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Fils du roi Philippe II
de Macédoine et de Olympias d'Epire, il naît dans la capitale macédonienne
Pella en 356 avant Jésus-Christ. Il suit l'enseignement du philosophe
grec Aristote et lit les grands textes classiques du poète grec Homère:
l'Iliade et l'Odyssée. Il admire surtout Achille, le héros de l'Iliade,
un livre (sous forme de rouleaux) qu'il emporte toujours dans ses
voyages. Les historiens de l'Antiquité racontent, plusieurs siècles
après sa mort, le destin extraordinaire de ce jeune homme surdoué
et ambitieux. Plutarque dans sa "Vie d'Alexandre" écrit: "Il crut
qu'il était envoyé de Dieu avec la mission d'organiser tout, de modifier
tout dans l'univers. Il voulait assujettir à une seule forme de gouvernement
l'univers tout entier".
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Profil d'Aristote
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A
20 ans, il succède à son père assassiné en plein théâtre par un
noble macédonien. Devenu roi, le jeune Alexandre décide de poursuivre
l'oeuvre paternelle: l'unité et la stabilité des États européens
d'abord, la préparation d'une grande expédition asiatique ensuite.
Il doit faire face à des complots en Macédoine, à la révolte des
peuples "barbares" du nord (les Celtes près du fleuve Danube et
les peuples des Balkans) et au soulèvement des grandes cités grecs
du sud qui ne supportent pas la domination de la Macédoine. N'hésitant
pas à être brutal et cruel - comme dans la ville rebelle de Thèbes
où il fait égorger une partie de la population et réduit l'autre
à l'esclavage avant de faire raser la cité - il parvient à asseoir
à nouveau la suprématie de la Macédoine sur la Grèce et fonde la
Ligue hellénique. Cette Ligue est une association de tous les Hellènes
(c'est à dire les peuples grecs) qui, auparavant, se faisaient la
guerre entre eux à travers la rivalité de leurs grandes cités: Athènes,
Spartes, Corinthe...
Il peut alors préparer le deuxième projet de son père: la conquête
de l'immense empire asiatique du grand roi perse Darius III. Alexandre
recrute des soldats dans toute la Grèce. Les généraux sont macédoniens
et formés dans une véritable école militaire. L'infanterie est composée
de la "phalange", des soldats lourdement casqués et armés d'une
longue lance, et d'une infanterie légère sans armure mais plus rapide.
La cavalerie est très disciplinée, armée de lances et de boucliers;
elle est un élément essentiel de la stratégie d'Alexandre. Enfin,
il intègre aussi des troupes de peuples alliés ou des bataillons
de mercenaires.
Un tour de 18000 kilomètres...
Au fur et à mesure qu'il avancera dans son grand tour de plus de
18 000 kilomètres, des troupes venant des régions qu'il aura conquises
se joindront à lui. Mais il est aussi suivi dans son périple par
des commerçants, des ingénieurs, des architectes, des topographes
qui dessinent les cartes, des prêtres, des philosophes, des poètes...
Quand l'armée d'Alexandre se déplace, c'est toute une ville qui
se déplace! C'est aussi une véritable civilisation qui se construit
au travers de l'exportation de la culture grecque et de son métissage
dans les autres sociétés. On parle de "culture hellénistique".
Mais avant les mariages et le métissage, il y a d'abord le choc
des armes. Évitant les batailles navales, Alexandre débarque ses
30 000 fantassins et 5 000 cavaliers sur les côtes d'Asie mineure.
Près du fleuve du Granique a lieu la première bataille rangée avec
les armées supérieures en nombre de Darius III. La bataille du Granique
est une première victoire macédonienne (en mai 334 avant J.-C.).
Alexandre marche vers le sud et les villes tombent les unes après
les autres: Sardes, Ephèse, Halicarnasse... Mais Darius a reconstitué
ses forces est attend la petite armée de son ennemi dans la plaine
étroite d'Issos entourée de montagnes. Plus mobiles, les Macédoniens
gagnent encore et Darius, en fuite, abandonne sa famille qu'Alexandre
capture. Magnanime, il promet sa protection aux princesses perses.
Les trésors de la ville de Damas lui permettent de payer ses soldats.
Darius lui propose alors un traité de paix contre de l'argent, les
pays déjà conquis et sa fille en mariage. Alexandre refuse.
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Alexandre
sur Bucéphale à la bataille du Granique |
Les
portes de l'Asie mineure lui sont ouvertes et les villes phéniciennes
n'opposent pas de résistance (Byblos, Tripolis, Sidon). Il poursuit
vers le sud, écrase Gaza et Tyr et entre en Égypte. La conquête
est rapide car les Égyptiens, qui vivent sous la domination des
Perses, l'accueillent comme un libérateur. Il fonde la première
ville qui porte son nom: Alexandrie au printemps 331 avant J.-C.
et s'enfonce dans le désert pour aller consulter les grands prêtres
du temple d'Amon dans l'oasis de Siwah. Guidée par deux corbeaux
providentiels, l'armée finit par trouver le chemin du temple mais
seul Alexandre est reçu par le grand prêtre qui l'appelle "fils
de Dieu". L'oracle lui confirme aussi qu'il sera le maître de l'univers.
