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«J'ai
appris à rester cool et puis on s'habitue à tout ! ». Alain est
philosophe... et chauffeur de bus sur la ligne 37 qui dessert
le parcours La Part-Dieu - Vaulx-en-Velin. Il a tout vu, tout
entendu : agressions à main armée, insultes, bagarres... Les bus
sont devenus de véritables déversoirs de colère. Alain le sait...
Et pourtant il continue.
« Les jeunes qui nous insultent veulent nous tester, alors
je ne m'énerve pas », glisse Alain dans un sourire, entre deux
«bonjours» à des habitués de la ligne. Le chauffeur laisse dire,
même s'il sait que cela peut dégénérer. Un soir, alors qu'il s'approchait
du dépôt, des jeunes ont lancé des pierres sur son bus. Il a accéléré,
sans se retourner. «J'ai vraiment eu peur mais j'ai eu de la chance.
On ne m'a jamais agressé physiquement ».
Un de ses collègues, par contre, s'est fait tabasser dans
un dépôt de la banlieue lyonnaise. Dans la journée, son bus avait
été immobilisé par une voiture dont le conducteur, à l'arrêt,
discutait avec un passant.
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Après
cinq minutes d'attente, le chauffeur avait fini par klaxonner,
dérangeant de toute évidence les deux amis. «Quand il est rentré
au dépôt le soir même, continue Alain, des jeunes l'attendaient.
Ils l'ont passé à tabac sans aucune hésitation !»
L'ambiance dans le bus d'Alain est parfois électrique.
«Un jour, alors que tout était calme derrière moi, deux femmes
se sont mises à se battre. Les autres passagers ont du intervenir
pour les séparer !». Les agressions des chauffeurs de bus sont
en augmentation ses dernières années en France. Elles peuvent
survenir à tout moment, de jour comme de nuit.
D'ailleurs, Alain ne se sent jamais totalement détendu.
Même s'il aime son métier. Il remonte dans son bus chaque jour,
malgré l'énervement, la lassitude et la tension qu'il sent de
plus en plus évidente entre les chauffeurs de bus et les jeunes
de certains quartiers.
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