Métier
Lycée Moulay Youssef, Rabat COURRIEL INTERNATIONAL n°6



Complexe des potiers à Salé, 15 heures de l'après-midi. Il fait chaud. Des promeneurs entrent dans une boutique de porcelaine attirés par la beauté et l'originalité des pièces qu'on trouve partout : sur les murs, sur les étagères, suspendues au plafond, et avec de nombreuses formes allant des couvercles de cuisine aux abats-jour. Ce qui attire encore plus est la diversité et l'abondance des couleurs.

A l'intérieur de la boutique est assis un homme svelte, brun et bien vêtu. M. Abdallah Hariky est le patron. Né dans une famille de potiers, il est très attaché à son travail. Dès son plus jeune âge, il a été interessé par le métier de ses ancêtres. "Après le lait matricielle, le premier aliment auquel j'ai goûté est l'argille", affirme-t-il. Grâce à sa patience et son intelligence, Abdallah Hariky est devenu l'un des meilleurs potiers du Maroc. D'ailleurs, il vient d'obtenir le premier prix de poterie du royaume cette année.

Afin d'expliquer comment s'effectue le travail d'un potier, il emmène le visiteur dans son atelier situé derrière la boutique et affirme que "le travail de la porcelaine est un travail à la chaîne.
C'est le fruit de la contribution de plusieurs personnes". Les ouvriers de l'atelier se décomposent en deux catégories : les apprentis qui sont des enfants de 10 ans à 16 ans et les "maalem" (artisans) qui prennent les premiers en charge et leur enseignent le métier.

L'argile traverse plusieurs étapes avant de prendre sa forme finale : d'abord elle est filtrée dans des bassins en utilisant le phénomène d'évaporation de l'eau puis elle est pétrie par des apprentis avant de passer à l'étape du tournage qui est assuré par des "maalem" spécialisés. Après le tournage, l'argile est mise dans de grands fours pour être cuite à 960°C.
Une fois cuite, l'argile est peinte par des femmes "maalem" qui travaillent minutieusement les pièces avant de les remettre au four pour une deuxième et dernière cuisson.

Abdallah Hariky garde de très bons souvenirs de sa période d'apprentissage. "Un jour la terre s'est mise à trembler à Salé et , terrifié, je me suis caché dans une jarre où j'ai fini par m'endormir", se rappelle-il avec nostalgie. •