Cette fois, Alexandre se sent invincible. Lui qui a conquis l'Asie
mineure, la Phénicie et l'Égypte, veut désormais abattre Darius
et marche vers la Mésopotamie. Pourtant à la tête d'une armée colossale
renforcée par des éléphants de l'Inde, le roi perse est battu dans
la plaine de Gaugamèle (331 avant J.-C.). Une nouvelle fois, il
doit s'enfuir. La victoire de Gaugamèle offre à Alexandre toutes
les richesses de l'Asie. Babylone, la cité cosmopolite, lui ouvre
ses portes, ses habitants lui jettent des fleurs et ses prêtres
le sacrent "roi des quatre parties du monde". La ville de Suse lui
donne ses fabuleux trésors. A marche forcée, l'armée macédonienne
gagne les remparts de la capitale Persépolis et s'en empare. Alexandre
laisse piller la ville par ses soldats et incendie le palais royal,
symbole de la puissance perse. Mais il regrette aussitôt son geste:
n'est-il pas en train de détruire son propre empire?

Palais
de Darius à Persépolis
Les militaires macédoniens espèrent
que la conquête est finie et qu'ils vont pouvoir rentrer chez eux.
Mais Alexandre se lance à la poursuite de Darius qui, abandonné
par ses amis, est assassiné par ses propres généraux. Alexandre,
dégoûté par cette traîtrise, couvre de son manteau le cadavre du
Grand roi et décide de le venger. Il unifie toute la Perse sous
son autorité et s'installe alors de plus en plus dans les habitudes
monarchiques de la région. Il s'entoure de nobles perses auxquels
il attribue plusieurs provinces. Il marie ses proches amis et généraux
à des jeunes femmes perses et, tout en ayant un harem avec de nombreuses
concubines, il épouse la belle Roxane, fille de la haute noblesse
locale.
Cette union inaugure la nouvelle politique de fusion entre les cultures
macédonienne et perse qu'Alexandre désire pour se faire accepter
des nouveaux peuples conquis. De nombreuses Alexandrie sont fondées,
véritables colonies de peuplement où se côtoient vétérans macédoniens,
mercenaires grecs et indigènes. Alexandre s'habille avec la tunique
pourpre rayée de blanc à la mode perse et impose à sa cour l'usage
oriental de la prosternation devant le roi qui se trouve ainsi divinisé
de son vivant. C'en est trop! Les Grecs et les Macédoniens sont
de plus en plus choqués par ce comportement étranger à leur culture.
La colère gronde dans l'armée qui a dû aussi intégrer de nombreux
bataillons perses. Des complots sont découverts. Alexandre fait
condamner son ancien général Parménion dont il ne supporte plus
les critiques. Trois membres de son entourage immédiat sont exécutés
à la suite de procès ou d'un coup de lance par Alexandre lui-même.
Le jeune roi ne se sent plus solidaire des "vieux Macédoniens" et
veut reprendre la conquête avec les seuls nobles qui ne discutent
plus son autorité. Se présentant comme héritier de la dynastie du
grand Darius Ier qui avait étendu son administration jusqu'en Inde,
Alexandre veut ce territoire extrême.
A la tête d'une forte armée, il passe le fleuve Indus et reçoit
les renforts du prince indien de Taxila pour s'attaquer au roi Porus,
le souverain indien de la région des Cinq-Fleuves. Au bord de l'Hydaspe
(l'actuel fleuve Jhelum), Alexandre découvre l'armée impressionnante
de son nouvel ennemi forte de 200 éléphants carapaçonnés. Mais les
archers parviennent à blesser les animaux qui, rendus fous de douleur,
sèment la terreur dans toute l'armée indienne. Porus doit se rendre.
Alexandre veut continuer jusqu'au Gange. De durs combats se poursuivent
avec les Indiens du Pendjab. La mousson, cette saison des pluies,
rend la progression plus pénible encore. Les hommes sont à bout
et refusent d'aller plus loin. Le retour commence. C'est le mois
de novembre 326 avant J.C.
L'empire
d'Alexandre, depuis la grèce jusqu'à l'Indus
En Bateau sur l'Indus d'abord,
l'armée d'Alexandre se sépare à Pattala. Son fidèle lieutenant Néarque
prend la tête d'une expédition maritime de l'Indus à l'Euphrate
en passant par la mer d'Oman et le Golfe persique; il sera le pionnier
de la route de la soie. Alexandre, quant à lui, traverse avec d'autres
bataillons le terrible désert de Grédosie. Sur la route du retour
vers Babylone, capitale de son empire, Alexandre doit châtier durement
les hommes qu'il a lui-même placés avant son expédition en Inde
et qui ont profité de son absence pour piller les territoires. A
Suse, il organise des fêtes extraordinaires pour célébrer son mariage
avec Statira, fille aînée de Darius, et celui de 87 de ses généraux
macédoniens avec des femmes de la noblesse perses.
Son meilleur ami Héphestion meurt de fièvre et Alexandre est très
affecté. Les funérailles sont grandioses et bientôt suivies par
une fête en l'honneur de la prochaine campagne militaire: l'Arabie.
Mais au cours d'un banquet, Alexandre est à son tour saisi de fièvre.
Il meurt en juin 323 de la malaria. Il n'a que 33 ans. Ses généraux
vont se partager son immense empire qui se disloque rapidement.
L'un d'entre eux, Ptolémée, fait transporter le corps embaumé d'Alexandre
en Égypte. A Memphis puis à Alexandrie, le sarcophage du jeune conquérant
fait l'objet d'un culte. Les empereurs romains César et Auguste
se recueilleront devant lui puis, au quatrième siècle de notre ère,
on perd la trace du tombeau du grand conquérant. La place est alors
libre pour la légende.
Gilles KRAEMER
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