QUAND?
En France,
depuis La Gazette de Théophraste Renaudot, en 1631 mais
dans le monde, depuis 1605 en Belgique-Pays Bas, avec Nieuwe
Tijdinghe (en français et flamand). En Egypte, depuis Le
Courrier de l'Egypte de Bonaparte, en 1798. En Turquie, depuis
La Gazette française de Constantinople, en 1796. En Algérie,
depuis L'Estafette d'Alger, en 1830. Au Liban, depuis Le
Journal du Mont-Liban en 1840. Au Québec (Canada), depuis
La Gazette du Québec / The Quebec Gazette, en 1764...
QUOI?
Informer
OÙ?
Partout
dans le monde où est respectée la liberté de la presse
COMMENT?
Par le
biais de journaux, de radios et de télévisions, et désormais de
l'internet
Témoin
des événements dans le monde
Celui-ci
reste dans un bureau toute la journée à relire et à réécrire les
articles de ses collègues. Celui-là évite les balles pour prendre
les meilleures photographies de la guerre qui se détoule sous
ses yeux. Une autre va interroger le maire de sa ville avec un
micro et un magnétophone. Un autre encore rencontre devant les
caméras une vedette de cinéma à l'occasion de la sortie d'un film.
Leurs journées ne se ressemblent pas, mais tous sont journalistes.
Secrétaire de rédaction, reporter, photographe, journaliste reporter
d'images pour la télévision, dessinateur de presse, journaliste
radio... Il n'existe pas un, mais des dizaines de métier de journaliste.

Un journaliste a pour
fonction de porter la bonne information, au bon moment, à son
lecteur, auditeur ou spectateur. Qu'il travaille en agence, dans
un organe de presse quotidien, hebdomadaire, ou mensuel, d'information
générale ou spécialisée, le journaliste doit être au fait de l'actualité.
Les qualités d'un journaliste: la rigueur, la précision, la curiosité,
la rapidité, l'audace.
Profession et formation
Les supports de la presse
sont appelés médias, qui vient du latin medium (pluriel
media), et s'écrit en français média au singulier,
médias au pluriel. Le mot, qui est arrivé en français en
passant par l'anglais mass media, signifie au milieu
en latin. Un journaliste se place au milieu, entre une réalité
et ceux qu'elle intéresse, il est le relais de l'information.
Quand au mot "journaliste", il apparaît pour la première fois
au 18e siècle dans un hebdomadaire sérieux : Le journal de
Trévoux, dans un sens plus positif que les mots "nouvelliste"
ou "gazetier" utilisés jusqu'alors. Mais le mot "journal" est
apparu presque un demi-siècle auparavant dans une revue qui eu
beaucoup de succès et que beaucoup copièrent : Le Journal des
savants. Le mot "journal" est construit avec le mot "jour"
car le journaliste suit l'actualité au jour le jour. Ses fonctions:
aller recueillir les informations, choisir les plus pertinentes,
les classer selon leur importance (les hiérarchiser), et les restituer
ordonnées afin que ceux à qui elles s'adressent puissent les comprendre
et les apprécier.
Nulle formation n'est obligatoire pour exercer ce métier dans
la plupart des pays et notamment en France. Une petite minorité
(15%) des journalistes qui travaillent actuellement dans l'Hexagone
ont fait une école spécialisée. Néanmoins, le taux de diplômés
tend logiquement à croître: bien formés, ces jeunes journalistes
répondent plus rapidement aux exigences du métier et de leurs
employeurs.
L'essor de la presse magazine en France a favorisé la précarisation
de la profession. Un nombre croissant de jeunes journalistes travaillent
à la pige: ils ne reçoivent pas de salaire régulier et sont payés
selon le travail qu'ils fournissent (au "feuillet"). Ces pigistes
collaborent en général à plusieurs publications, stations radio
ou chaînes de télévision afin de gagner suffisamment d'argent
pour vivre. En plus des trois médias traditionnels (presse écrite,
radio et télévision), apparaît un nouveau support qui intéresse
en premier lieu les jeunes journalistes: l'internet, qui allie
l'instantanéité de l'audiovisuel et les possibilités d'archivage
de la presse écrite.
Ni anges ni démons
Sans liberté de la presse,
nulle démocratie n'est possible. En 1999, 33 journalistes dans
le monde ont été tués dans l'exercice de leur métier, et 80 sont
actuellement emprisonnés pour délit d'opinion. Par leurs prises
de position, et surtout par leurs enquêtes d'investigation, les
journalistes forment un contrepoids indispensable face aux pouvoirs
politique et économique. Intellectuels engagés et brillants pour
certains, beaucoup de journalistes ne se cantonnent pas dans leur
rôle de rapporteur ou de commentateur de l'actualité. Ainsi, au
Liban, Charles Hélou a été journaliste et directeur de journal
avant de devenir président de la République; même chose avec le
Tunisien Habib Bourguiba. En France, de nombreux écrivains comme
Chateaubriand ou Émille Zola, et de grands hommes politiques,
comme Jean Jaurès ou Georges Clémenceau ont contribué à donner
ses lettres de noblesse au journalisme, en intervenant avec force
dans le débat démocratique à travers les journaux.
Journalistes d'investigation et grands reporters façonnent l'imaginaire
collectif sur cette profession: l'un justicier utilisant des méthodes
policières, l'autre grand voyageur avide d'exotique, ils ont donné
naissance à des héros comme Rouletabille en France, Tintin et
milou en Belgique ou... Omar-Le-Chéri en Egypte. En revanche,
si le métier de journaliste fait toujours rêver les enfants, les
lecteurs, auditeurs ou spectateurs croient de moins en moins les
professionnels de l'information: à peine la moitié des Français
leur fait confiance, et seulement un tiers estime que les journalistes
sont indépendants du pouvoir politique. Entre l'image d'Épinal
idéalisante et le désastreux exemple de (rares) journalistes corrompus
et manipulateurs, la réalité du métier de journaliste oscille.
Elle est le plus souvent ailleurs.