8ème Episode :"Lorsque la réalité dépasse la fiction"

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Dix heures précises. Nous sommes au commissariat central de la police des Antiquités. L’enquêteur Ahmed Mostafa se fait excuser quelques minutes avant de nous recevoir. On nous offre un thé brûlant pour nous faire patienter. Peine perdue. Klaus, le Dr. Khalil et moi-même sommes bien trop curieux de connaître les premiers éléments de l’enquête pour rester calmement en place. Klaus fait de longues allées et venues dans le couloir que traversent des policiers en uniforme blanc d’été.


- “Messieurs Khalil, Klaus et Omar, s’il vous plaît!”
L’enquêteur Ahmed Mostafa est un homme petit, chauve comme un oeuf, le regard caché derrière de grosses lunettes et le nez enfoui dans une épaisse moustache. Apparemment, cette nouvelle enquête ne l’impressionne pas le moins du monde et son principal souci semble surtout de ne pas faire de vague, surtout pas laisser cette mystérieuse affaire devenir l’affaire du siècle.
- “Vous savez, nous dit-il avec lassitude, pour moi, Alexandre le-Grand, c’est vraiment des contes pour enfants. Toute ces vieilleries pour touristes m’ennuient profondément...”
Je vois alors le visage du Dr Khalil devenir blême, mais il ne dit rien. Klaus, très agacé, ne prend pas plus la parole. Nous attendons tous les fameux “premiers éléments de l’enquête”.

- “Résumons-nous. Que s’est-il réellement passé?” L’enquêteur allume une cigarette. “Vous, Dr. Khalil, vous cherchez depuis longtemps un tombeau dont on a perdu la trace depuis des siècles. Vous pensez le trouver dans les sous-sols de la mosquée Nabi-Daniel. Au fait, vous avez les autorisations officielles pour ces fouilles? Ca vaudrait mieux pour vous”.

Le Dr. Khalil est maintenant rouge de colère. L’enquêteur poursuit.
- “Des petits plaisantins arrosent un matin les sous-sols avec du sang de mouton. Nous avons fait les analyses. C’est de mauvais goût, d’accord, mais il n’y a pas de quoi fouetter un chat! A propos de chat, d’ailleurs, les têtes retrouvées sont bien celles de vrais chats, ces animaux qui se multiplient dans nos rues. Dans la salle du fond où vous prétendez que se trouvait le sarcophage d’Alexandre, il n’y avait rien, ni même des traces sauf celles de vos pas, Monsieur Klaus. Quant aux pierres prétenduement “radioactives”, permettez-moi de vous dire que vous lisez trop de romans de science-fiction. L’ingénieur Wael a reconnu lui-même que son appareil de détection était déréglé. Bref, tout me paraît clair et net comme de l’eau de roche. L’enquête se poursuit et nous attraperons bientôt ceux qui s’amusent à ces farces d’étudiants. Peut-être s’agit-il de certains de vos élèves, monsieur le professeur, qui auront voulu rire de vous?”
- “Mes étudiants ne sont pas des criminels, répond le Dr. Khalil avec rage. Mais excusez-vous nous devons partir”.