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La
"Sorbonne" de l'Islam
La
mosquée al-Azhar (" la resplendissante ") - qualificatif donnée
à Fatima, la fille du prophète Mahomet (Mohammad) - fut construite
au Caire par Gawhar el-Sikilli à l'époque du Calife fatimide el-Mouiz
el-Din Illah, en 970. C'est le premier monument bâti par les Fatimides
qui avaient conquis l'Egypte un an auparavant. Cette mosquée, la
plus célèbre du Caire, est également, depuis dix siècles, le lieu
de référence de l'islam sunnite grâce à son université, centre important
d'enseignement de la langue arabe et d'études théologiques pour
des étudiants du monde entier.
Située au milieu du vieux Caire, jouxtant le grand bazar Khan el-Khalili,
al-Azhar s'étend sur un hectare et appartient au type des mosquées
à portiques. Ces portiques se composent de 300 colonnes en marbre
dont beaucoup proviennent d'édifices antiques. La mosquée comporte
6 portes, la plus importante étant celle de Bab el Mouzainin (porte
des barbiers). L'un des cinq minarets fut construit par le sultan
Qait-Bey en 1458, à sa gauche, un second minaret est divisé en 16
facettes, contrairement aux autres qui n'en ont guère plus de huit.
Ce minaret est couvert de mosaïques et possède deux pointes qui
lui donnent un aspect inhabituel.
Lorsque le premier collège y fut créé en 988, il devait servir aux
yeux de son fondateur, le calife fatimide El-Aziz, à former des
prêcheurs pour propager le chiisme, la branche minoritaire de l'islam,
contre le sunnisme auquel était attaché la population. Avec la victoire
des Ayyoubides en 1171, l'Egypte redevient sunnite et université
le centre de la pensée islamique, même si l'Arabie Saoudite a tenté
sans succès, au 20e siècle, de rivaliser avec elle. Progressivement,
de nouvelles matières y ont été enseignées comme en 1005, la philosophie,
la chimie et l'astronomie. Avec l'arrivée de Gamal Abdel Nasser
au pouvoir, en 1954, l'université s'est ouverte à des disciplines
communes à toutes les autres universités. La réforme a été inspirée
par le grand écrivain aveugle Taha Hussein qui avait été ministre
et s'était battu pour la modernisation de l'enseignement. Ainsi,
aux enseignements traditionnels (la langue arabe, la loi islamique,
l'histoire de la religion musulmane, les études arabes et islamiques,
la lecture du Coran) se sont ajoutés des matières laïques (arts
et civilisation, langues étrangères, sciences, économie, médecine,
pharmacie, ingenering, agronomie, etc.).
Dans ses neuf facultés (la bibliothèque compte 60000 volumes dont
15000 manuscrits), l'université accueille aujourd'hui quelque 20000
élèves, dont plus de 5000 étrangers. Dans l'annuaire de université
apparaissent des étudiants de Bosnie et des républiques d'Asie centrale.
" Tous les muftis d'Asie et d'Afrique ont été formés à al-Azhar
et quand son imam voyage, il est reçu par ses anciens élèves comme
un chef d'Etat ", affirme, dans un journal égyptien, un spécialiste
des questions religieuses.
Al-Azhar intervient régulièrement dans les débats de société pour
maintenir les idées musulmanes dans les différentes classes sociales.
Elle vise à entretenir les vertus prônées par la religion: sens
religieux, pratique rigoureuse, hospitalité, respect des parents
et aumône. Elle fait parfois l'objet de critiques de la part des
intellectuels, des créateurs et des écrivains pour les positions
souvent conservatrices qu'elle adopte, notamment au travers d'un
comité de censure des oeuvres littéraires et cinématographiques.
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