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Au
coin de la rue Mali dans le quartier l'Océan à Rabat se trouve
une boutique de fruits secs, simple et pas très spacieuse, avec
beaucoup d'étagères où sont rangées des friandises et des étalages
plein d'amandes, noisettes, noix, pépites. C'est un adolescent
de 18 ans, Admir Ali qui tient cette échoppe, dont son père était
le propriétaire.
Elle est devenue l'une des boutiques les plus connues du
quartier. Ali est originaire de la ville de Ouarzazate au sud
du Maroc. Il est issu d'une famille amazigh qui n'a compté que
sur la terre de ses ancêtres pour vivre. Il y a des années, le
père, accompagné de ses deux fils aînés, est parti à Rabat pour
investir ses économies dans ce petit commerce. En effet, les tribus
amazigh du sud se sont fait une exclusivité de cette profession
originale.
Ali, encore enfant, a dû rester auprès de sa mère et de
sa soeur. Tout allait bien dans la vie de ce jeune homme jusqu'à
la mort de son père.
Ses deux frères
qui voulaient continuer leur études supérieures l'ont fait venir
à Rabat pour qu'il prenne la place du défunt, le retirant ainsi
à l'âge de 16 ans d'un monde rural calme et serein pour un monde
de citadins plein d'embûches et de problèmes. « J'avais très peur
car je ne savais pas ce qui m'attendait », se rappelle-til.
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Et
c'est ainsi que ce garçon qui comptait rester au bled et vivre
aux frais de sa famille a eu son premier boulot. Malgré son
analphabétisme, il a réussi à se débrouiller avec l'aide de
ses aînés. «Avec les quelques notions de calcul et les premières
bases que m'ont apprises mes frères, j'ai commencé à vendre
des fruits secs : pépites de tournesols ou de potirons, cacahuètes,
pois chiches mais aussi des bonbons, des sucettes. Mes deux
frères s'occupaient des comptes quand ils avaient du temps
libre ».
Ainsi a débuté la vie professionnelle d'un garçon intelligent
et curieux. Rapidement devenu populaire dans le quartier,
il a réussi à se faire une clientèle fidèle par son sérieux,
son humeur toujours joyeuse et sa sympathie.
Ali espère continuer à ce rythme là pour mettre de
côté assez d'argent et réaliser un rêve que son père a eu
avant lui : investir à son tour dans sa propre affaire.
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