QUI?
On
peut jouer aux échecs à tout âge et sous toute latitude. Certains
y trouvent un plaisir intellectuel. D'autres plus 'sportifs'
aiment cette gymnastique de l'esprit. D'autres y trouvent
un plaisir purement esthétique, collectionnant des figurines rares
pour orner leur salon.
QUAND?
L'ancêtre
du jeu d'échecs est apparu vers 570 apr. J.-C. Il s'appelait le
'Chaturanga', mot qui se réfère aux quatre éléments d'une armée
: éléphants, chevaux, chars et fantassins.
QUOI?
Un
jeu. Sur une planche carrée, dit échiquier, divisée en 64 cases,
32 claires et 32 foncées, deux adversaires s'affrontent. Leurs
principales armes : seize pièces chacun, leur imagination, leur
concentration, leur sens de l'observation et leur patience...
Certaines parties peuvent durer plusieurs jours.
OÙ?
Apparu
en Inde, le jeu d'échec a traversé tous les continents. On y joue
dehors comme dedans, assis, debout, dans les cafés, dans les clubs
spécialisés. Aujourd'hui, grâce à l'Internet, des joueurs se livrent
des parties à distance.
COMMENT?
Il
suffit d'un échiquier et de deux joueurs : l'un possédant
seize figurines blanches, l'autre seize noires.
Du
jeu des rois au roi des jeux
Le jeu d'échecs n'a rien à
envier à nos grands voyageurs. Au fil des siècles, il a conquis
partout de nouveaux adeptes et s'est transformé comme tout grand
aventurier.
En Inde, au VIe siècle, le jeu d'échecs ou 'Chaturanga' se pratique
à quatre joueurs, chacun jouant contre les trois autres. Les pièces
se déplacent sur 64 cases au hasard du lancer de dé. Petit à petit,
le dé est supprimé et l'on prend l'habitude de jouer à deux. L'objectif
du combat est la capture du roi ou l'annihilation de l'armée.
Ce jeu connaît un tel succès qu'il traverse rapidement les frontières
et adopte de nouvelles appellations. Xiangi chez les Chinois,
shogi chez les Japonais, chatrang chez les Perses
et chatrandj chez les Arabes. Ces derniers se passionnent
pour les échecs. Le Calife Haroun Al-Rachid aurait même offert
un jeu à Charlemagne. Les Arabes écrivent le premier livre sur
les échecs et l'enseignent dans les universités andalouses, alors
sous domination musulmane. C'est là que l'échiquier sera divisé
en 32 cases claires et 32 foncées.
L'Europe chrétienne autorise le jeu d'échec vers l'an 1100. Les
nobles parient de fortes sommes d'argent malgré l'interdit de
l'Eglise contre les jeux de hasard. La première grande étude sur
les jeux d'échecs en Europe est le très beau Livre de jeux
d'Alphonse X dit le Sage (1221-1284). Sa Cour est un lieu
de rencontre des cultures musulmane et chrétienne. Son livre se
base sur les modèles arabe et persan du jeu. Cent-trois situations
y sont commentées, comme par exemple : "les noirs font échec
et mat aux blancs en cinq mouvements". Les illustrations montrent
la position de chaque pièce sur l'échiquier mais aussi les portraits
des joueurs. Un roi maure noir joue ainsi contre un roi chrétien
blanc ou, des dames s'affrontent aux chevaliers de la Cour. Le
jeu d'échecs est un formidable instrument de socialisation, au-delà
des races, des cultures et des sexes.
Après plusieurs siècles de stagnation, le jeu prend sa forme actuelle
au XVe siècle. Le 'Shah' de la version perse devient 'roi' en
Europe; les 'faras' (chevaux arabes) sont identifiés aux 'cavaliers'
européens. Le 'ministre' indien, devenu 'vizir' arabe, se transforme
en 'dame' en Europe de l'ouest. Les autres pièces changent totalement.
Les tours actuelles remplacent les 'chars'. 'L'éléphant', Alfil
en arabe, devient le 'fou'. Le 'fantassin' devient le 'pion' et
peut désormais avancer de deux cases au premier déplacement et
se transformer en une pièce déjà prise.
Aujourd'hui, les deux joueurs disposent donc chacun de huit pions
et huit pièces :
- Le roi est la pièce la plus importante du jeu. C'est de son
sort que dépend l'issue de la partie. Il avance d'une case dans
toutes les directions.
- La dame est la pièce d'attaque la plus puissante. Elle se déplace
horizontalement, verticalement ou en diagonale d'autant de cases
qu'on le souhaite tant qu'elle ne rencontre pas d'obstacles.
- Les deux tours sont les deuxièmes pièces majeures après la dame.
Elles se déplacent horizontalement ou verticalement tant que les
cases sont libres.
- Les deux cavaliers se déplacent soit d'une case en avant - ou
en arrière : et de deux cases sur le côté, soit de deux cases
en avant - ou en arrière- puis d'une case sur le côté. Ils peuvent
sauter par-dessus les autres pièces, amies ou ennemies.
- Les deux fous se déplacent en diagonale, d'autant de cases qu'on
le veut tant qu'ils ne rencontrent pas d'obstacles; leur valeur
est proche de celle des cavaliers.
- Le pion : sa valeur est faible en début de partie mais peut
augmenter suivant sa position. Il avance d'une seule case à la
fois sauf s'il est encore sur la case départ auquel cas il peut
avancer de deux cases. Pour prendre une pièce ou un pion adverse,
il se déplace d'une case en diagonal.
A partir du XVIIIè siècle, le jeu d'échecs devient un enjeu international,
mené par des maîtres se disputant en championnats. Les mêmes règles
s'imposent à tous et les échecs influencent le langage Qui n'a
jamais entendu l'expression "échec et mat" ? Elle vient
du persan « al shah mat » ou « le roi est mort »
et résume l'objectif d'une partie d'échecs : faire en sorte que
le roi de l'adversaire ne puisse plus bouger. Une véritable guerre.