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Cinq
heures de l'après-midi, la voiture avance dans l'unique rue de
Damaris, un petit village près de Nimia. Tout est calme. On n'entend
que le souffle du vent dans les blés et les fèves. La fumée sort
des petits trous des maisons grises. Au loin, des cris de joie,
des "zagarid" déchirent le silence. "C'est sûrement là!", assure
Gamal, le chauffeur.
Beaucoup
de femmes et très peu d'hommes. "Les hommes? Ils n'ont pas le
droit d'entrer ici", lance Gamalate, la jeune mariée aux grands
yeux noirs. Elle est assise au milieu de ses soeurs, cousines,
tantes et amies habillées toutes en satin fleuri. Pourtant une
vieille femme est en noir. C'est Hagga Fatma, à qui il faut donner
de l'argent.
"C'est moi qui ai vu la naissance
de Gamalate. C'est donc moi qui dois lui préparer son "Henna"
et fêter "Leilat el-Henna" (la nuit du henné)".
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Dans
une casserole de cuivre, Fatma a préparé la pâte. "Un quart de
kilo de henné, précise-t-elle, de l'eau tiède et une douzaine
de bougies.
La mariée doit garder le henné dans les mains toutes la nuit,
et même les garder colorées quarante jours après le mariage. Ca
donne la baraka.
Toute l'assistance des femmes attend sa part sauf Om Gamalate,
la mère de la mariée. "Mon mari est mort il y a dix ans", explique-t-elle
en montrant des photos. Le henné, ce signe de joie, ne convient
pas à son deuil.
En sortant, sur la porte toute décorée de branches d'arbre, on
peut lire sur un écriteau blanc: "Docteur X: pédiatre". Explications
d'Ali, le frère de la mariée: "On a loué la salle du toubib pour
la cérémonie parce que c'est grand, propre et joli avec ce tapis
rouge!"
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