Cuisine
Centre pédagogique régional :
collège Abdel-Krim El Khatabi, Tanger
COURRIEL INTERNATIONAL n°3


Caliente : un plat
à ne pas rater


Sara Fares

(avec la participation de Nahid Brouzi et Soumia El Hadri)




A El Msallah, lieu le plus populaire de Tanger, un jeune homme avec une fine moustache et une casquette de marin crie : "Chaud ! C'est chaud ! Venez!". C'est un vendeur de Caliente. Le plat le plus consommé et le plus apprécié par les Tangérois.

Il s'appelle Mohamed Akzaz, un jeune homme de 26 ans, marié et vendeur de Caliente depuis douze ans. L'origine de ce plat, d'après Mohamed est juive. Il est fait à base de pois chiches. "Chaque matin, je lave mes plateaux de métal et j'y verse le mélange : des pois chiches broyés, de l'eau, du sel, de l'huile et quelques fois, j'ajoute des oeufs", raconte-t-il.

Le Caliente est acheté par toutes les catégories de Tangérois, ce qui permet à Mohamed de gagner plus. "Vers 18 heures, les gens commencent à acheter du Caliente et quelques fois je vends de 20 à 30 plateaux chaque jour et je gagne environ 150 dhirams par jour même si je suis concurrencé par d'autres vendeurs de Caliente"
Juste à côté, se trouve un vendeur plus âgé que lui. C'est son maître, celui qui lui a appris ce métier.

Ce qui est amusant, c'est que Mohamed a déjà joué des rôles au cinéma, il a joué dans deux films avec Jean-Claude Vandam "La Momie" et "Les Gladiateurs" et envisage de jouer un autre rôle dans un troisième film

Mohamed préfère jouer dans des films plutôt que vendre du Caliente, car dans ce métier on risque que la police prenne la marchandise, la plupart des vendeurs de Caliente ne possédant pas de local.
"Une fois la police m'a pris plusieurs plateaux, alors je me suis mis en colère. J'ai donné des coups de pied à la porte du cinéma, les spectateurs sont sortis et m'ont regardé comme si j'étais le héros d'un film d'aventures. Donc j'ai pris un objet et j'ai commencé à menacer la foule pour qu'elle se disperse", raconte-t-il.

Avec un regard triste et pensif, Mohamed affirme : "je ne veux pas que mes enfants connaissent dans leur vie les difficultés que j'ai vécues".