BABYLONE

 

Temple à étages comme on pouvait en trouver à Babylone





REFERENCES
:


• G. Contenau
, La Civilisation d'Assur et de Babylone, Paris, 1951; La vie quotidienne à Babylone , Paris, 1950


• M. Charageat, L'Art des jardins, Paris 1962


• Jean-Pierre Challand, Gérard Rageau, Atlas des Empires de Babylone à la Russie soviétique, éd. Payot,1993


• Pierre Grimal, Contes et légendes de Babylone et de Perse, Presses de la Cité, 1998


• Marie-Joseph Bottero, Jean Steve, Il était une fois la Mésopotamie, Gallimard, 1993


• Pierre Flynn
, Jardins de Babylone, Pindoff


- Erica Hunter, La Mésopotamie de Sumer à Babylone, Atlas historique, éd. CASTERMAN, 1995



QUI?

Cité de l'Antiquité, Babylone fut notamment la capitale de Nabucho-donosor et d'Alexandre le Grand.

QUOI?

Ville de Mésopotamie.

OÙ?

Située sur les rives du fleuve Euphrate, à 160 km au sud-est de Bagdad (Irak).

QUAND?

Fondée par les Akkadiens (2325-2160 av. J.-C.), elle connaît son apogée entre 1894 et 323 av. J.-C.

POURQUOI?

Centre intellectuel et religieux, Babylone est connue pour ses 'jardins suspendus', l'une des sept merveilles de l'Antiquité, et la tour de Babel, symbole de l'orgueil humain. Elle devient aussi le symbole du mal aux yeux des prophètes juifs à la suite de la profanation du Temple de Jérusalem en 587 av. J.-C.

 

Babylone, capitale antique de la beauté

De Babylone, il ne reste que des ruines, dont seule une partie nous est accessible, et le souvenir des monuments mythiques de l'Antiquité, les jardins de Babylone et la tour de Babel, que les fils de Noé élevèrent dans la prétention d'atteindre le ciel. La cité, fondée par les Akkadiens (2325-2160 av. J.-C.), atteint son premier âge d'or sous Hammourabi, sixième roi de la dynastie amorrite (1894-1881 av. J.-C.), qui y fait édifier de nombreux temples et palais.

Rivale de l'Assyrie, de la Perse et de l'Egypte dans l'antiquité, Babylone rayonne sur la Mésopotamie et le Proche-Orient comme centre religieux - on y pratique le culte de Bel, le Seigneur - et intellectuel, notamment grâce à ses scribes. Ces derniers, qui emploient l'écriture cunéiforme, composent ou copient une somme colossale d'oeuvres religieuses, scientifiques et littéraires, et tiennent la comptabilité du palais et des temples ainsi que les documents de commerce, dont la cité est l'un des grands carrefours.

En 587, le roi Nabuchodonosor II, fils de Nobopolassar (626-605), fondateur de la dynastie chaldéenne, bâtit un empire allant des rives du Tigre à celles de la Méditerranée. Il s'empare notamment du royaume de Juda et de sa capitale, Jérusalem, le centre spirituel d'Israël. Il profane le Temple, qui abrite l'Arche d'alliance (elle contient les Tables de la Loi), et fait déporter les Hébreux sur les rives de l'Euphrate. C'est l'épisode de l'exil (586-538) au cours duquel les Juifs font le serment de ne jamais oublier la cité de David : "Si je t'oublie, Jérusalem, que ma droite m'oublie ! Que ma langue s'attache à mon palais, si je ne me souviens toujours de toi, si je ne fais de Jérusalem le principal sujet de ma joie." (Psaume 137).

Roi-guerrier, Nabuchodonosor fait bâtir fortifications, remparts et canaux pour préserver ses conquêtes, et offre à sa capitale de nombreux monuments, temples et palais Pour son épouse il crée les jardins suspendus de Babylone, l'une des sept merveilles du monde antique. Construits en terrasses, ils étaient voués au culte de la déesse Ishtar, la Vénus babylonienne. Lorsqu'en 331, Babylone, passée aux mains des Perses, est conquise par Alexandre, le grand conquérant est émerveillé par la beauté des jardins suspendus. Il fait de la cité sa capitale, s'y sacre "roi de l'Asie" puis, part pour l'Inde. Il reviendra à Babylone pour mourir, malade de la malaria, en 323. Il n'a que 33 ans.

Le déclin de Babylone s'amorce peu après, ainsi que l'avaient annoncé les prophètes juifs au lendemain de la profanation du Temple de Jérusalem. La grande cité est abandonnée par sa population au début de notre ère et disparaît peu à peu sous les sables.•

Djalal MALTI