 |
Mardi
26 avril, tôt le matin, partout à Rabat, c'est la "mouillade"!
On s'entre-asperge d'eau, on s'envoie des oeufs, on se lance les
pétards dans une ambiance très décontractée : C'est la fête d'Achoua!
Célébrée depuis très longtemps dans les trois religions monothéistes,
elle fut introduite en Islam le 10è jour de l'Egir par le prophète
Mahomet. Voyant que les juifs jeûnaient ce jour en mémoire de
Moïse, il décida d'en faire autant et d'y ajouter le 9è jour.
Dieu a ordonné aux gens de faire ainsi et de faire plaisir aux
enfants à cette occasion. Avec l'arrivée de l'Islam au Maroc,
la tradition s'est développée de générations en générations pour
enfin prendre son aspect actuel : une fête de jeux et de jeûne.
Deux jours avant le jour "A", la
médina de Rabat est pleine de gens. Des grands, des petits, des
vieux, des hommes, des femmes, c'est la vente à la criée! Sous
un soleil éclatant, tout le monde vend tout, n'importe comment
et n'importe où. On voit des enfants ébahis, et d'autres qui crient,
d'autres qui tiraillent leurs parents. "Je veux le pistolet à
eau et pas ce petit train". "Mon ami a eu un énorme fusil, et
moi je n'ai droit qu'à une voiture?" Des parents grincheux s'agacent
du vacarme, d'autres joyeux retrouvent la nostalgie de leur enfance.
Autour de chaque marchand de fruits
secs, de nougats et de jouets s'est formée une foule considérable.
Selon la majorité des vendeurs, la fête d'Achoua représente un
pourcentage non négligeable du chiffre d'affaire annuel tout comme
pendant le Ramadan et Aïd Al Adha.
|
 |
Rachid
Ziani, vendeur dans un grand magasin de jouets depuis 40 ans,
constate : Évidemment les plus heureux, ce sont les enfants, obligeant
leurs parents à acheter telle poupée ou tel robot. "Ce qui gâcherait
par contre la saison, ce sont les vendeurs saisonniers poussant
comme des champignons pour l'occasion", ajoute le vendeur.
Les commerçants de fruits secs n'ont
pas manqué le rendez-vous non plus. Dattes, raisins secs, amandes
, figues sèches et noix sont vendus en quantité. Boujamâa Serfati,
marchand depuis 25 ans, assure que les habitudes n'ont pas changé
depuis. Aux coins des rues quelques enfants se font de l'argent
de poche en vendant des pétards, 1 dirhams les petits, 2 dirhams
les plus gros. Ils sont très demandés pendant cette période.
Deux jours après le jour "A", même
lieu, même heure, même soleil. Visiblement les gens sont moins
nombreux, les saisonniers liquident leurs dernières marchandises,
les vendeurs de fruits secs remettent de l'ordre dans leurs magasins.
Plus de vendeur de pétards, plus d'explosion, plus de jet d'eau,
seulement le souvenir du grand foyer de feu au milieu du quartier,
des bombardements infinis et d'une veillée inoubliable.
|