ECHEC

 

 

 

REFERENCES


• Frédéric V. Grunfelg, Jeux du monde, Editions Lied, 1979


• Michel Roos, Le Jeu d'échec, Ed. PUF, Coll. Que Sais-je ? 1952 ; et Histoire des échecs, Ed. PUF, Coll. Que Sais-je ? 1990.

QUI?

On peut jouer aux échecs à tout âge et sous toute latitude. Certains y trouvent un plaisir intellectuel. D'autres plus 'sportifs' aiment cette gymnastique de l'esprit. D'autres y trouvent un plaisir purement esthétique, collectionnant des figurines rares pour orner leur salon.

QUAND?

L'ancêtre du jeu d'échecs est apparu vers 570 apr. J.-C. Il s'appelait le 'Chaturanga', mot qui se réfère aux quatre éléments d'une armée : éléphants, chevaux, chars et fantassins.

QUOI?

Un jeu. Sur une planche carrée, dit échiquier, divisée en 64 cases, 32 claires et 32 foncées, deux adversaires s'affrontent. Leurs principales armes : seize pièces chacun, leur imagination, leur concentration, leur sens de l'observation et leur patience... Certaines parties peuvent durer plusieurs jours.

OÙ?

Apparu en Inde, le jeu d'échec a traversé tous les continents. On y joue dehors comme dedans, assis, debout, dans les cafés, dans les clubs spécialisés. Aujourd'hui, grâce à l'Internet, des joueurs se livrent des parties à distance.

COMMENT?

Il suffit d'un échiquier et de deux joueurs : l'un possédant seize figurines blanches, l'autre seize noires.

 

Du jeu des rois au roi des jeux

Le jeu d'échecs n'a rien à envier à nos grands voyageurs. Au fil des siècles, il a conquis partout de nouveaux adeptes et s'est transformé comme tout grand aventurier.

En Inde, au VIe siècle, le jeu d'échecs ou 'Chaturanga' se pratique à quatre joueurs, chacun jouant contre les trois autres. Les pièces se déplacent sur 64 cases au hasard du lancer de dé. Petit à petit, le dé est supprimé et l'on prend l'habitude de jouer à deux. L'objectif du combat est la capture du roi ou l'annihilation de l'armée. Ce jeu connaît un tel succès qu'il traverse rapidement les frontières et adopte de nouvelles appellations. Xiangi chez les Chinois, shogi chez les Japonais, chatrang chez les Perses et chatrandj chez les Arabes. Ces derniers se passionnent pour les échecs. Le Calife Haroun Al-Rachid aurait même offert un jeu à Charlemagne. Les Arabes écrivent le premier livre sur les échecs et l'enseignent dans les universités andalouses, alors sous domination musulmane. C'est là que l'échiquier sera divisé en 32 cases claires et 32 foncées.

L'Europe chrétienne autorise le jeu d'échec vers l'an 1100. Les nobles parient de fortes sommes d'argent malgré l'interdit de l'Eglise contre les jeux de hasard. La première grande étude sur les jeux d'échecs en Europe est le très beau Livre de jeux d'Alphonse X dit le Sage (1221-1284). Sa Cour est un lieu de rencontre des cultures musulmane et chrétienne. Son livre se base sur les modèles arabe et persan du jeu. Cent-trois situations y sont commentées, comme par exemple : "les noirs font échec et mat aux blancs en cinq mouvements". Les illustrations montrent la position de chaque pièce sur l'échiquier mais aussi les portraits des joueurs. Un roi maure noir joue ainsi contre un roi chrétien blanc ou, des dames s'affrontent aux chevaliers de la Cour. Le jeu d'échecs est un formidable instrument de socialisation, au-delà des races, des cultures et des sexes.

Après plusieurs siècles de stagnation, le jeu prend sa forme actuelle au XVe siècle. Le 'Shah' de la version perse devient 'roi' en Europe; les 'faras' (chevaux arabes) sont identifiés aux 'cavaliers' européens. Le 'ministre' indien, devenu 'vizir' arabe, se transforme en 'dame' en Europe de l'ouest. Les autres pièces changent totalement. Les tours actuelles remplacent les 'chars'. 'L'éléphant', Alfil en arabe, devient le 'fou'. Le 'fantassin' devient le 'pion' et peut désormais avancer de deux cases au premier déplacement et se transformer en une pièce déjà prise.

Aujourd'hui, les deux joueurs disposent donc chacun de huit pions et huit pièces :
- Le roi est la pièce la plus importante du jeu. C'est de son sort que dépend l'issue de la partie. Il avance d'une case dans toutes les directions.
- La dame est la pièce d'attaque la plus puissante. Elle se déplace horizontalement, verticalement ou en diagonale d'autant de cases qu'on le souhaite tant qu'elle ne rencontre pas d'obstacles.
- Les deux tours sont les deuxièmes pièces majeures après la dame. Elles se déplacent horizontalement ou verticalement tant que les cases sont libres.
- Les deux cavaliers se déplacent soit d'une case en avant - ou en arrière : et de deux cases sur le côté, soit de deux cases en avant - ou en arrière- puis d'une case sur le côté. Ils peuvent sauter par-dessus les autres pièces, amies ou ennemies.
- Les deux fous se déplacent en diagonale, d'autant de cases qu'on le veut tant qu'ils ne rencontrent pas d'obstacles; leur valeur est proche de celle des cavaliers.
- Le pion : sa valeur est faible en début de partie mais peut augmenter suivant sa position. Il avance d'une seule case à la fois sauf s'il est encore sur la case départ auquel cas il peut avancer de deux cases. Pour prendre une pièce ou un pion adverse, il se déplace d'une case en diagonal.

A partir du XVIIIè siècle, le jeu d'échecs devient un enjeu international, mené par des maîtres se disputant en championnats. Les mêmes règles s'imposent à tous et les échecs influencent le langage Qui n'a jamais entendu l'expression "échec et mat" ? Elle vient du persan « al shah mat » ou « le roi est mort » et résume l'objectif d'une partie d'échecs : faire en sorte que le roi de l'adversaire ne puisse plus bouger. Une véritable guerre.

Latifa TAYAH