BIBLIOTHÈQUE D'ALEXANDRIE
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REFERENCES
Luciano
Canfora,
La véritable histoire de
la bibliothèque d'Alexandrie,
traduit de l'italien,
éd. Desjonquères, Paris, 1988
Edward Morgan.
Foster, Alexandrie,
Quai Voltaire, Paris, 1990
Alexandrie IIIe siècle av.J.-C.
Tous les savoirs du monde ou le rêve d'universalité
des Ptolémées,
Autrement N°19, Paris, novembre 1992
Paul Balta,
'La renaissance d'Alexandrie'
in Les nouvelles frontières
d'un monde sans frontières,
Olain Sud, éd. De l'Aube,
La Tour D'algues, 1997
André Bernard,
Alexandrie la Grande,
Hachette/Pluriel, Paris, 1996
La lettre d'information de
l'Association des Amis de
la Biblioteca Alexandrina,
Commission française pour l'UNESCO,
57, boulevard des Invalides,
75007 Paris ; Tel 01.53.69.39.07 ;
Fax 01.53.69.32.23
...A
CONTACTER :
Association française
des Amis de la Bibliothèque
d'Alexandrie,
Prof. M. Jean Sirinelli,
Commission française
pour l'UNESCO,
36 rue La Pérouse
75775 Paris Cedex 16, France,
Tél. : 33.1-43.17.66.21,
Fax : 33.1-43.17.67.73
...ET
SUR INTERNET :
Page de la
Biblioteca Alexandrina
sur le site de l'UNESCO,
avec une visite virtuelle
commentée par Omar Sharif (en anglais) !
Sur la coopération française en faveur de la Biblioteca Alexandrina,
in La présence internationale de la France et la Francophonie dans
la société de l'information,
Rapport
au premier ministre,
1998.
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QUOI?
De la bibliothèque de l'Antiquité
appelée Musëion (Musée) à la Biblioteca Alexandrina du XXIe siècle.
QUI?
A l'initiative de Ptolémée
Soter à celle de l'UNESCO et de l'Egypte.
QUAND?
De 290 av. J.-C. à 391 de notre
ère puis à nouveau, en 2000.
OÙ?
A Alexandrie d'Egypte,
qui fut la ville cosmopolite de tous les savoirs du monde et entend
assurer son renouveau.
COMMENT?
Le 'bibliothécaire' Démétrios
de Phalère et ses successeurs rassembleront 700 000 livres. Ils
seront brûlés comme la prestigieuse bibliothèque. A l'instigation
de l'UNESCO et de l'Egypte (Dr. Mohsen Zahran), un nouvel édifice
sera inauguré en l'an 2000.
Mort
et résurrection de la bibliothèque d'Alexandrie
Alexandre le Grand, le conquérant
macédonien, fonde Alexandrie d'Egypte en 331 av. J-C., à l'âge
de 24 ans, puis poursuit sa marche vers la Perse en caressant
le rêve de marier l'Orient à l'Occident. Peu après sa mort, en
323 av. J.-C., un de ses généraux, Ptolémée Soter, se proclame
roi. Il fonde la dynastie des Lagides qui règnera sur le pays
des pharaons et fera d'Alexandrie une brillante capitale rayonnant
sur l'ensemble de la Méditerranée pendant près de huit siècles.
Trois magnifiques édifices seront construits dans la nouvelle
capitale: le phare, la bourse et la bibliothèque.
Sur les conseils de Démétrios, disciple d'Aristote, Ptolémée Ier
Soter décide la création, vers 290 av. J.-C., d'une bibliothèque
universelle. Il envoie des émissaires acheter des manuscrits aux
rois, aux nobles, aux villes mais il lui arrive aussi de rançonner
des navires pour s'approprier les livres qu'ils transportent.
Il sera imité par ses successeurs qui rassemblent non seulement
des connaissances grecques mais aussi les textes contenant ce
qu'on a appelé les 'sagesses barbares', celles des mages de Chaldée
et des prêtres et philosophes d'autres peuples d'Orient. Dans
cette Alexandrie, ville exemplaire par son cosmopolitisme, Moïse
et Zoroastre sont des figures emblématiques de ces 'sagesses barbares'.
C'est d'ailleurs sur ordre du roi que les savants de l'Ecole juive
entreprennent, entre 250 et 130 av J.-C., la traduction de la
Bible en grec, la fameuse Version des Septante, qu'utiliseront
les premières églises chrétiennes et qui sert toujours de référence.
Démétrios de Phalère et Callimaque, grammairien et poète, qui
lui succède comme bibliothécaire, ont mis en place les fichiers,
les notices et les techniques d'archivage des livres. Les volumes
se présentent sous la forme de rubans de papyrus collés et enroulés
autour d'un bâton. Ils étaient longs de 2 à 12 mètres et larges
de 16 à 30 centimètres. En réalité, il y avait deux bibliothèques,
la 'bibliothèque-mère', qui se trouvait à l'intérieur du Musëion
ou 'Musée', et la 'bibliothèque-fille ' au Serapeum, le temple
du dieu Sarapis. Elles n'étaient pas ouvertes au public mais réservées
aux savants et contenaient, avant leur destruction par le feu,
quelques 700 000 volumes.
Qui les a détruits ? On a accusé les Romains et les Arabes. A
tort, démontre Luciano Canfora, au terme d'une rigoureuse enquête.
Dans sa Véritable histoire de la bibliothèque d'Alexandrie,
l'auteur passe au crible les textes anciens dont ceux de Tite-Live
et montre que l'attaque du port par Jules César en 47 av. J.-C.,
détruisit bien 40 000 rouleaux mais ceux–ci étaient uniquement
des copies destinées à l'exportation.
Selon Luciano Canfora, le véritable responsable de la destruction
de la bibliothèque d'Alexandrie est le patriarche Théophile qui,
en 389 de notre ère, déclare la guerre aux païens. Il détruit
d'abord le Serapeum de Canope (l'actuelle Aboukir) et, deux ans
plus tard, s'en prend au Serapeum d'Alexandrie et aux deux bibliothèques.
«Le bûcher des livres fait partie de la christianisation
», constate Canfora. C'est le premier autodafé ! Après Alexandrie
suivront Pergame, Antioche, Rome, Constantinople...
Faisons un immense saut dans le temps. En 1990, à l'initiative
du gouvernement égyptien et avec le soutien de l'UNESCO, la décision
est prise de construire une nouvelle bibliothèque, située face
à la mer, à l'emplacement de l'antique Musëion des Ptolémées,
à l'opposé de l'île de Pharos, devenue presqu'île de Ras
el Tin. Cette île donna son nom au phare édifié par Sostrate
de Cnide vers 279 av. J.-C. Il s'effondra en 1302 et fut remplacé
par le fort Kaï Bey. Mais c'est une autre histoire...
Grand oeuvre des temps modernes, la Biblioteca Alexandrina
est un édifice original, d'une beauté sobre et riche de symboles.
Le toit a la forme d'un disque solaire légèrement incliné. Sur
le mur extérieur, de granit gris, ont été gravés tous les alphabets
du monde. Le planétarium, l'espace intérieur, n'est pas cloisonné
mais rythmé par des colonnes de béton brut à l'allure imposante.
Riche de 100 000 manuscrits et de quelques 4,8 millions de volumes,
concernant plus particulièrement la Méditerranée, branchée sur
le Web, cette bibliothèque qui devait être inaugurée en 1998,
le sera en fait à la fin 2000. Elle est bien, comme le dit avec
bonheur le Dr. Mohsen Zahlan, chef du projet, un «phare du
savoir ».
Paul
BALTA
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