REFERENCES :
Encyclopædia Universalis,
Assassins, secte; Ismaélisme
Assassins, hors la loi, brigands de grands chemins: mémoires
et histoires... ; Collectif, Complexe - Complexe
Les assassins.Terrorisme et politique dans l'Islam médiéval
, Lewis Bernard; Complexe - Historiques
La secte des assassins, Collectif, Glenat -
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QUI?
Celui
qui commet un meurtre avec préméditation ou celui qui est l'artisan
de la mort de quelqu'un.
OÙ?
Partout!
Assassin
dans tous ses états
Au sens propre ou au sens figuré,
ce terme a pour synonyme: meurtrier, criminel, tueur... En général,
C'est quelqu'un qui a donné la mort à quelqu'un d'autre. Avec préméditation.
Une mort souvent réelle mais qui peut être symbolique.
Il est fréquent de nos jours de parler de mort politique, sociale...
Mais aussi de la mort du père, souhaitée inconsciemment, selon Freud,
par tout adolescent voulant s'affirmer face au monde des "majeurs".
Aussi, il est courant d'évoquer le pouvoir des mots lorsqu'il s'agit
de mort symbolique. Les "paroles assassines", les rumeurs, les calomnies,
etc. peuvent se révéler encore plus redoutables que les armes.
Une "oeillade assassine" n'est parfois rien d'autre qu'une volonté
d'assassinat qui n'ose pas s'assumer. Cela n'a évidemment rien à
voir avec la "mouche assassine", mouche noire que les dames se mettaient
au-dessous de l'oeil, sans doute pour "piquer" la jalousie d'un
soupirant.
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Origine
Le terme assassin, attesté
depuis le 13e siècle, semble être un glissement phonétique de l'arabe
: hachachîne , "consommateurs de hachisch", herbe séchée
hallucinogène. À l'origine, les hachachîne est un ordre religieux
musulman fondé, au 11e siècle, par Hasan al-Sabbah, partisan du
calife fatimide al-Mustansir. Ils étaient connus pour leur hostilité
à toute forme de légalisme et n'hésitaient pas à défendre leurs
idées par la terreur. Faisait partie de leur stratégie: l'assassinat
de personnages importants. Leurs ennemis étaient les Turcs saldjuqides
sunnites et les croisés chrétiens.
Il est probable que le terme assassins, qu'ont utilisé les
auteurs occidentaux dès l'époque des croisades, provienne de hachachîne
dont les auteurs sunnites affublaient les partisans de cette secte,
sous prétexte qu'ils se droguaient au hachisch. Les hachachîne
recherchaient, croit-on, l'extase dans la drogue.
Par ailleurs, l'écrivain libanais Amin Maalouf, dans son roman Samarcande,
utilise l'Ordre des assassins comme toile de fond historique servant
à consolider la vraisemblance de son tissu narratif.
Assassins
et poètes
Selon le poète français Baudelaire,
le hachisch provoque chez le sujet hachachîne deux phénomènes:
d'abord, l'exaspération des sensations, qu'elles soient de plaisir
ou de douleur; ensuite et surtout, une expérience unique de l'infini
au sein de laquelle la personnalité tend à se fondre dans un grand
tout. Quant à son confrère Rimbaud, lorsqu'il annonce "le temps
des assassins" (c'est-à-dire des hachachîne), il prend l'hallucination
artificielle comme métaphore de la vocation poétique. Tous les deux
utilisent le terme hachachîne dans son acception le plus
proche de son origine. Il n'est pas question pour eux d'assassin
dans le sens contemporain du terme.
Pour l'arabe contemporain, un hachachîne est soit celui qui
pratique réellement le hachisch ou celui qui en manifeste les effets
hallucinatoires. Un hachach (singulier de hachachîne)
pris dans un contexte populaire et dialectal, n'est pas uniquement
celui qui "nage sur un nuage" de hachisch mais aussi celui qui,
pour une raison ou pour une autre, a perdu la tête, celui qui "plane",
qui a perdu le sens des réalités, sans que la cause en soit forcément
la consommation du hachisch.
Un hachach contemporain est soit un vrai drogué, soit un
maboul (mahboul, en arabe), soit... un poète. Et le sens
populaire attend du poète, pour réussir sa vocation et son image,
qu'il soit un peu décalé, un peu "dérangé", à la manière d'un hachach
pour qui la réalité ne représente qu'un point de passage éphémère
entre deux cures d'évasion.
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