GRAFFITI

 

 

 

REFERENCES

Graffiti de Pompei, Abbé Garruci, édité à Paris en 1856.

• Articles de Prosper Rambier, paru dans un bimestriel " Echos " n° 96 novembre-décembre 92.

Graffitis et sociétés de A.Leamdré, université de Toulouse.

QUOI ?

Le terme provient de l'italien " graffito " qui signifie " égratigner ". Graffiti désigne tout d'abord les inscriptions formelles trouvées sur les murs et les monuments antiques. Aujourd'hui, il englobe tout dessin, toute inscription non officielle se trouvant sur une surface architecturale ou autre dont la fonction principale se distingue de celle des supports habituellement employés pour le dessin et l'écriture.

QUAND ?

Il est admis qu'ils ont leur origine dans la préhistoire puisque les hommes gravaient ou dessinaient sur les parois des grottes. Depuis le paléolithique jusqu'à nos jours, en passant par l'Egypte, Rome, Pompéi, les catacombes chrétiennes, sur les églises médiévales et les murs des lieux de détention, les graffitis ont toujours été le signe du passage et de la présence des hommes.

OÙ ?

Comme nous l'avons signalé au début, ce sont les parois des grottes qui ont hébergé les besoins d'expression des hommes préhistoriques. Ensuite les monuments ont été les réceptacles privilégiés de ces témoignages. Gaston Maspero, égyptologue français, a retrouvé lors d'une fouille en 1881 des graffitis dans la pyramide de Meydoun en Egypte. Les civilisations grecques et romaines nous ont laissé de nombreux graffitis : les plus abondants sont ceux de Pompei qu'on peut dater de façon précise après le tremblement de terre de 63 (apr. J.-C.).

Aujourd'hui, leurs territoires de prédilection sont souvent les surfaces fixes (murs, portes), les espaces urbains, couloirs, voiture de métro, arrêts de bus, panneaux, latrines, tables de collège et de lycées, jusqu'aux pierres et écorces d'arbres.

POURQUOI ?

A l'origine, ils constituaient l'essentiel des manifestations graphiques des peuples préhistoriques et des peuples sans écritures en général. Ce furent avec la musique, la forme principale d'expression de la vénération, de l'exorcisme... Dans les civilisations anciennes du pourtour méditerranéen, par contre, ils exprimaient jalousie, rancune, tristesse ou imprécations.

COMMENT ?

Les graffitis sont un art populaire qui combine avec un naturel irréfléchi l'écriture et le dessin dans une même composition.



Graffitis : révoltes et espoirs sur les murs

Combien de fois sommes nous passés devant un mur barbouillé de couleurs et de dessins sur lequel nous avons jeté un regard distrait, vite détourné par une pensée… Ce mur immobile est là pour nous interpeller. La rencontre entre le mur et le graffiti remonte aux temps immémoriaux comme pour nous prouver le besoin d'expression des humains. Du graffiti aux empreintes laissées sur le bitume par les plus grandes stars d'Hollywood, le désir de léguer une empreinte a de tout temps été présent.

Le graffiti n'est pas très élaboré dans la forme et conformiste dans le message. De nos jours, il est plutôt le fait de jeunes révoltés et marginaux. Ceci s'explique par le fait que papier, crayon sont chose courante. Par le passé, le papier (papyrus, tablette de cire chez les romains) était rare et accessible aux classes aisées.

Toutes les clandestinités ont proclamé leurs espoirs sur les murs. Qui sont une seconde peau sur laquelle s'impriment les traces des groupes, des pensées, des différentes classes… Les thèmes essentiels sont la politique, l'amour, la religion, l'identité et le sport. Même les routes sont traversées par des inscriptions, des tags à coup de bombes ou faits à la chaux à la gloire de Richard Virenque, ou qui font des clins d'oeil à la mammy ou à la dulcinée. Des Chiapas à l'Intifadha, signes et cris de révoltes contre le racisme et l'antisémitisme et a contrario certaines inscriptions sont obscènes… et servent souvent à justifier ces idéologies rétrogrades.

Il y a aujourd'hui un mouvement qui découle du graffiti : le tag. Il est souvent provocant, inquiétant. C'est un élément essentiel de la culture " hip-hop " avec le rap et la " break-dance ". Le tag désigne en anglais les étiquettes de valise sur lesquelles on note nom et adresse. Le " hip-hop " est un style de vie, né aux Etats-Unis et adopté en Europe. " hip " signifie compétition et " hop " vient du verbe " to hop " : sauter.

Le graffiti comme le tag sont passibles de tribunaux ne serait-ce que parce qu'on dépense des millions pour les effacer. Dans son article, Prosper Rambier, écrit que " le tagger est par-dessus tout l'indifférence de la société, l'uniformité de la vie, contre l'anonymat ; Il s'exprime dans un vocabulaire de guerre : il " cartonne " la ville, il " massacre " le paysage, il " assassine " la rue. A coup de "bombes" de couleur bien sûr !.

Samïl. D