Métier
Lycée Moulay Youssef, Rabat COURRIEL INTERNATIONAL n°11



"J'étais hôtesse de l'air avant de devenir "négafa", affirme Leïla, une charmante femme de 36 ans. En fait la "négafa" est la femme qui pratique le métier de "tanégaft", qui n'est autre que l'art d'embellir les mariées.

Le rôle des "négafates" (pluriel du mot "negafa") est capital dans un mariage typiquement traditionnel au Maroc. Elles forment des groupes de quatre et sont propriétaires d'accessoires fort riches, ou bien elles travaillent chez une patronne qui dirige plusieurs groupes en même temps ; comme le cas de Madame Leïla, exemple éloquent de la "négafa" moderne.


A
vrai dire, Madame Leïla n'avait pas comme but, quand elle était plus jeune, de pratiquer le métier de "tanegaft". "J'étais hôtesse de l'air avant de tomber enceinte et de changer de métier", affirme-t-elle les yeux brillants d'intelligence. La couture traditionnelle était son second métier. "C'est une vieille dame qui m'avait enseigné la bonne couture", ajoute-t-elle avec un sourire doux éclairant son visage brun.

Son talent et son savoir-faire lui ont ouvert la porte du succès. Ainsi, "avec le soutien matériel et moral de ma famille, surtout de mon père, j'ai pu avoir ma propre boutique de "tanegaft", et ça m'a réussi à merveille", raconte-t-elle avec vivacité.
"Tanegaft" est un métier d'une grande importance pour le bon déroulement d'un mariage. Il y a multiplicité des tenues. Chacune d'elles exige, tout comme ses accessoires, précision et patience. Le travail de la "negafa" commence un jour avant la nuit de noce de la cliente.

"La mariée vient chez nous, plusieurs jours avant le mariage pour choisir ce qu'elle désire porter ce jour - là. Notre rôle est de faire d'elle la vedette de sa nuit de noce. Le premier jour est celui du henné; la mariée porte un simple "caftan". Pendant qu'une "nekacho" lui applique le Henné, d'autres femmes chantent "Taachok" (des paroles religieuses qui précèdent les youyous au Maroc).

C'est lors du deuxième jour que commence le vrai travail. La mariée porte un défilé de tenues, en général sept, différentes les unes des autres. Elles représentent toutes les principales régions du Maroc. "Le troisième et dernier jour, la mariée porte un simple "caftan" pour accueillir la famille", explique Leïla avec le même sourire qui ne quitte jamais son visage.

Une anecdote concernant les mariages traditionnels relate qu'une mariée, bien maquillée et parée de tous ses bijoux, portée par quatre garçons sur une "Ammaria", glissa, quand l'un d'eux perdit l'équilibre, et tomba dans une fontaine, sous les regards médusés de ses nombreux invités.•