ABRICOT

 

 

 

 

REFERENCES:

Beaux fruits d'autrefois de Françoise et Denys Boucher, édition Réstica.

Des fruits de Jean-Marie Pelt, édition Fayard.

QUOI ?

Fruit de l'abricotier d'une couleur tirant sur le jaune-orange. Abricot ou albaricoques qui dérive de l'arabe el bariquq est un fruit peu calorifique. Sa pulpe a une grande richesse en vitamine A. 100 g de d'abricots fournissent 50 % de la ration quotidienne nécessaire. On y trouve aussi les vitamines C et B1 en faibles proportions, ainsi que des teneurs non négligeables en fer. Arrivé en maturité en juillet, l'abricot compte aujourd'hui plusieurs variétés (une cinquantaine environ).

COMMENT ?

Aujourd'hui, si l'abricot est surtout consommé comme dessert, frais ou sec, on l'utilise aussi au Maghreb dans un plat où on le cuit en même temps que la viande et les pruneaux. Mais il se retrouve beaucoup plus dans les petits-déjeuners comme confiture ou comme jus.

Mais l'abricot, ce n'est pas seulement la bouffe. Combien de kilos d'abricots ont été écrasés, triturés pour dégager un parfum discret et passe-partout. Combien de couturiers se sont mis à croupetons pour imposer la couleur abricot qui habille des vacanciers en guinguette.

OÙ ?

On peut penser que les abricotiers sont arrivés de Chine en passant par l'Asie centrale, l'Iran et l'Asie mineure jusqu'à Rome, qui au premier siècle de notre ère, les introduisit chez les Grecs.



Fruit des 7 merveilles

On a longtemps cru que l'abricotier est natif d'Arménie d'où son nom de prunus armeniaca, d'ailleurs, on qualifiait aussi l'abricot de "pomme arménien". Mais on le sait maintenant, il vient de Chine où il était cultivé 2000 ans av. J.-C.. Pourtant, la légende situe l'apparition de cet arbre beaucoup plus loin dans le temps. Il y a 10 000 ans, les fameux jardins suspendus de Babylone, l'une des sept merveilles du monde antique abritaient des vergers où figuraient aussi des abricotiers.


On peut penser que les abricotiers sont arrivés de Chine en passant par l'Asie centrale, l'Iran et l'Asie mineure jusqu'à Rome qui, au premier siècle de notre ère, les introduisit chez les Grecs. Théophraste, philosophe grec cite l'existence d'un fruit dans la province de Thèbes que les gens séchaient avant consommation et qui serait l'abricot. A Rome, le marché aux primeurs se tient aux halles centrales, au hall du rez-de-chaussée où l'on se presse dans un brouhaha indescriptible. Les fruits les plus chers sont les abricots et les pèches, importés d'Orient. C'est l'agronome italien Gallo, qui en 1550 a fait état pour la première fois de l'existence de l'abricotier dans son pays. En 1736, les pères Chartreux publièrent le premier ouvrage où seront décrits " l'Abricot tardif musqué, l'Angoumois, le Blanc et le Gros ou commun. " Pour les Grecs, la culture de la terre est un don de Prométhée qui avait suscité la colère des dieux en déléguant une part de la puissance divine aux agriculteurs. Cette colère n'est calmée que par l'offrande des fruits, devant la statue de Demeter, déesse de la Terre-Mère. A l'époque des croisades, les soldats ramenaient avec eux citronniers, l'orangers et abricotiers qu'on commence à acclimater. Leurs fruits, encore rares, sont appréciés confits et font partie des " épices de chambre ".


Au Moyen Âge, la France est complètement subjuguée par la cuisine italienne. L'Espagne connaît en revanche une période faste. Les Arabes y ont transformé la plaine de Grenade en un immense jardin où prospèrent abricotiers, pêchers etc. d'où le nom albaricoques qui dérive de l'arabe el barquq. On comprend mieux la parenté avec abricot quand bien même le nom arabe désigne plutôt la prune. Afin de l'adapter aux contraintes du sol et du climat, l'abricotier est greffé sur des pêchers ou des pruniers. Il devient un petit arbre qui vit presque centenaire, fort peu exigeant s'accommodant, de sols caillouteux ou calcaires.


Côté cour, l'abricot est peut-être moins savoureux que ses congénères, mais côté jardin, il bénéficie d'une place à part, celle du fruit royal, comme le dira Fontenelle qui le consommait sans retenue et qui prétendait lui devoir sa longévité (il est mort centenaire). Et comme le dit si bien le poète (André Chénier) : "Voir l'abricotier naissant, sous les yeux d'un beau ciel /Arrondir son fruit doux et blond comme le miel."• Smaïl D.