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“Messieurs Khalil, Klaus et Omar, s’il vous plaît!”
L’enquêteur Ahmed Mostafa est un homme petit, chauve
comme un oeuf, le regard caché derrière de grosses
lunettes et le nez enfoui dans une épaisse moustache. Apparemment,
cette nouvelle enquête ne l’impressionne pas le moins
du monde et son principal souci semble surtout de ne pas faire
de vague, surtout pas laisser cette mystérieuse affaire
devenir l’affaire du siècle.
- “Vous savez, nous dit-il avec lassitude, pour moi, Alexandre
le-Grand, c’est vraiment des contes pour enfants. Toute
ces vieilleries pour touristes m’ennuient profondément...”
Je vois alors le visage du Dr Khalil devenir blême, mais
il ne dit rien. Klaus, très agacé, ne prend pas
plus la parole. Nous attendons tous les fameux “premiers
éléments de l’enquête”.
- “Résumons-nous.
Que s’est-il réellement passé?” L’enquêteur
allume une cigarette. “Vous, Dr. Khalil, vous cherchez depuis
longtemps un tombeau dont on a perdu la trace depuis des siècles.
Vous pensez le trouver dans les sous-sols de la mosquée
Nabi-Daniel. Au fait, vous avez les autorisations officielles
pour ces fouilles? Ca vaudrait mieux pour vous”.
Le Dr. Khalil est maintenant
rouge de colère. L’enquêteur poursuit.
- “Des petits plaisantins arrosent un matin les sous-sols
avec du sang de mouton. Nous avons fait les analyses. C’est
de mauvais goût, d’accord, mais il n’y a pas
de quoi fouetter un chat! A propos de chat, d’ailleurs,
les têtes retrouvées sont bien celles de vrais chats,
ces animaux qui se multiplient dans nos rues. Dans la salle du
fond où vous prétendez que se trouvait le sarcophage
d’Alexandre, il n’y avait rien, ni même des
traces sauf celles de vos pas, Monsieur Klaus. Quant aux pierres
prétenduement “radioactives”, permettez-moi
de vous dire que vous lisez trop de romans de science-fiction.
L’ingénieur Wael a reconnu lui-même que son
appareil de détection était déréglé.
Bref, tout me paraît clair et net comme de l’eau de
roche. L’enquête se poursuit et nous attraperons bientôt
ceux qui s’amusent à ces farces d’étudiants.
Peut-être s’agit-il de certains de vos élèves,
monsieur le professeur, qui auront voulu rire de vous?”
- “Mes étudiants ne sont pas des criminels, répond
le Dr. Khalil avec rage. Mais excusez-vous nous devons partir”.
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