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Il
était quinze heures ce samedi 27 janvier, lorsque jeunes
et adultes se sont assis à la table d'une salle du monde
R.E.E.L, pour parler du regard que portent les jeunes sur la presse
et pour discuter avec des journalistes professionnels.
David Esnault, de l'association Omar-le-Chéri, Jean
Luc Vessot, du journal local Vaulx-mag et Sandra Molloy, du quotidien
lyonnais Le Progrès, sont venus répondre aux questions
des 26 personnes présentes.
Tout d'abord, deux aspects du journalisme ont été
évoqués. Pour Amina, 11 ans, "le journalisme
a un côté aventurier, comme ceux qui se déguisent
pour pouvoir faire leur enquête discrètement".
Jean Luc acquiesce : "C'est pratique pour pénétrer
dans des endroits très fermés tels que l'armée
ou les sectes, mais cela doit rester exceptionnel."
Ibrahim, 15 ans, a lui une vision très différente
du journalisme : "J'ai remarqué que les journalistes
critiquent beaucoup les gens". Mais comme le fait remarquer
Andrée Boterberg, une des fondatrices du Monde REEL, "le
mot critique a un double sens : elle peut être positive
ou négative". De toute façon, le métier
ne consiste pas à attaquer des personnes en particulier,
se défend David.
Puis Jean-Luc insiste sur la multitude de médias
et surtout des différents métiers qui se cachent
derrière le mot journaliste : "Il y a le secrétaire
de rédaction, le rédacteur en chef, le pigiste,
le reporter
le journalisme englobe beaucoup de professions".
D'où peut-être l'interrogation de Didier Di
Cursi, membre de l'association Oasis : "comment reconnaître
un bon journaliste d'un mauvais?". A quoi Jean-Luc répond
qu'il faut dissocier les différents types de presse. Ainsi,
Vaulx mag et Le Progrès diffèrent par leurs fréquences,
leurs zones de diffusion, et donc par leur façon de traiter
l'information.
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Et
puis, "un journal à capitaux privés comme Le
Progrès a une liberté de ton plus importante qu'un
journal subventionné, comme Vaulx-mag", souligne David.
Ce qui fait réagir Didier: "Un bon journaliste ne
doit pas s'autocensurer !". Pourtant des journalistes qui
se sont risqués à dénoncer les abus de pouvoir
dans leur pays se sont retrouvés en prison." Le journalisme
prend une dimension plus noble lorsque l'on se bat pour les libertés",
dit David, philosophe.
Un témoin et un messager
"Alors
vous n'aimez pas votre métier?", intervient Ibrahim.
Les journalistes répondent unanimement que si, même
s'ils avouent ne pas être très bien payés.
Sandra rajoute : "C'est clair qu'on ne fait pas ce métier
pour gagner de l'argent!". Ibrahim revient alors à
la charge : "Alors pourquoi le faites-vous ?" Question
que retourne David aux jeunes qui veulent devenir journalistes.
Dans l'ensemble, c'est l'écriture et le contact avec les
gens qui les attirent.
Sandra, elle, se considère comme "un témoin
de ce qui se passe dans la vie de tous les jours et comme une
sorte de messager pour le lecteur". Ibrahim, qui semble décidément
avoir une dent contre les journalistes, s'inquiète : "Mais
comment être sûr qu'ils nous rapportent la vérité
et qu'ils ne la transforment pas?" "Cela peut se voir
tout de suite. Si par exemple, on te dit qu'on a envoyé
le premier ministre sur la planète Mars, tu sais tout de
suite que c'est pas vrai", répond Amina, très
inspirée.
Mais la seule façon d'être sûr de la
vérité, c'est de lire plusieurs articles dans différents
journaux afin de se faire sa propre opinion, conseille Andrée.
Jean-Luc conclut avec sagesse : "De toute façon, il
ne faut pas rester passif devant sa télé ou son
journal et avaler les informations ; il faut savoir les analyser,
car ce n'est pas objectif à 100 %". A méditer.
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