LA MECQUE

 

La foule des pélerins
tourne autour de la Kaaba

 



REFERENCES
:


• Georges PEYRONNET: “L'islam et la civilisation islamique VII-XIIIème siécles”, Paris: Edition Armand Collin.


• André MIQUEL: “L'islam et sa civilisation”, Paris: Edition Armand Collin.


• Dominique SOURDEL: “L'islam”, QSJ n°355.


• D. et J. SOURDEL: “La civilisation de l'islam classique”, Arthaud.

 

QUI?

Le prophète Mahomet est né à La Mecque (Mekke), plus haut lieu saint de l'Islam, vers lequel se tournent tous les croyants musulmans au moment de leurs prières.

OÙ?

Au coeur de l'Arabie Saoudite, à 80 km de la mer Rouge.

QUOI?

Lieu du grand pèlerinage ("hadj", en arabe) pour des millions de Musulmans chaque année.

 

La Mecque, saint des saints de l'Islam

Au coeur de l'Arabie Saoudite, à 80 km de la mer Rouge, dans un cercle de montagnes dessèchées au centre de la chaîne du Hedjaz et à mi-chemin de la Syrie et du Yémen, se trouve le plus haut lieu saint de la religion islamique: la Mecque. Vers elle se tourne chaque croyant musulman pour prier, où qu’il se trouve dans le monde. Un pèlerinage (hadj) y est recommandé à tout Croyant, au moins une fois dans sa vie s'il en a les moyens. Ce voyage fait partie des "cinq piliers de l'islam", avec la profession de foi ( littéralement: “Il n’y a pas de divinité autre que Dieu et Mahomet est son prophète”), la prière, le jeûne et le zakat (aumône).

L'Arabie Saoudite a contingenté l'afflux des pèlerins en fixant un quota très strict de 1000 pèlerins par million d'habitants pour chaque pays. Malgré cela le nombre annuel des fidèles est passé, de 25000 en 1932, l’année de la fondation du royaume, à plus de deux millions aujourd’hui.

Cité marchande durant la période antéislamique dite pour les Croyants "djâhiliya" (c'est-à-dire : ignorance, barbarie), La Mecque était une grande oasis à la croisée d'un important carrefour d’échanges commerciaux. Au 7e siècle, la région était peuplée de tribus arabes, chacune d'elles descendantes d'un seul ancêtre mythique. Pratiquant la loi du talion (code de punition des coupables sur le mode:“oeil pour oeil, dent pour dent”), ces tribus croyaient que le monde était peuplé d'esprits invisibles et puissants, les “djenoun” (djinns). Ils rendaient un culte à des pierres levées habitées par une divinité. La plus célèbre, la Pierre Noire de la Mecque, était encerclée dans un angle de la Kaaba, bâtiment en bois de 12 m de côté qui contenait également des statues de 4 divinités et de 3610 génies. Cette Pierre Noire était l'objet du pèlerinage le plus important d'Arabie qui coïncidait avec les grandes foires marchandes.

C'est là qu'est né, vers 570 après J.-C., le prophète Muhammad (Mahomet), "le loué". C'est là aussi qu'il reçut une première visite de l'archange Gabriel qui lui fit comprendre qu'il avait été élu par Allah pour transmettre aux hommes les révélations de Dieu. Comme il affirmait que le but de la vie n’était pas de s'enrichir mais de prier et de faire l’aumône, remettant en cause les traditions religieuses et le mode vie de la population mecquoise, il rencontra une hostilité croissante.


Rejeté, il quitta La Mecque pour Médine et prit la tête d'un mouvement religieux qui ira s'amplifiant. Les prières étaient alors, comme dans la religion juive, tournées vers Jérusalem. Mais très vite, le sanctuaire de La Mecque deviendra le point vers lequel les Croyants d'Allah, tous les musulmans, devront se tourner: la "qibla" ( en arabe, “le point, la direction”). C'est, selon l'enseignement coranique, Ismaël, le second fils d'Abraham, qui aurait bâti la Kaaba pour y placer la Pierre Noire apportée par l'archange Gabriel.


Le rituel

Au cours de leur pèlerinage, les fidèles musulmans doivent accomplir une série de rites précis à La Mecque et ses environs. Dès son arrivée, le pèlerin doit effectuer sept tours de la Kaaba. Il doit ensuite parcourir sept fois la distance séparant deux monticules proches, pour commémorer la course éperdue en quête d'eau de Hagar, épouse d'Ibrahim (Abraham) pour son fils Ismaël.

Ces rites achevés, le pèlerinage commence véritablement. Les fidèles se rendent en masse à Mina, à proximité immédiate de la Mecque, dans une vallée entourée de montagnes arides. Elle est inhabitée, comme les deux autres sanctuaires, Mouzdalifa et Arafat, situés à 12 et 25 km au sud. Les fidèles passent la nuit à Mina dans des camps de toile et se rendent ensuite à Arafat. Leur ascension sur le mont de la Miséricorde (Jabal al-Rahma) est le temps fort du Hadj. Tout de blanc vêtus, symbole de l'union et de l’égalité de tous les Musulmans, les pèlerins implorent le pardon de Dieu et leur attente, en haut de cette colline, symbolise le Jugement Dernier. Selon une tradition, Arafat serait le lieu où se retrouvèrent Adam et Eve après avoir été chassés du paradis.

De retour à La Mecque, les pèlerins s’arrêtent une nouvelle fois à Mina. Ils y sacrifient un animal, généralement un mouton, en souvenir d'Abraham qui faillit immoler son fils sur ordre de Dieu. Ils doivent également lapider Satan représenté ici par trois stèles. Selon la tradition en effet, c'est en ces lieux que Satan surgit à trois reprises, d'abord devant Abraham, puis devant Hagar et ensuite Ismaël. Pour lui signifier leur mépris, Abraham et sa famille lui lancèrent chaque fois sept cailloux.

L'ensemble de ce territoire est “haram” (sacrilège) pour les non-musulmans qui n’y ont donc pas droit d’accès.

Audrey APFELDORFER