Actualité
Association Le Monde R.É.E.L,
Vaulx-en-Velin
COURRIEL INTERNATIONAL n°17




Artotempo :
un bilan mitigé


Fayia.H.

En ce samedi 1er juillet, le stade Ladoumègue avait revêtu ses habits de fête pour la 5ème édition d'Artotempo. La ville de Vaulx-en-Velin, organisatrice, avait concocté un programme prometteur: 11 stands tenus par des associations, des animations et des jeux en début d'après-midi pour les plus petits. Puis, des groupes vaudais se sont succédé sur la scène
pour faire danser tout ce beau monde. Et puis .... dommage que ce ne se soit pas bien terminé !.

«L'un des objectifs d'Artotempo est de rassembler les Vaudais autour d'un événement et de renforcer leurs liens, explique Philippe Zittoun, conseiller municipal, délégué aux fêtes. Mais il apparaît également important de faire participer les habitants, afin qu'ils décident eux-mêmes de ce qu'ils veulent pour cette journée. D'où des réunions de travail entre les différents acteurs de la fête et un sondage concernant les artistes qu'ils souhaitaient voir sur scène ».

Antilles, Inde, Afrique et Maghreb

« Notre volonté est de mettre en avant la richesse des cultures vaudaises et de s'en servir comme d'une vitrine, poursuit P. Zittoun. Alors, on a pu visiter les stands des nombreuses associations participantes, qui exposaient photos, cartes et objets typiques et artisanaux des pays représentés: des Antilles à l'Inde, en passant par l'Afrique et le Maghreb. Toutes ont préparé des spécialités et les ont vendues aux visiteurs venus nombreux.

Une classe de l'école Grand-Clément s'était penchée, quant à elle, sur la sécurité routière. Les animateurs du stands affichaient fièrement le fruit de leur travail et faisait visiter ici, «des photos de ce qui va et ne va pas dans la conduite des piétons et des automobilistes», là, «des slogans et des dessins faits par notre classe», ici encore, «des articles sur notre action et un film vidéo que nous avons réalisé». Le visiteur, convaincu, signait une charte pour une meilleur conduite, puis effectuait un alcootest, négatif ... évidemment.

Pendant ce temps, sur une petite scène aménagée, se sont produits des spectacles: deux groupes de hip-hop ont mis l'ambiance, avant de laisser la place à de jeunes rappeurs et à la chanteuse Nacéra Lakehal (voir encadré ci-dessous)

Des animations, qui ont remporté un grand succès, étaient prévues pour les enfants : ici, on se fait maquiller, là on réalise son arbre généalogique à l'aide de photos de magazines. Puis, on fait preuve d'adresse dans les jeux de pistes et dans la structure gonflable. Pour les plus sportifs, un ring de boxe et un mur d'escalade les attendaient. Les responsables du club de football de la ville avait même organisé un baby-foot humain, au grand bonheur des pratiquants.

Influences brésiliennes

Tout ceci était rythmé, à partir de 15h30, par les notes de musique de quatre groupes vaudais sélectionnés pour l'occasion:

Batida et Sueno Latino, aux influences brésiliennes, Ethos, groupe antillais aux accents multiples et Jam Session, qui proposait un voyage musical grâce à des reprises entre groove, raï et reggae. Et puis, afin d'attirer d'avantage d'enfants, les organisateurs avaient programmé Steve Warring. Le pari est réussi, à moitier cependant, selon P. Zittoun.

Donc, tout ceci se passait très bien : le soleil était au rendez-vous et l'ambiance bon enfant. Enfin.... jusqu'à ce que certains ne se décident à tout gâcher. Le concert de Norma Ray n'a pas spécialement posé de problèmes, malgré quelques jets de pierres, qui ne l'ont pas atteinte ou vraiment gênée. Elle a terminé son tour de chant très satisfaite. Puis, les choses se sont gâtées.

Une fois les Poetic Lover annoncés, les esprits de certains se sont échauffés. La scène a été à nouveau la cible de jets de pierres, ce qui a énervé les artistes. Malgré les avertissements de ceux-ci, des fusées et des pétards ont été lancés, mettant fin au concert des Poetic Lover, après seulement trois chansons. En sortant, ils ont jeté une chaise et un pieds de micro sur le public, créant un vent de panique et le départ de nombreux spectateurs.

«A mon avis, reprend P. Zittoun, les Poetic Lover n'ont pas réagit en professionnels. Ils ont donné trop d'importance aux premiers jets de pierres, alors qu'ils n'étaient pas encore sur scène. Ils auraient dû les ignorer, comme Norma Ray et ne surtout pas répondre à la provocation en lançant une chaise sur le public.»

Pierre, pluie mais plaisir aussi

Comme si cette interruption ne suffisait pas, la pluie s'est mise à tomber, empêchant les Eight Killers - Blues Brothers, dernier groupe programmé, de passer sur scène, alors qu'ils étaient prêts à jouer. Mais qu'on se rassure, les secours n'ont déploré aucun blessé. Il n'y a pas eu d'émeute, juste une grande déception chez les spectateurs venus spécialement voir les Poetic Lover et qui n'ont pas pu en profiter, souligne M. Zittoun.

Pour conclure, le bilan de cette 5ème édition de la fête de la ville est donc mitigé: il y a du bon et du mauvais. Du bon, car les associations ont bien fonctionné, grâce à une meilleure disposition et à d'avantage d'espace; la buvette, nouveauté de cette année, a fait recette; les enfants, comme voulu, étaient plus nombreux et se sont bien amusés et les groupes vaudais n'avaient rien à envier aux têtes d'affiches. Mais, en revanche, on regrettera que la journée ne soit aussi bien finie qu'elle ne s'était déroulée. La fête est-elle encore possible à Vaulx-En-Velin? En tout cas, pour P. Zittoun, «il y aura une édition 2001, sans problème». Le rendez-vous est pris.

Nacéra Lakhal, âgée de 35 ans, est montée pour la première fois sur un podium ce samedi 1er juillet. Poussée par l'association «Sable d'or», elle a proposé sa candidature et n'a obtenu que deux jours de répétition : la jeune algérienne avait énormément de trac pour sa première prestation devant un public.

Parmi le public, Adeline une spectatrice, a apprécié le concert de Nacéra et aurait voulu avoir un autographe, mais n'a pas pu. Par contre, quelques jeunes du quartier face au stade ont prétendu que ce n'était pas leur genre de chanson. « Si on est là, c'est pour voir les Poetic Lover ce soir. »