Portrait
Lycée Lalla Aïcha, Rabat COURRIER INTERNATIONAL n°16


Concierge et fière de l'être

Menana Fezazi, 65 ans concierge et surtout combattante pour la survie.

Nora Tahar (2AS4)

Menana Fezazi est une vieille dame de 65 ans. Elle travaille comme concierge depuis 30 ans pour s'occuper de son mari malade. C'est une femme grosse, fatiguée, son visage ridé démontre que son âge ne permet plus de faire ce genre de travaux. Malgré cela, elle aime son métier et ne se plaint jamais.

Oeuvrant dans un immeuble de quatre étages situé dans le quartier Hassan à Rabat, elle connaît tout le monde. Même si les propriétaires tardent à lui payer son salaire, elle est toujours patiente avec eux pour éviter les problèmes. Elle arrive toujours à l'heure à son travail bien qu'elle habite un quartier populaire situé très loin. « Je me réveille à 5h45 pour attendre le bus jusqu'à 6h, le trajet dure 20 minutes et je dois encore marcher une demi-heure pour arriver à l'immeuble », explique-t-elle.

Toujours souriante elle accomplit les taches ménagères à la perfection : nettoyer les escaliers et vider les poubelles, c'est son calvaire quotidien. Mais si une autre occasion de travail se présentait, elle n'hésiterait pas à la saisir parce que son salaire actuel ne lui permet pas de subvenir à ses besoins.
Cependant, ce travail ne devrait pas l'éloigner de sa famille car c'est ce qu'elle «chérit le plus». Elle n'est pas prête à échanger les heures qu'elle passe avec son mari, ses fils et ses petits-enfants pour tout l'or du monde: «J'adore le vendredi parce que nous sommes tous réunis pour manger le couscous ». Elle aimerait aussi avoir du temps pour elle. Par exemple pour regarder ses émissions télévisées préférées.

Comme toutes les concierges, Menana connaît tous les secrets des gens de l'immeuble. « Ce sont des gens bien et très gentils ». Par contre celle qui la met en colère, c'est la bonne des voisins de l'immeuble en face. Menana la traite d'irresponsable. C'est normal, parce que notre amie est très pieuse et elle trouve que cette fille est impolie et qu'elle a un comportement douteux. « Elle sort avec des hommes », déplore-t-elle.

Menana est une femme forte, indépendante et satisfaite de son sort. Car jamais elle n'a demandé de l'aide à quelqu'un, même lorsqu'elle en avait le plus besoin. Derrière son regard plein de tristesse, il existe toujours une lueur d'espoir, l'espoir de réaliser un avenir meilleur et d'assurer les quelques années qui lui restent à vivre.