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Rabat,
jeudi, 14h30. Il fait beau et l'après-midi semble bien prometteur.
Des apprentis-journalistes sortent du lycée Moulay Youssef ayant
pour mission de récolter des informations concernant la première
promotion des femmes-policiers qui est apparue depuis un an au
Maroc.
Au rond-point en face du lycée, ils voient leur première
source de renseignement. Vêtue d'une jupe bleue, d'une chemise
bleu-ciel, d'un chapeau bleu et d'une cravate noire, elle se dresse
sous l'ombre d'un arbre. Ils lui demandent de leur accorder un
peu de temps. Elle refuse et leur conseille d'aller à la préfecture
pour avoir une permission.
Sans insister ils prennent le chemin de la préfecture.
Une fois arrivés, on leur demande d'apporter un ordre écrit de
la direction générale de la sûreté nationale. N'ayant pas d'autre
choix, ils suivent le conseil. L'établissement est gigantesque.
Il y a deux gardes à chacune des portes. Ils y entrent pour en
sortir aussitôt avec comme seul renseignement de demander l'autorisation
d'un certain Monsieur B. à la Préfecture de Rabat, qui serait
le seul à pouvoir les aider.
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16h30
sonne déjà. Las et fatigués de devoir encore faire du chemin sans
aucun résultat, le reste de l'équipe propose d'abandonner et de
chercher un autre sujet. Mais l'un d'entre eux insiste pour faire
un dernier essai. Ils retournent alors à la Préfecture. Là, on
les fait attendre une vingtaine de minutes et on leur annonce
que le monsieur en question n'est pas libre pour le moment et
qu'il faudrait revenir plus tard.
A la sortie de la préfecture, les journalistes-amateurs
rencontrent un jeune agent qui leur apprend que tout ce mystère
fait autour des femmes policiers, toutes ces précautions et ces
méfiances sont dues à un journaliste qui a écrit un article portant
sur le même sujet et l'a publié avec la photo d'une jeune femme
policier mariée. Le mari de celle-ci s'est alors mis en colère
et a poursuivit les responsables en justice, y compris quelques
éléments de la police.
Il est maintenant 17h00. Fatigués et déçus, les jeunes
reporters prennent le chemin du retour, n'ayant pour réponse à
leurs questions que: "Je suis désolé, mais je ne peux pas vous
aider sans une permission officielle".
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