 |
Menana
Fezazi est une vieille dame de 65 ans. Elle travaille comme concierge
depuis 30 ans pour s'occuper de son mari malade. C'est une femme
grosse, fatiguée, son visage ridé démontre que son âge ne permet
plus de faire ce genre de travaux. Malgré cela, elle aime son
métier et ne se plaint jamais.
Oeuvrant dans un immeuble de quatre étages situé dans le
quartier Hassan à Rabat, elle connaît tout le monde. Même si les
propriétaires tardent à lui payer son salaire, elle est toujours
patiente avec eux pour éviter les problèmes. Elle arrive toujours
à l'heure à son travail bien qu'elle habite un quartier populaire
situé très loin. « Je me réveille à 5h45 pour attendre le bus
jusqu'à 6h, le trajet dure 20 minutes et je dois encore marcher
une demi-heure pour arriver à l'immeuble », explique-t-elle.
Toujours souriante elle accomplit les taches ménagères
à la perfection : nettoyer les escaliers et vider les poubelles,
c'est son calvaire quotidien. Mais si une autre occasion de travail
se présentait, elle n'hésiterait pas à la saisir parce que son
salaire actuel ne lui permet pas de subvenir à ses besoins.
|
 |
Cependant,
ce travail ne devrait pas l'éloigner de sa famille car c'est
ce qu'elle «chérit le plus». Elle n'est pas prête à échanger
les heures qu'elle passe avec son mari, ses fils et ses
petits-enfants pour tout l'or du monde: «J'adore le vendredi
parce que nous sommes tous réunis pour manger le couscous
». Elle
aimerait aussi avoir du temps pour elle. Par exemple pour
regarder ses émissions télévisées préférées.
Comme toutes les concierges, Menana connaît tous
les secrets des gens de l'immeuble. « Ce sont des gens bien
et très gentils ». Par contre celle qui la met en colère,
c'est la bonne des voisins de l'immeuble en face. Menana
la traite d'irresponsable. C'est normal, parce que notre
amie est très pieuse et elle trouve que cette fille est
impolie et qu'elle a un comportement douteux. « Elle sort
avec des hommes », déplore-t-elle.
Menana est une femme forte, indépendante et satisfaite
de son sort. Car jamais elle n'a demandé de l'aide à quelqu'un,
même lorsqu'elle en avait le plus besoin. Derrière son regard
plein de tristesse, il existe toujours une lueur d'espoir,
l'espoir de réaliser un avenir meilleur et d'assurer les
quelques années qui lui restent à vivre.
|