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A
Lyon, il y a près de cent fresques murales peintes sur des façades
d'immeubles. Ces grandes peintures, qui font jusqu'à 1400 métres
carrés, représentent des scènes historiques ou de la vie quotidienne.
Ceux qui les réalisent utilisent la technique du trompe-l'oeil.
Halim, 42 ans, est peintre à la Cité de la Création. Cette association
est installée près de Lyon, dans une grande maison blanche où Ferdinand
de Lesseps, le père du canal de Suez, a dessiné certains de ses
plans au siècle dernier.
Comme tous les douze artistes qui travaillent à la Cité de la
Création, Halim ne signe jamais de son nom. "Chaque fresque est
une oeuvre collective, explique-t-il. Tout le monde participe à
sa réalisation".La
première étape consiste à chercher le bon mur. Il faut qu'il soit
'aveugle', c'est-à-dire sans fenêtres et sans portes. Une fois trouvé,
il faut ensuite imaginer le dessin.
Les peintres commencent par réaliser une maquette sur une
feuille de papier. Ensuite, ils prennent des photos qui représentent
chacune une petite partie du dessin. Ces diapositives sont alors
projetées sur un mur dans leur atelier. Chaque partie de la fresque
est ainsi à la taille qu'elle aura une fois peinte sur la façade.
Le travail suivant consiste à placer une feuille de papier calque
sur l'image projetée. Là, les peintres utilisent une sorte de roulette
avec des pointes. Ils suivent les contours du dessin en perçant
des pointillés.
Quand toutes les feuilles sont prêtes, il ne reste plus qu'à les
placer sur le mur choisi et à appliquer de la poudre noire qui imprime
les contours du dessin à travers les trous.
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"Il
faut aussitôt peindre par-dessus ces pointillés car ils risquent
de s'effacer en cas de pluie, précise Halim. Une fois ce travail
terminé, on place les couleurs comme prévu sur la maquette".
En moyenne, une fresque coûte à peu près 400 000 francs.
"C'est l'équivalent de vingt mètres de trottoirs. La plupart
du temps, l'argent est apporté par des partenaires privés, par
exemple des banques. Il est très rare que les mairies nous passent
directement une commande".
"A quoi servent ces peintures?" Pour Halim, la réponse
est évidente : "Dans le monde de la ville et de la banlieue,
tout est en béton et en verre. Il manque souvent de la couleur
et de l'histoire. Les gens ne peuvent pas vivre dans des cages
à lapins. Ces fresques leur apportent de l'émotion, et en plus
c'est gratuit! "On ne pourrait pas continuer ce travail si on
n'apportait pas quelque chose aux habitants. Ils viennent souvent
nous féliciter et nous écrivent. La meilleure preuve que ça
leur plaît, c'est qu'il n'y a jamais de graffitis".
L'art des murs peints n'est pas seulement une spécialité
de Lyon. A Berlin, la capitale de l'Allemagne, il y en a par
exemple plus de cinq cents. On en trouve aussi beaucoup au Mexique.
Mais les artistes lyonnais exportent leur savoir-faire à l'étranger.
Ils sont ainsi en train de préparer une fresque qui sera bientôt
réalisée dans la ville de Québec, au Canada.
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