 |
Complexe
des potiers à Salé, 15 heures de l'après-midi. Il fait chaud.
Des promeneurs entrent dans une boutique de porcelaine attirés
par la beauté et l'originalité des pièces qu'on trouve partout
: sur les murs, sur les étagères, suspendues au plafond, et avec
de nombreuses formes allant des couvercles de cuisine aux abats-jour.
Ce qui attire encore plus est la diversité et l'abondance des
couleurs.
A l'intérieur de la boutique est assis un homme svelte,
brun et bien vêtu. M. Abdallah Hariky est le patron. Né dans une
famille de potiers, il est très attaché à son travail. Dès son
plus jeune âge, il a été interessé par le métier de ses ancêtres.
"Après le lait matricielle, le premier aliment auquel j'ai goûté
est l'argille", affirme-t-il. Grâce à sa patience et son intelligence,
Abdallah Hariky est devenu l'un des meilleurs potiers du Maroc.
D'ailleurs, il vient d'obtenir le premier prix de poterie du royaume
cette année.
Afin d'expliquer comment s'effectue le travail d'un potier,
il emmène le visiteur dans son atelier situé derrière la boutique
et affirme que "le travail de la porcelaine est un travail à la
chaîne.
|
 |
C'est
le fruit de la contribution de plusieurs personnes". Les ouvriers
de l'atelier se décomposent en deux catégories : les apprentis
qui sont des enfants de 10 ans à 16 ans et les "maalem" (artisans)
qui prennent les premiers en charge et leur enseignent le métier.
L'argile traverse plusieurs étapes avant de prendre sa
forme finale : d'abord elle est filtrée dans des bassins en utilisant
le phénomène d'évaporation de l'eau puis elle est pétrie par des
apprentis avant de passer à l'étape du tournage qui est assuré
par des "maalem" spécialisés. Après le tournage, l'argile est
mise dans de grands fours pour être cuite à 960°C.
Une fois cuite, l'argile est peinte par des femmes "maalem" qui
travaillent minutieusement les pièces avant de les remettre au
four pour une deuxième et dernière cuisson.
Abdallah Hariky garde de très bons souvenirs de sa période
d'apprentissage. "Un jour la terre s'est mise à trembler à Salé
et , terrifié, je me suis caché dans une jarre où j'ai fini par
m'endormir", se rappelle-il avec nostalgie.
|