Métiers
Lycée Moulay Youssef, Rabat COURRIEL INTERNATIONAL N°11



Voyante : Belle menteuse?

De la fameuse boule de cristal au banal jeu de cartes, la voyante a toujours trouvé le moyen d'impressionner et de faire croire ce qu'elle raconte. Bizarrement, ce sont les femmes qui bénéficient de ces services. Seraient-elles plus soucieuses pour leur avenir ou bien croient-elles en les prédictions plus que les hommes?

A.M.M.
(Aâsma, Mehdi et Moi)







"Tu demandes une voyante, tu en trouves dix", affirme une mendiante au visage ridé. C'est du moins ce que nous pensons au début de notre recherche. Asmâa, une jeune fille intelligente, Mehdi, un garçon branché, et moi, avons pour objectif de rencontrer une voyante, l'observer de près, comprendre son métier.
Notre quête démarre en plein centre de Rabat, capitale du Maroc. Un camarade nous a conseillé de voir près du siège de la RTM (Radio et Télévision Marocaine).

Une fois sur place, première déception: un gardien de voiture aux mains burinées nous déclare: "Il y avait une voyante par ici auparavant, mais elle est partie s'installer à Salé", la ville à proximité de Rabat. Nous continuons notre chemin jusqu'à l'entrée de la médina (la vieille ville). Là, nous faisons la connaissance d'un autre type de femmes. Hmala est âgée et de très petite de taille. Depuis des décennies, elle fait des miracles avec ses mains. Par le seul contact physique avec ses patients, elle guérit de nombreuses maladies.

La recherche se poursuit dans le dédale des rues de la médina. Du gérant au piéton en passant par le vendeur de rue, toujours la même réponse: un "Non, je ne sais pas" catégorique. Heureusement il y a des exceptions. Une jeune dame au sourire élégant qui détient un salon de coiffure nous envoie vers une certaine Khadija, et nous montre le chemin qui mène à son lieu de travail. Ses indications nous ont menés vers une rue étroite qui finit par une petite porte noire fermée par un gros cadenas.
Deuxième déception! "C'est bien la porte de Khadija", nous déclare un grand homme qui habite tout près. "Elle travaille tôt le matin mais, ajoute-t-il, si vous désirez, vous pouvez aller chez elle, ce n'est pas loin!"

Avant de reprendre le chemin qui mène à la demeure de Khadija, nous faisons un arrêt dans le lieu saint Sid Larbi Ben Saleh. Un vendeur de bougies, qui porte un petit chapeau blanc, installé au coin de la rue, nous confie que la maison d'en face est celle d'une voyante. Eureka!
Une jeune fille d'environ 15 ans ouvre la porte et dit qu'il n'y a pas de voyante... Troisième déception? Certes, mais le vendeur de bougies nous confie: "Les gens viennent chez elle uniquement sur rendez-vous".

Dernière chance: la maison de Khadija. On y fonce! Une fois là-bas, une fillette de 7 ans aux cheveux frisés nous récite des phrases du genre: "elle est sortie je ne sais où", "j'ignore à quelle heure elle rentre". Assez de déceptions!

Un conseil à ceux qui veulent absolument que l'on leur prédise l'avenir: mieux vaut lire l'horoscope que de s'engager dans des recherches hasardeuses.