MANGUE

REFERENCE

Le manguier, Technologies agricoles et fruits tropicaux,
F. de Laroussilhe, éditions Maisonneuve et Larose, 1979.


Revue Fruitrop : n°37- juin 1997 ; n°44 - février 1998 :
Dossier du mois : la mangue ; et n°48, juin 1998.


Plantes médicinales du Sahel, D. Fortin, M. Lô, éditios Céci,
Montréal-Dakar, 1989


Les plantes médicinales des Mayas K'itché du Guatemala,
J.-P. Nicolas, Ibis Press, Paris, 1999.


SUR LE NET

Site du CIRAD

Centre de la coopération Internationale
en Recherches Agronomiques pour le Développement

QUOI?
La mangue, deuxième fruit tropical mondial après la banane.

QUAND?
Le fruit existe depuis 4000 ans.

QUI?
Ses consommateurs sont en premier lieu les pays producteurs.

OÙ?
On le retrouve sur les continents asiatique, africain et américain.

COMMENT?
Ses vertus sont essentiellement nutritives et curatives.

La mangue

Tout le monde connaît ce fruit dont la peau varie du jaune-vert au rouge-jaune, et dont la chair jaune dorée ou orange est juteuse et fondante. Et pour cause: la mangue est produite sur tous les continents aux climats tropicaux (l'Asie, l'Amérique et l'Afrique), ses espèces sont très nombreuses (on en compte plus de 500 dans la seule région de Bombay en Inde !), ses producteurs multiples (70 pays recensés) ... au point où il n'est, en février excepté, pas une période de l'année sur le globe terrestre sans mangue.

C'est le deuxième fruit tropical mondial derrière la banane: la FAO, l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture, estime à près de 22 millions de tonnes en 1997 sa production. Mais le plus spectaculaire est l'ampleur de sa croissance: 50 % en l'espace de 20 ans ! Exemple unique, ce fruit tropical n'est pas produit pour les seuls besoins de l'exportation, mais qui jouit d'un important marché régional au Moyen-Orient (46 000 tonnes importées chaque année dans le seul Golfe arabo-persique) et en Asie (38 000 tonnes à Hong-Kong par an). Quant aux importations de l'Amérique du Nord, de l'Asie et de l'Europe, elles doublent tous les cinq ans environ

La mangue est cultivé depuis plus de 4000 ans mais ses derniers pays producteurs ne l'ont connu qu'à la première moitié de notre siècle. Les témoignages les plus anciens de son existence remontent à des écrits en sanskrit - sauvage ou cultivée, son milieu originel est la mousson indo-birmane. Elle tient d'ailleurs un rôle important dans cette région et y apparaît dans les fêtes religieuses, les sculptures anciennes et la littérature. Et nombreux furent les voyageurs qui la découvrirent en Inde : Alexandre le Grand aurait vu un verger de manguiers en 327 av. J.-C., et plus tard, Ibn Battûta (14e siècle), Nicolo Conti (15e siècle), ou les empereurs mongols (16-17e siècles).

Elle vogue

Sa dispersion dans le monde a été amorcée par les commerçants, navigateurs et missionnaires bouddhistes dans les pays voisins du Sud-Est asiatique entre le 4e et le 5e siècle av. J.-C.
Mais dès le 10e siècle, les Arabes l'introduisent sur la côte Est de l'Afrique dans l'actuelle Mozambique, puis dans les ports de l'Océan Indien où ils s'étaient installés, à Madagascar, au 15e siècle dans l'Océan Pacifique, aux Philippines et enfin au Yémen au 18e siècle. En Egypte, le manguier est importé en 1925.

  Comme les migrants indiens, les Portugais l'introduisent de nouveau sur les côtes Est de l'Afrique mais aussi à l'Ouest, dans leurs possessions insulaires et jusqu'au Brésil au 16e siècle.

La mangue vogue, et la Jamaïque doit ses premiers plants aux semences trouvées sur un bateau français pris en 1782 par les Anglais, comme le Mexique doit les siens aux arbres venus des Antilles et des Philippines via les galions espagnols.
Quant à la Floride, elle a expérimenté plusieurs variétés dès la fin du 19e siècle.

La mangue doit aussi son succè à ses nombreuses qualités. L'arbre s'adapte très bien aux climats marqués par une sécheresse prolongée: son enracinement très profond et très étendu absorbe l'eau des couches inférieures du sol et les éléments nutritifs des couches supérieures.

Les fruits apportent un aliment riche en eau, en glucides et en divers éléments dont les vitamines A, B et C. En Inde, l'amande, pilée et réduite en bouillie est fréquemment utilisée comme plat principal nutritif et nourrissant chez les plus pauvres. Les autres préparent des " chutneys " et des " pickles " qui sont consommés aujourd'hui sur de nombreux territoires anglophones.

Les médicamentations traditionnelles des Comores prescrivent la décoction des feuilles pour soigner la fièvre. L'écorce du tronc, elle, servirait à soigner les plaies de la bouche. Au Mali, les praticiens traditionnels bambara préconisent pour le traitement de la maladie du sommeil la décoction des feuilles tendres qui, au Guatemala, est utilisée par les Mayas K'itché contre les diarrhées. Les jeunes feuilles peuvent encore être utilisées comme fourrage pour le bétail... et les fleurs pour des cérémonies religieuses.

La mangue a été choisie par des populations diversifiées. Le développement et l'amélioration de ses conditions de transport maritime ont permis de doper sa production. Reste, devant cet essor toujours croissant, à veiller sur le professionnalisme des différents intervenants de la chaîne des multiples pays exportateurs.

Florence CARRIQUE-ALLAIRE