Métier
Lycée Moulay Youssef, Rabat COURRIEL INTERNATIONAL n°6



"Je n'ai pas le droit de répondre à vos questions. Il faut une permission écrite." C'est la réponse qu'on entend à chaque fois qu'on essaye d'aborder l'une de ces femmes policiers en uniforme bleu.
C'est en fait la première promotion de femmes policiers au Maroc. Une expérience sans précédent qui a suscité l'étonnement des uns et l'indifférence des autres.

Afin d'en savoir plus, nous avons pris la destination de la préfecture située près du ministère de la justice. Le policier réceptionniste a affirmé : "la loi est claire à ce sujet. Tout agent de police en service ne peut être interviewé ou photographié sans l'ordre des responsables. Cela permet d'éviter beaucoup de problèmes. Je cite ici l'exemple du journaliste qui a été poursuivi en justice par le mari d'une femme policier parce qu'il a publié sa photo sans permission". Puis il a ajouté : "Ici, on ne peut pas vous aider. Allez voir la Direction générale de la sûreté nationale."
La Direction générale a été alors notre seconde étape. Dans le hall majestueux de l'établissement nous avons été reçus par un policier d'un certain âge qui a dit d'un air à la fois méfiant et froid :

"Vous n'avez pas frappé à la bonne porte. Vous devez aller à la wilaya de la sûreté nationale".

Le bâtiment de la wilaya est situé sur la place Pétrie, en plein centre de la ville de Rabat. Une fois arrivés, nous avons demandé à voir un responsable capable de nous aider. La réponse qu'on nous a donné était la dernière à laquelle nous nous attendions. "Allez voir à la préfecture". Ainsi la boucle s'est refermée. Impossible d'avoir l'ombre d'une information.

Pourquoi fait-on tant de mystère? Pourquoi cherche-t-on à cacher la réalité? Est-ce le secret professionnel? Ou n'est-ce pas une simple image de la bureaucratie? Nous avons tenté une dernière chance : le club de police; mais à la surprise de tous, le bâtiment était à moitié démoli en raison de réparations.