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Souvenirs
d'une enfant sous les bombes
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Julie
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Moi
Julie, j'ai commencé à m'intéresser à
la deuxième guerre mondiale il y a quelque mois et pour avoir
des informations, j'ai demandé à ma grand-mère
de me dire comment se passaient ses journées pendant la guerre.
Cela fait 56 ans que la deuxième guerre mondiale (39-45)
est terminée.
Marie-Joëlle était une petite fille de trois
ans quand la guerre a commencé et une fille de neuf ans quand
elle s'est terminée. A présent, elle a 65ans, trois
enfants et huit petits enfants. Elle habite à Deuil la Barre
avec son époux Jean Trenty.
Quand elle était petite, Marie-Joëlle était
de santé fragile et ce n'est qu'à neuf ans qu'elle
est allée régulièrement à l'école.
Sa mère considérait qu'il était plus important
pour elle de faire de grandes promenades, pour sa santé,
que d'aller à l'école. C'était sa mère
qui s'occupait d'elle, mais Marie-Joëlle était la sixième
enfant de la famille, et sa mère ayant beaucoup de travail,
elle ne pouvait pas s'en occuper tout le temps.
Pendant la guerre, ses frères et sur disaient
souvent qu'ils avaient faim, et lui racontaient ce qu'il y avait
avant (des sucettes, du riz, des oranges
) et que l'on achetait
le tout avec des sous uniquement et non avec des tickets.Et
oui, car pendant la guerre les gens avaient besoin de tickets pour
pouvoir acheter de la nourriture, on les appelait les tickets
de rationnement .
Pour acheter aliments et vêtements nécessaires,
il fallait donner un certain nombre de tickets plus de l'argent
; mais on ne pouvait pas en avoir plus que le nombre qui était
donné et qui était différent pour chacune des
familles, car la composition familiale et l'âge jouaient sur
le nombre de tickets donné tous les mois.
De plus, tous les aliments n'étaient pas disponibles
(chocolats, bonbons, fruits...).
L'été, ils allaient tous dans une maison de campagne
au Pré-du-Moulin en Ardèche, où son père
avait des terres et où son frère élevait des
chèvres et cultivait les terres avec sa femme. Toutes les
semaines, ils allaient vendre les produits de leurs récolte
ainsi que les fromages et le beurre. Ils avaient une balance romaine
pour calculer le poids des aliments qu'ils vendaient.
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Un
jour, les résistants ont fait sauter un train allemand, et
en guise de représailles les Allemands ont mitraillé
toutes les personnes se trouvant sur les routes du voisinage en
passant en avion à ras de terre. En entendant les bombardements,
Marie-Joëlle et sa famille allèrent se réfugier
dans la cave.
Une autre fois
à Saint-Ambroix, une ville dans le Gard où son père
était receveur des postes et où toute la famille habitait,
Marie-Joëlle a entendu quelqu'un qui courrait. L'homme était
en imperméable marron clair et il courait très vite,
mais son effort fut vain car les Allemands lui tirèrent dessus,
et il tomba à plat ventre, mort. L'enfant fut très
impressionnée.
Un jour les Allemands
sont venus chercher son père en disant qu'il avait eu des
paroles anti-allemandes. Pendants toute la journée, toute
la famille a attendu avec angoisse que le père revienne et
le soir venu, les allemands ont bien voulu le relâcher. |
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Après
la guerre, les restrictions ont continué pendant un certain
temps, et comme la famille n'était pas très riche,
des amis de Tahiti leur ont envoyé ce que l'on ne mangerait
pas maintenant, des ufs en poudre avec lesquels ils faisaient
des "omelettes délicieuses", se souvient Marie-Joëlle
avec gourmandise.
La famille avait pour habitude de se retrouver régulièrement
pendant les grandes vacances au Pré-du-Moulin dans une maison
qui existe encore.
Marie-Joëlle et sa famille ont partagé des moments de
peur et de privation, mais aussi de joie, quand Marie-Joëlle
et tous les enfants de la famille s'amusaient à la cascade
près de la maison et pêchaient en se cachant du garde
champêtre. Les réunions
familiales se passent toujours comme ça et se passeront toujours
ainsi, car ses descendants continuent cette tradition.
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