QUOI
?
Le terme
provient de l'italien " graffito " qui signifie " égratigner ".
Graffiti désigne tout d'abord les inscriptions formelles trouvées
sur les murs et les monuments antiques. Aujourd'hui, il englobe
tout dessin, toute inscription non officielle se trouvant sur
une surface architecturale ou autre dont la fonction principale
se distingue de celle des supports habituellement employés pour
le dessin et l'écriture.
QUAND
?
Il est
admis qu'ils ont leur origine dans la préhistoire puisque les
hommes gravaient ou dessinaient sur les parois des grottes. Depuis
le paléolithique jusqu'à nos jours, en passant par l'Egypte, Rome,
Pompéi, les catacombes chrétiennes, sur les églises médiévales
et les murs des lieux de détention, les graffitis ont toujours
été le signe du passage et de la présence des hommes.
OÙ
?
Comme
nous l'avons signalé au début, ce sont les parois des grottes
qui ont hébergé les besoins d'expression des hommes préhistoriques.
Ensuite les monuments ont été les réceptacles privilégiés de ces
témoignages. Gaston Maspero, égyptologue français, a retrouvé
lors d'une fouille en 1881 des graffitis dans la pyramide de Meydoun
en Egypte. Les civilisations grecques et romaines nous ont laissé
de nombreux graffitis : les plus abondants sont ceux de Pompei
qu'on peut dater de façon précise après le tremblement de terre
de 63 (apr. J.-C.).
Aujourd'hui,
leurs territoires de prédilection sont souvent les surfaces fixes
(murs, portes), les espaces urbains, couloirs, voiture de métro,
arrêts de bus, panneaux, latrines, tables de collège et de lycées,
jusqu'aux pierres et écorces d'arbres.
POURQUOI
?
A l'origine,
ils constituaient l'essentiel des manifestations graphiques des
peuples préhistoriques et des peuples sans écritures en général.
Ce furent avec la musique, la forme principale d'expression de
la vénération, de l'exorcisme... Dans les civilisations anciennes
du pourtour méditerranéen, par contre, ils exprimaient jalousie,
rancune, tristesse ou imprécations.
COMMENT
?
Les graffitis
sont un art populaire qui combine avec un naturel irréfléchi l'écriture
et le dessin dans une même composition.
Graffitis
: révoltes et espoirs sur les murs
Combien de fois sommes nous
passés devant un mur barbouillé de couleurs et de dessins sur
lequel nous avons jeté un regard distrait, vite détourné par une
pensée… Ce mur immobile est là pour nous interpeller. La rencontre
entre le mur et le graffiti remonte aux temps immémoriaux comme
pour nous prouver le besoin d'expression des humains. Du graffiti
aux empreintes laissées sur le bitume par les plus grandes stars
d'Hollywood, le désir de léguer une empreinte a de tout temps
été présent.
Le graffiti n'est pas très
élaboré dans la forme et conformiste dans le message. De nos jours,
il est plutôt le fait de jeunes révoltés et marginaux. Ceci s'explique
par le fait que papier, crayon sont chose courante. Par le passé,
le papier (papyrus, tablette de cire chez les romains) était rare
et accessible aux classes aisées.
Toutes les clandestinités
ont proclamé leurs espoirs sur les murs. Qui sont une seconde
peau sur laquelle s'impriment les traces des groupes, des pensées,
des différentes classes… Les thèmes essentiels sont la politique,
l'amour, la religion, l'identité et le sport. Même les routes
sont traversées par des inscriptions, des tags à coup de bombes
ou faits à la chaux à la gloire de Richard Virenque, ou qui font
des clins d'oeil à la mammy ou à la dulcinée. Des Chiapas à l'Intifadha,
signes et cris de révoltes contre le racisme et l'antisémitisme
et a contrario certaines inscriptions sont obscènes… et servent
souvent à justifier ces idéologies rétrogrades.
Il y a aujourd'hui un mouvement
qui découle du graffiti : le tag. Il est souvent provocant, inquiétant.
C'est un élément essentiel de la culture " hip-hop " avec le rap
et la " break-dance ". Le tag désigne en anglais les étiquettes
de valise sur lesquelles on note nom et adresse. Le " hip-hop
" est un style de vie, né aux Etats-Unis et adopté en Europe.
" hip " signifie compétition et " hop " vient du verbe " to hop
" : sauter.
Le graffiti comme le tag sont
passibles de tribunaux ne serait-ce que parce qu'on dépense des
millions pour les effacer. Dans son article, Prosper Rambier,
écrit que " le tagger est par-dessus tout l'indifférence de la
société, l'uniformité de la vie, contre l'anonymat ; Il s'exprime
dans un vocabulaire de guerre : il " cartonne " la ville, il "
massacre " le paysage, il " assassine " la rue. A coup de "bombes"
de couleur bien sûr !.
Samïl.
D