QUI?
Le Caire,
capitale de l'Egypte, est la plus grande métropole d'Afrique et
du monde arabe avec près de 14 millions d'habitants. Près d'un
Egyptien sur quatre y habite. La plupart sont musulmans mais il
existe une minorité chrétienne: les Coptes, qui descendent des
anciens Egyptiens.
QUOI?
Ville splendide,
grouillante, attachante, elle abrite les plus beaux exemples d'art
islamique du monde ainsi qu'un vieux quartier copte, avec de remarquables
églises byzantines datant des premiers siècles de la chrétienté.
Des millions de touristes visitent chaque année le merveilleux
Musée du Caire et, bien sûr, le Grand Sphynx et les Pyramides.
QUAND?
La première
ville s'appelait Memphis. Elle fut la capitale de l'Ancien Empire
pharaonique. Du 1er au 7e siècle après Jésus-Christ, la ville
devint chrétienne sous le nom de Babylone. En 641 enfin, elle
fut rebaptisée Fostat et devint arabe et musulmane. Au 10e siècle,
elle prit le nom d'Al-Qahira ("la Victorieuse"). En français:
Le Caire.
OÙ?
Dans le
désert occidental, près de la frontière lybienne, à 302 km au
sud-ouest de la ville maritime Marsa Matrouh et à 593 km d'Alexandrie.
COMMENT?
Le Caire
connaît tous les problèmes des très grandes villes des pays en
voie de développement: surpopulation, crise du logement, embouteillages
géants, pollution...Sauf un: la criminalité y est très basse.
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Pyramides
de Gézé |
Le
Caire
Le
Caire est la capitale de l'Egypte. La ville seule compte plus
de dix millions d'habitants, Le Caire et sa banlieue plus de 14
millions. C'est la plus grande métropole d'Afrique et du monde
arabe.
La ville, située sur le Nil, à 25 km en amont du delta, a toujours
existé. Au fil des siècles, elle s'est déplacée de quelques kilomètres,
suivant les mouvements de la tête du delta et le cours du fleuve,
position qui permettait de surveiller les allers et venues entre
la Haute et la Basse-Egypte.
Bien sûr, elle ne s'est pas toujours appelée Le Caire. Elle ne
porte en effet ce nom -El Qahira, en arabe- que depuis sa conquête
par les Fatimides, des Berbères musulmans chiites venus du Maghreb,
en 969. La première ville, capitale de l'Ancien Empire pharaonique,
s'appelait -en grec- Memphis. A Memphis, succéda la ville chrétienne,
romaine puis byzantine, de Babylone, non loin de laquelle le général
arabe Amr édifia le camp militaire de Fostat, en 641, lors de
la conquête et de l'islamisation de l'Egypte. Fostat forme aujourd'hui
le Vieux Caire. Les dynasties musulmanes suivantes, les Abbassides
et les Toulounides, fondèrent ensuite Al-Askar (750) et d'Al-Qataï
(868) avant que la ville, agrandie, ne prenne enfin le nom d'Al-Qahira
(la Victorieuse). Fostat et el-Qahira seront unifiées et réunies
dans une seule enceinte, gardée par une citadelle, par le monarque
ayyoubide Salah ed-Dîn (le célèbre Saladin) en 1173.
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Mosquée
Méhémet Ali, dans la Citadelle |
Le Caire est le coeur religieux,
universitaire et culturel du monde arabo-islamique. Témoin, entre
autres, de ce rayonnement, l'université-mosquée d'Al-Azhar, la
plus ancienne université du monde, créée en 973 par les Fatimides,
qui forma de nombreux cadres, hommes politiques et penseurs musulmans.
Sur le plan culturel, et malgré la censure, Le Caire est, avec
Beyrouth, le premier éditeur du monde arabe. Ses écrivains (dont
le prix Nobel de littérature Naguib Mahfouz), ses chanteurs et
ses musiciens, dont la grande Oum-Koulthoum, ont une aura et une
influence qui dépassent largement le seul monde arabe. Le Caire
est aussi la capitale du cinéma arabe, avec une production nettement
supérieure à celle d'Hollywood et que seule l'Inde dépasse.
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Le
Sphinx ensablé au début du siècle |
Ses trésors archéologiques,
historiques et architecturaux, mais aussi la bonne humeur et l'hospitalité
des Cairotes, attirent chaque année des millions de touristes.
Citons notamment le Vieux Caire, la citadelle, le quartier copte
et ses églises byzantines, les mosquées et les mausolées de toutes
les époques islamiques, les caravansérails, les fontaines, le
fabuleux musée égyptien, fondé par l'archéologue français Auguste
Mariette en 1857, qui abrite la première collection égyptologique
du monde avec 100.000 objets exposés (davantage encore dans les
réserves), les souks de Khan el-Khalili, les Pyramides (la seule
des Sept Merveilles du monde antique encore debout, Patrimoine
mondial de l'UNESCO), le grand sphynx, le Nilomètre (construit
en 715), etc.
