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Lecteur malgré lui

On dit que les jeunes ne lisent plus… Est-ce vrai ? Pour le savoir, Mohamed Ouali (Formateur au C.F.I. de Tata ) et Aziz Fergoug (Formateur au C.P.R. d’El Jadida )se sont rendus au centre culturel français et au lycée Moulay Youssef de Rabat.

Rabat, centre culturel français, 10 heures 30. Des personnes y entrent et en sortent, des livres à la main. Tout le monde est tellement pressé que plusieurs refusent de répondre à nos questions : là, tous lisent mais pour des raisons différentes.

Les étudiants s’intéressent à leur domaine de spécialité, ils ne lisent alors que des ouvrages spécialisés, c’est le cas d’un étudiant en informatique « ce sont les livres de préparation à l’examen qui m’intéressent le plus, j’y trouve aide et appui. .Je lis surtout la nuit » déclare t il. Une autre étudiante a un penchant pour la littérature d’expression française. Elle lit Tahar Ben Jelloun et Amine Maalouf : « Pour moi, la lecture est une source d’information et de culture ». Une professeur turque qui exerce à l’université Mohammed V, découvre notre culture à travers la lecture d’écrivains marocains comme « Le passé simple » de Driss Chraibi : « La lecture est une perspective large du monde » affirme-elle. Elle ajoute : « je retrouve les traces de la société turque dans L’arbre et la lune de A.Taoufiq ».

Tous lisent par contrainte

On quitte le centre, direction le lycée Moulay Youssef, le plus grand et ancien lycée de Rabat. Le principal de l’établissement nous accueille chaleureusement et nous met en contact avec des élèves de première année secondaire.
Sur les quatre lycéens interviewés au lycée, âgés de 16 et 17 ans, deux garçons et deux filles, une seule lycéenne lit par plaisir mais pendant les grandes vacances seulement. Et elle préfère lire des romans d’aventure. Cependant, tous lisent par contrainte. « Nous sommes obligés de lire les œuvres au programme, cette lecture contrainte ne nous apporte aucune jouissance, aucun plaisir. Nous aimons "surfer" sur Internet » disent-ils. Certains, préfèrent chatter ou s’amuser, mais à aucun moment l’Internet ne constitue un support de lecture. D’autres aiment regarder des films à la télé ou encore pratiquer leur sport préféré comme le tennis et le basket.
Ainsi, d’après ce sondage on peut conclure que les gens et surtout les jeunes ne lisent pas ou lisent rarement parce que le livre a un concurrent sérieux à savoir l’Internet et les chaînes de télévision. S’ajoute à cela le programme scolaire quantitatif qui ne laisse aux jeunes aucune marge pour la lecture plaisir. Comment alors remédier à cette crise ?

Mohamed OUALI et Aziz FERGOUG

 


Les élèves du Lycée Moulay Youssef s'expriment sur la lecture.

 

 

Témoignage d’une mère de famille, de deux enfants âgés de 7 et 11 ans.
Elle vient d’emprunter quelques livres à la bibliothèque du centre culturel français. Mais ils ne sont pas pour elle.
« Je ne lis que pour mes enfants, pour les aider à trouver des sources d’information. J’ai choisi des contes pour enfants. Moi je ne lis que les journaux quotidiens. Pas de romans, ni de magazines. Je consacre tout mon temps à mes enfants ».