AL-AZHAR

 

 

 

REFERENCES:

• "Le Caire", Hors-Série n°12, Autrement, 1985.


• "Encyclopédie de l'Islam", Article: Al-Azhar, Tom 1 A-B, Paris: Maisonneuve et Larose, 1981.


• CRESWEL, "The Muslim Architecture of Egypt", New-York: Hacker art Bokks, 1978.


• "Grand Dictionnaire Universel du 19e siècle", Article: Al Azhar.

QUOI?

Al-Azhar est à la fois une mosquée et une université coranique de réputation mondiale. Outre le lieu de prière, le centre coranique enseigne à quelque 20000 étudiants dont 5000 étrangers.

OÙ?

Au centre du Caire, la capitale égyptienne, près du célèbre marché Khan el-Khalili.

QUAND?

Construite en 970 sous les Fatimides, elle est la plus ancienne université islamique au monde.

La "Sorbonne" de l'Islam

La mosquée al-Azhar (" la resplendissante ") - qualificatif donnée à Fatima, la fille du prophète Mahomet (Mohammad) - fut construite au Caire par Gawhar el-Sikilli à l'époque du Calife fatimide el-Mouiz el-Din Illah, en 970. C'est le premier monument bâti par les Fatimides qui avaient conquis l'Egypte un an auparavant. Cette mosquée, la plus célèbre du Caire, est également, depuis dix siècles, le lieu de référence de l'islam sunnite grâce à son université, centre important d'enseignement de la langue arabe et d'études théologiques pour des étudiants du monde entier.

Située au milieu du vieux Caire, jouxtant le grand bazar Khan el-Khalili, al-Azhar s'étend sur un hectare et appartient au type des mosquées à portiques. Ces portiques se composent de 300 colonnes en marbre dont beaucoup proviennent d'édifices antiques. La mosquée comporte 6 portes, la plus importante étant celle de Bab el Mouzainin (porte des barbiers). L'un des cinq minarets fut construit par le sultan Qait-Bey en 1458, à sa gauche, un second minaret est divisé en 16 facettes, contrairement aux autres qui n'en ont guère plus de huit. Ce minaret est couvert de mosaïques et possède deux pointes qui lui donnent un aspect inhabituel.

Lorsque le premier collège y fut créé en 988, il devait servir aux yeux de son fondateur, le calife fatimide El-Aziz, à former des prêcheurs pour propager le chiisme, la branche minoritaire de l'islam, contre le sunnisme auquel était attaché la population. Avec la victoire des Ayyoubides en 1171, l'Egypte redevient sunnite et université le centre de la pensée islamique, même si l'Arabie Saoudite a tenté sans succès, au 20e siècle, de rivaliser avec elle. Progressivement, de nouvelles matières y ont été enseignées comme en 1005, la philosophie, la chimie et l'astronomie. Avec l'arrivée de Gamal Abdel Nasser au pouvoir, en 1954, l'université s'est ouverte à des disciplines communes à toutes les autres universités. La réforme a été inspirée par le grand écrivain aveugle Taha Hussein qui avait été ministre et s'était battu pour la modernisation de l'enseignement. Ainsi, aux enseignements traditionnels (la langue arabe, la loi islamique, l'histoire de la religion musulmane, les études arabes et islamiques, la lecture du Coran) se sont ajoutés des matières laïques (arts et civilisation, langues étrangères, sciences, économie, médecine, pharmacie, ingenering, agronomie, etc.).

Dans ses neuf facultés (la bibliothèque compte 60000 volumes dont 15000 manuscrits), l'université accueille aujourd'hui quelque 20000 élèves, dont plus de 5000 étrangers. Dans l'annuaire de université apparaissent des étudiants de Bosnie et des républiques d'Asie centrale. " Tous les muftis d'Asie et d'Afrique ont été formés à al-Azhar et quand son imam voyage, il est reçu par ses anciens élèves comme un chef d'Etat ", affirme, dans un journal égyptien, un spécialiste des questions religieuses.

Al-Azhar intervient régulièrement dans les débats de société pour maintenir les idées musulmanes dans les différentes classes sociales. Elle vise à entretenir les vertus prônées par la religion: sens religieux, pratique rigoureuse, hospitalité, respect des parents et aumône. Elle fait parfois l'objet de critiques de la part des intellectuels, des créateurs et des écrivains pour les positions souvent conservatrices qu'elle adopte, notamment au travers d'un comité de censure des oeuvres littéraires et cinématographiques.•

Audrey APFELDORFER