Cuisine
Lycée Moulay Youssef, Rabat COURRIEL INTERNATIONAL n°19



Un délice du Ramadan: la Chebbakia

Amina Lamkinsi
(2SMB1)

 

 

"Je préfère vendre la chebbakia que de rester sans rien à faire". Yacine Tachrift, 24 ans, est au chômage, mais depuis cinq ans, il aide son ami, chaque Ramadan, à vendre les délices dont les Marocains raffolent. Les chebbakia sont des filaments de pâte enchevêtrés.

Ces gâteaux passent par beaucoup d'étapes. Chaque employé est chargé d'un rôle précis. Il y a ceux qui pétrissent la pâte, ceux qui la coupent et forment les chebbakia ; ceux qui les font frire et ceux qui les mettent dans le miel pour qu'elles soient bien sucrées et atteignent ce goût si envoûtant…

Les vendeurs de chebbakia tiennent un rôle important dans la société marocaine. Ils facilitent au consommateur l'achat de tous les délices qu'il a envie de manger pendant le Ramadan. Aujourd'hui, les femmes n'ont pas toujours le temps de les préparer.

Touhamia habite à Rabat et achète chaque année les chebbakia dans la médina, l'ancienne ville : "Je ne sais pas faire la chebbakia et de toute façon, je préfère l'acheter au lieu de la faire à la maison parce que ça demande beaucoup de temps".

Une autre cliente trouve en plus que cela coûte moins cher de l'acheter que de la préparer elle-même. "Je n'ai ni le temps ni la patience pour ça!" Mais, Loubna Alaoui, venue faire des achats dans la médina, préfère "celles faites à la maison. Elles sont plus propres et meilleures que celles des marchands".

L
es chebbakia ressemblent à des fleurs. Les marchands les empilent en forme d'un cône géant dans de grands plats en aluminium.

A côté des chebbakia, on trouve des gâteaux aux noms magiques : rghayf, beghrir, briouats, razzats et al kadi.


S
elon la demande des consommateurs, Yacine prépare une quantité plus ou moins grande de chebbakia. Malheureusement, la demande a baissé cette année. Mechrik Mohammed, qui exerce ce métier depuis vingt-neuf ans, se plaint d'avoir perdu de l'argent, "surtout si on prend en compte les charges que je dois payer!" soupire-t-il.

Mais qu'il ne s'inquiète pas. Les Marocains auront toujours besoin des vendeurs de délicieuses chebbakia pendant le Ramadan !