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Jeune
femme à la silhouette fine, toute en sourire et énergie,
France Duymaz dégage un dynamisme et une joie de vivre
communicative.
Elle est née en 1972 à Annecy en
Haute-Savoie où elle a grandi au milieu de la nature et
des montagnes qu'elle aime tant: "je n'envisage pas de ne
pas avoir de contact avec la nature", dit-elle dans un sourire.
Elle évoque ses souvenirs, ce petit chalet en montagne,
la nature accessible, toujours présente, le sport et ces
"montagnards qui sont fermés mais qui, quand on les
connaît, sont très sympas". France, très
attachée à ses souvenirs, confesse pourtant qu'elle
"n'aime plus Annecy telle qu'elle est devenue aujourd'hui".
"C'est devenue une ville bourgeoise et vieille et ça
m'indispose", dit-elle.
Comment cette jeune femme éprise de grands
espaces, a-t-elle pu adopter Istanbul au point de s'y épanouir
? Imaginez une mégapole gigantesque, grouillante de quelques
15 millions d'habitants, effervescente et monstrueuse. Istanbul,
c'est l'opposé d'un village des montagnes savoyardes. Pourtant,
lorsqu'elle a décidé de venir s'installer ici, elle
a pris sa décision en deux mois. Elle avait décidé
de rejoindre Sinan, un jeune homme turc qui est depuis devenu
son mari. En un clin d'oeil, elle était là. Elle
baisse légèrement la voix pour remercier sa famille
"qui l'a soutenue depuis le début. Cela a beaucoup
aidé à notre histoire", conclut-elle en souriant
toujours. "Je ne pensais pas pouvoir m'adapter facilement
à une mégapole", puis "tous ces paradoxes,
ce côté oriental, on regarde ça différemment
et on a envie de s'ouvrir à une autre culture".
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France,
c'est peut-être l'histoire de cet autre regard qu'elle
évoque avec émotion et qu'elle porte à
la fois sur les autres et sur elle-même. Un autre regard
porté sur "la religion, au sens de partage, sur
les gens, sur la nature". "Vivre à Istanbul,
c'est pour moi comme une leçon", leçon de
vie, leçon de choses, histoire d'amour.
Dans cette ville, la nature est restée
la première priorité de France. Elle a choisi
de s'installer au sud-est de la ville, dans le quartier populaire
de Bakirkoy près d'un grand parc. "C'était
très important pour moi de voir du vert, chaque matin,
une forêt d'émeraude devant moi". Quand la
vie citadine bien remplie de France - puisqu'elle est bibliothécaire
au lycée français - devient trop oppressante,
"elle s'échappe". "De randonnées
en vélo, en caming sauvage, (elle) se ressource en énergie".
Mais ces échappées vertes ne sont pas des infidélités,
toujours France revient à cette ville où elle
se sent chez elle. Chez elle aussi dans la langue qu'elle parle
avec aisance et "qui n'est pas un obstacle" pour elle.
Au point de parsemer son français d'expressions turques
qui disent si bien combien elle appartient à ce pays
autant qu'il lui appartient désormais.
Pourtant, c'est en Savoie que Sinan son mari
a l'impression de la retrouver telle qu'elle était quand
ils se sont connus en Angleterre. C'est donc à la fois
ici et là-bas qu'elle est elle-même la randonneuse
des montagnes.
Istanbul, c'est un moment d'épanouissement
dans la vie de France, un regard, une façon d'être
qui lui font dire en riant: "je n'envisage plus de vivre
ailleurs". Elle est ici chez elle et à l'avenir
elle dira peut-être à ses enfants "la magie
de la ville".
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