Invasion gallo-romaine
en région parisienne
Aziza BOUHASSOUNE
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Richebourg
est une petite ville d'apparence paisible au coeur des Yvelines,
en région parisienne, où se côtoient pavillons et cultures... C'est
pourtant là qu'un agriculteur a fait une découverte de taille. Tout
commence en 1987, lorsque ce vieux fermier d'une soixantaine d'années
s'aperçoit, en labourant ses terres, qu'un nombre important de pierres
jonchent les profondeurs du sol. Etonné, il fait appel à des archéologues
qui sondent alors le champ et comprennent que là, juste sous leurs
pieds, gisent des fondations, mais encore faut-il savoir de quoi
!
Pour le découvrir, commencent officiellement en 1994 des
fouilles archéologiques réunissant vingt à trente personnes: c'est
en grande partie des bénévoles - souvent des étudiants - et des
professionnels, qui vont, pour une durée de quatre ans, patiemment
déblayer couche par couche le lieu-dit, pour finalement y découvrir
les vestiges d'une villa gallo-romaine. L'équipe d'archéologues
a ainsi mis à jour l'existence de fondations d'un bâtiment d'une
vingtaine de pièces avec une très petite cuisine (plus petite que
nos cuisines modernes), et les restes des thermes, sorte de "hammam"
avec des pièces chaudes tièdes et froides. A l'extérieur il devait
se trouver, selon les archéologues, un jardin de vignes, d'oliviers,
de cyprès et d'autres plantes apportées de Méditerranée, ainsi qu'un
petit temple consacré aux sacrifices d'animaux pour les dieux, ornementé
de colonnes tournées vers les quatre points cardinaux. A proximité,
des dépendances auraient abrité du bétail selon les squelettes de
bovins découverts.
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Sur
le site, Sophie, jeune fille blonde de vingt ans avec des
petites lunettes rondes, est étudiante à l'université de Paris
Nanterre. Archéologue bénévole à ses heures, elle n'est bien
sûr pas rémunérée pour son travail, mais est nourrie et logée
près du site. Elle raconte sa passion précoce pour l'archéologie
et comment elle a pu, très jeune, participer à des fouilles
grâce à Archéomédia, une association toujours en activité.
« C'est un travail ingrat, confie-t-elle, on peut passer des
jours sans rien trouver». Avec attendrissement, elle a cependant
trouvé sur le site de la villa gallo-romaine un petit morceau
de verre bleuté et troué en son milieu; malheureusement elle
et ses collègues n'ont pas su à quoi cela servait. «Mais le
plus ennuyeux, rajoute-t-elle, c'est qu'il faut le redessiner
dans les mêmes proportions, sur papier millimétré et au détail
près !» En effet c'est laborieux!
«La passion, et rien d'autre!» , voilà le carburant
de ces bénévoles. Et c'est grâce à cette passion, qu'aujourd'hui,
un magnifique site d'environ cent cinquante mètres carrés
a été mis à jour grâce à tous ces hommes et ces femmes. Mais,
et l'agriculteur dans tout ca ? Eh bien lui aussi est devenu
archéologue... A ses moments perdus bien sûr!
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Il existe deux sortes de villas romaines
:
La maison de ville : elle donne sur une rue.
Il y a toujours un atrium, cour carrée avec un bassin
et l'impluvium, qui sert à récupérer les eaux de pluie
tombées par l'ouverture du toit. Influencés par les
Grecs, les Romains ont rajouté un péristyle, préau
reposant sur des colonnes, un jardin et des bains.
Les habitants de ces villas sont souvent commerçants.
En effet, on peut également observer une ou plusieurs
boutiques donnent sur la rue.
La villa rustica c'est une maison de plaisance
distincte de la ferme. On y retrouve toujours l'atrium,
le péristyle, le vestibule et le jardin. Mais aussi
ce qui la distingue des autres c'est l'étable, le
quartier des esclaves, l'abreuvoir et la cour. Ce
sont les fondations d'une maison telle que celle-ci
que l'on a retrouvée à Richebourg.
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