8ème Episode :"Lorsque la réalité dépasse la fiction"

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Malgré la gravité de la situation, je sens bien que Klaus Meyer n’est pas mécontent de nous tenir ainsi en haleine, en attente de révélations.
- “Eh bien, voilà...” commence-t-il d’un ton grave et d’un air mystérieux. Le Dr. Khalil s’est assis dans un fauteuil et a chaussé ses lunettes, pour mieux entendre sans doute, tandis que je me tiens bien droit sur le divan.
- “En rentrant dans le tombeau profané d’Alexandre ce matin, j’ai été saisi d’horreur pour deux raisons au moins. D’abord, sur la dalle de marbre blanc où devait être posé le sarcophage, il y avait un cadavre de chat complètement écorché, comme un lapin dont on a arraché la peau pour le saigner. Là encore, du sang partout. Mais surtout, au mur, une inscription en grec ancien renouvelait les menaces que j’ai lues ce matin sur la porte de ma chambre d’hôtel. Vous imaginez mon émotion! Naturellement, je n’ai pas tout compris, mais assez pour être terrorisé. Les inscriptions commençaient ainsi: “Celui qui pénètre ici et lit ces mots est déjà mort et brûlera dans le feu du ciel...” La malédiction d’Alexandre n’est pas une parole en l’air. Au moment où je lisais ces mots, ma tête s’est mise à me tourner et j’ai bien cru ma dernière heure arrivée”.

Comme par un malicieux hasard, la pendule sonne à ce moment sept heures. Déjà, le soleil décline à l’horizon et la mer prend les couleurs d’un miroir rose et or.
- “Messieurs, que diriez-vous de poursuivre cette passionnante histoire autour d’un bon repas?” Le Dr. Khalil n’oublie pas que, comme disait à peu près le philosophe Montaigne, “Science sans appétit n’est que ruine de l’âme”... Le médecin qui est passé nous ausculter nous a bien recommandé de rester à la maison, mais quand on revient de loin, on ne peut rester en place. Tout comme Klaus, j’ai une violente envie de sortir longer la Corniche et dîner en ville dans un de ces petits restaurants vivants et bruyants qui vous rappellent à chaque seconde que vous n’êtes pas dans le glacial royaume des morts.


La nuit vient de tomber quand nous sommes sortis. Une nuit à la fois profonde et toute illuminée d’étoiles et des lampes de la ville. Alexandre et ses menaces, les rayons radioactifs et le tombeau profané du sarcophage disparu me paraissent bien lointains. Pourtant, cachés dans l’ombre d’une rue sombre, les mystérieux Alexandre de la secte doivent nous espionner en ce moment. Cette idée me fait frémir un instant. Ils n’oseront pas nous attaquer en pleine rue alors que tout le monde est dehors, me dis-je en moi-même pour me rassurer. Mais nous arrivons au restaurant et j’oublie bien vite ces mauvaises pensées.

A notre retour, vers minuit, après un dîner réparateur copieusement arrosé de Rubis d’Egypte, une lettre nous attend, épinglée sur la porte de l’appartement du Dr. Khalil.
- “De nouvelles menaces?”, demande Klaus avec un sourire.
- “Pas du tout, c’est la police, répond l’archéologue. Nous avons rendez-vous demain matin au bureau de l’enquêteur Ahmed Mostafa. C’est visiblement très important: il a déjà trouvé quelque chose”.