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"Tu
demandes une voyante, tu en trouves dix", affirme une mendiante
au visage ridé. C'est du moins ce que nous pensons au début de
notre recherche. Asmâa, une jeune fille intelligente, Mehdi, un
garçon branché, et moi, avons pour objectif de rencontrer une
voyante, l'observer de près, comprendre son métier.
Notre quête démarre en plein centre de Rabat, capitale du Maroc.
Un camarade nous a conseillé de voir près du siège de la RTM (Radio
et Télévision Marocaine).
Une fois sur place, première déception: un gardien de voiture
aux mains burinées nous déclare: "Il y avait une voyante par ici
auparavant, mais elle est partie s'installer à Salé", la ville
à proximité de Rabat. Nous continuons notre chemin jusqu'à l'entrée
de la médina (la vieille ville). Là, nous faisons la connaissance
d'un autre type de femmes. Hmala est âgée et de très petite de
taille. Depuis des décennies, elle fait des miracles avec ses
mains. Par le seul contact physique avec ses patients, elle guérit
de nombreuses maladies.
La recherche se poursuit dans le dédale des rues de la
médina. Du gérant au piéton en passant par le vendeur de rue,
toujours la même réponse: un "Non, je ne sais pas" catégorique.
Heureusement il y a des exceptions. Une jeune dame au sourire
élégant qui détient un salon de coiffure nous envoie vers une
certaine Khadija, et nous montre le chemin qui mène à son lieu
de travail. Ses indications nous ont menés vers une rue étroite
qui finit par une petite porte noire fermée par un gros cadenas.
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Deuxième
déception! "C'est bien la porte de Khadija", nous déclare
un grand homme qui habite tout près. "Elle travaille tôt
le matin mais, ajoute-t-il, si vous désirez, vous pouvez aller
chez elle, ce n'est pas loin!"
Avant de reprendre le chemin qui mène à la demeure de Khadija,
nous faisons un arrêt dans le lieu saint Sid Larbi Ben Saleh.
Un vendeur de bougies, qui porte un petit chapeau blanc, installé
au coin de la rue, nous confie que la maison d'en face est celle
d'une voyante. Eureka!
Une jeune fille d'environ 15 ans ouvre la porte et dit qu'il n'y
a pas de voyante... Troisième déception? Certes, mais le vendeur
de bougies nous confie: "Les gens viennent chez elle uniquement
sur rendez-vous".
Dernière chance: la maison de Khadija. On y fonce! Une
fois là-bas, une fillette de 7 ans aux cheveux frisés nous récite
des phrases du genre: "elle est sortie je ne sais où", "j'ignore
à quelle heure elle rentre". Assez de déceptions!
Un conseil à ceux qui veulent absolument que l'on leur
prédise l'avenir: mieux vaut lire l'horoscope que de s'engager
dans des recherches hasardeuses.
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