8ème Episode :"Lorsque la réalité dépasse la fiction"

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- “Non, grâce à Dieu, vous n’avez rien!”. C’est avec un “ouf” de soulagement que nous accueillons les conclusions du docteur envoyé par l’ingénieur Wael.
- “Du repos, encore du repos et toujours du repos, voilà le meilleur remède! Surtout pour Monsieur Klaus qui a été très choqué. Gardez tous la chambre, ne sortez pas, ou le moins possible. L’ingénieur Wael m’a dit que la police des Antiquités s’occupe de l’affaire et viendra bientôt vous interroger. J’ai demandé qu’on ne vous dérange pas longtemps”.


Avant de partir, le médecin a le temps de nous prescrire une longue ordonnance avec plusieurs somnifères et de nombreux calmants. Mais nous sommes si fatigués après ces émotions que toute cette chimie n’est pas nécessaire. A peine la porte est-elle refermée derrière le docteur qu’on entend la respiration de Klaus, depuis la chambre d’ami, siffler dans un rythme de dormeur. Je suis sur un divan, dans le salon, et le Dr. Khalil, qui n’a pas pris le temps de s’asseoir une minute, m’apporte un coussin avant de courir chercher un peu d’eau pour Klaus, revient vérifier que je n’ai besoin de rien et sort finalement chercher les médicaments à la pharmacie la plus proche.

Bien au creux du divan, la tête posée sur un coussin plus mou qu’un loukoum, je me mets en position pour m’endormir. Les événements de la journée défilent dans mon esprit à vive allure. Il y a d’abord le coup de téléphone de Klaus, sa découverte de menaces dans sa propre chambre d’hôtel, l’appel angoissé du Dr. Khalil, le sarcophage volé d’Alexandre, la macabre mise en scène dans les sous-sols de Nabi-Daniel, la porte de bronze brisée et conferte de sang, enfin la radioactivité anormale dans ces caves et le délire de Klaus qui répète avant de s’endormir: “Ce que j’ai vu est effroyable... Ce que je crains est effroyable”...

 


Soudain, je vois un chat géant s’approcher de moi, un chat tout noir, grand comme un homme et qui gronde comme un lion. Les grondements semblent d’ailleurs venir de partout dans la pièce. Il y a bientôt une véritable armée de chats, certains habillés comme les Alexandrins qui se promènent le soir, en rangs serrés, le long de la Corniche. Les grognements sont assourdissants. “Mais que fait donc le Dr. Khalil? Il devrait déjà être rentrer, me dis-je terrorisé. Vivement qu’il arrive pour faire cesser tout cela”. Le grand chat noir se penche maintenant sur moi et me tire une longue langue de serpent, sifflante et verte. Je suis paralysé d’horreur, incapable de crier ou de bouger. Un éclair blanc. Un homme apparaît dans un grand manteau rouge. Il hurle à son tour dans une langue que je crois être du grec ancien... Je le reconnais: Alexandre!