Le Caire est le principal centre industriel de l'Egypte -avec,
revers de la médaille, de graves problèmes de pollution de l'air
et de l'eau: 45% des usines et des établissements industriels
(sidérurgie, agro-alimentaire, textile...), la moitié des activités
commerciales y sont concentrés.
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Le
Caire s'étend de part et d'autre du Nil |
Restée longtemps relativement
éloignée du Nil -sur les bords duquel se trouvait le port de Boulaq-,
la ville s'en est rapprochée à partir du 19è siècle par l'édification
de quartiers neufs qui constituent aujourd'hui le centre des affaires
et le secteur résidentiel aisé de la rive droite du fleuve. Au
20è siècle, la ville s'est étendue dans toutes les directions
et de nouveaux quartiers ont vu le jour sur la rive gauche, où
vivent aujourd'hui plus de 4,5 millions de personnes (Héliopolis,
notamment, fondée en plein désert en 1906, ou Medinet Nasr), puis
sur le Moqattam, la colline de calcaire blanc qui domine Le Caire
à l'Est, au-delà d'une ceinture de cimetières qui entravait jusqu'alors
l'extension de la ville.
Dans le même temps, les quartiers du centre, trop chers, trop
difficiles à rénover, se sont dépeuplés, au profit, notamment,
de quartiers et de bidonvilles illégalement érigés. La ville s'étend
aujourd'hui sur des distances considérables -le quartier d'Hélouan
se trouve ainsi à 30km au sud du centre du Caire- avec les problèmes
inhérents de ravitaillement, de ramassage des ordures, de collecte
des eaux usées, de transport et, partant, d'embouteillages monstres.
Deux lignes de métro toutefois, construites par un consortium
français en 1987 et 1996, relient aujourd'hui la banlieue de Choubra
Al-Khaïma, au nord, à celles de Guizeh, au sud-ouest et d'Hélouan,
au sud. Deux autres sont en construction actuellement. Le Caire
est ainsi la première ville d'Afrique à disposer d'un métro.
Le problème numéro un du Caire, cependant, est l'espace et donc
le logement. Au fil des siècles, la ville et ses faubourgs ont
toujours abrité un quart de la population égyptienne environ.
En dépit des apparences, c'est encore le cas aujourd'hui: la ville
n'a jamais été aussi peuplée parce que l'Egypte ne l'a jamais
été autant. Mais l'habitat n'a pas suivi cet essor. La densité
de la population du Caire est une des plus élevées du monde avec,
en moyenne, 50.000 habitants par kilomètre carré. Dans certains
quartiers populaires (Choubra) la densité atteint 250.000 habitants
au kilomètre carré contre 20 et 9, respectivement, dans les quartiers
chics de Maadi et de Zamalek.
En moyenne, le taux d'occupation est de 2,3 personnes par pièce,
mais il peut atteindre 11 personnes par pièce dans certains quartiers
du centre (Sayyeda Zeinab). Pourtant, on compte plus de 600.000
logements vides. Explication: une loi datant de 1944 limite la
hausse des loyers à des niveaux si bas que les propriétaires refusent
de louer et d'entretenir les immeubles. Ces derniers deviennent
alors inhabitables et s'ils sont malgré tout habités, ils font
courir à leurs occupants de réels risques d'effondrement (plusieurs
dizaines de morts par an).
Certains locataires ne payent que l'équivalent de quelques dizaines
de francs français par mois pour de vastes appartements dans les
plus beaux quartiers. D'autres, moins favorisés, ont trouvé refuge
dans les anciens cimetières mamelouks, les fameuses "cités des
morts", souvent moins inconfortables qu'il n'y paraît. Selon les
estimations, de 250.000 à un million de Cairotes vivraient ainsi
parmi les mausolées. Les appartements proposés en première location
sont hors de prix pour les salaires moyens égyptiens. Beaucoup
de jeunes Cairotes, ne parvenant pas à se loger, renoncent du
même coup à se marier et à fonder une famille.
En dépit des mille et un problèmes urbains du Caire, de la pauvreté
d'une grande partie de sa population, d'une vie quotidienne difficile
et de quelques récents attentats menés par des opposants islamistes
violents, la criminalité est très basse pour une métropole de
cette importance: moins de 300 meurtres par an, moins de 2000
cambriolages, quelques centaines de voitures volées, moins de
dix viols déclarés. Le tissu social et les diverses solidarités
sont encore solides malgré l'urbanisation.