le turc menât (XVIIe siècle), " tour de
mosquée " du haut de laquelle le muezzin (mu'adhin) faisait les
cinq appels à la prière par jour...
QUAND
?
De la
fin du premier siècle de l'Hégire (VIIe siècle) jusqu'à présent.
OÙ
?
Dans
les pays de l'islam.
POURUOI
?
Il symbolise
la mosquée et témoigne la victoire de l'islam.
Symbole
de la grandeur de l'Islam
Il existe une variété de termes
utilisés en arabe avec des connotations particulières :
- manâra : "phare
et tour-vigie pourvu ou non d'un feu allumé",
- sawma'a : "cellule d'ermites",
- ma'dhana : lieu d'où est lancé l'appel à la prière ou adhan.
Le mot français remonte à un terme turc tardif (XVIIe siècle)
menâr et dérivé de manâra qui fut employé du temps de l'Empire
ottoman sans aucune ambiguïté : les minarets ainsi dénommés servaient
à lancer l'adhan.
On admet généralement, que
la première mosquée qui ait été ornée de minarets est celle que
le calife Walid fit édifier à Damas, en 705. Mais c'est au XIIIe
siècle, que les minarets reçoivent définitivement leurs lettres
de noblesse et leur justification fonctionnelle. On ne concevait
plus dès lors de grande-mosquée, sans que le minaret y eût sa
place comme symbole de la grandeur de l'islam et témoignant de
" la victoire de l'islam ".
Le voyageur le remarque parfois de très loin en raison de sa forme
et surtout de sa hauteur. Dans les pays de déserts on le compare
à un phare qui guide les caravanes pour rejoindre l'oasis semblable
à un port. Dans les paysages de déserts, de campagne, de montagnes
et urbains, il est le véritable " point d'appel " qui le différencie
de tous les autres éléments.
Les minarets sont une constante
de presque toutes les mosquées construites ultérieurement ; ils
sont ronds, carrés, en spirale ou octogonaux, et peuvent êtres
petits et massifs ou bien hauts et sveltes.
Quelques minarets sont construits en pierre, mais la plupart sont
en briques revêtues de stuc. Leur forme, leur hauteur, leur décor
et leur place même varient selon les régions, les époques et les
matériaux disponibles sur les lieux de construction.
Ainsi, trois types de minarets
caractérisent les trois grandes aires du monde musulman :
Le minaret carré, parti
de Syrie, domine d'abord l'Orient méditerranéen, puis gagne l'Occident
: nous le trouvons à Cordoue et à la Giralda de Séville Ð et se
multiplie au Maghreb. Ces minarets carrés, comportent plusieurs
étages de salles superposées. Celles-ci sont ornées par des fenêtres
d'un décor géométrique et en relief qui crée, à l'intérieur, des
jeux d'ombre et de lumière.
Le minaret à fût cylindrique
connaît, par contre, une grande expansion dans l'Orient musulman
dès le XIe siècle, avec les conquêtes seldjoukides. L'imagination
et le talent des architectes s'expriment par des variantes à la
base, au pied du fût, à la galerie et au sommet, mais il n'y a
aucun logement ni étage dans le fût où s'enroule, autour d'un
noyau central, un escalier en colimaçon menant jusqu'au sommet.

Le minaret oriental
est construit en brique, parfois vernissée permettant de composer
de larges registres décoratifs (minaret de Kalyan, à Bukhara,
XIIe siècle.). Né en Iran et en Turkestan, le fût cylindrique
gagne l'Inde : on trouve ainsi à Delhi le prestigieux Qutb Minar
(XIIIe siècle). Vers l'Ouest, il y en aura en Djézireh au XIIe
siècle. C'est surtout en Anatolie que le type cylindrique conna"tra
une fortune remarquable, de Konyà (Ince Minareli, XIIIe siècle),
à Istanbul (Sultan Ahmet au XVIIIe siècle).
Le minaret à fût polygonal,
à l'image de la tour de Ghazna, comme ceux de la madrasa Timouride
de Bibi Hanum à Samarquand (début XVe siècle.), constitue une
variante du minaret cylindrique. Le Caire avec ses mosquées de
toutes les époques, offre une grande variété de formes. Le plus
ancien minaret, celui de la mosquée d'Ibn Tulun (fin IXe siècle),
imite la Malwiya de Samarra. Le véritable ancêtre des minarets
du Caire est le minaret sud de la mosquée d'al-Hakim (Xe siècle)
; sa base, en tronc de pyramide est inspirée par le phare d'Alexandrie
qui déjà, au VIIIe siècle, avait servi de modèle au minaret de
Sidi-Okba à Kairouan. Le nombre de minarets n'est pas fixé non
plus : à l'origine, il n'était édifié qu'un seul minaret par mosquée,
puis, le constructeur en a érigé plusieurs. Les raisons tiennent
de l'esthétique, de la symétrie, de la volonté de ponctuer un
élément fort et même de la stabilité de l'ouvrage. Seule la mosquée
de la Mecque pouvait avoir six minarets, et quand les Ottomans
en ont donné six à la mosquée Bleue d'Istanbul, il a fallu en
construire un septième à la Mecque. Cependant, l'appel à la prière
n'est fait que d'un seul minaret.
Souad
Bakalti